Dans la vallee interdite de la Nubra...
Ce nouveau message ne peut commencer sans le traditionnel Julley !, que nous avons du repeter a peu pres 12568 fois depuis notre arrivee au Ladakh fin janvier 2008. Voila, c'est fait! Tout d'abord MERCI pour tout vos commentaires et vos derniers mails au sujet de notre aventure. Cela nous touche beaucoup...Nous comparons notre blog a une boite de chocolat et y decouvrir chaque jour de nouvelles sucreries nous fait un sacre plaisir!!
Fraichement laves, la lessive qui seche sur le fil, des souvenirs plein la tete, nous revenons tout juste de notre periple dans la vallee de la Nubra. Leh est une ville toute neuve. Les ouvriers ont presque fini de faire sauter a coup de barre a mine la calotte glaciaire qui recouvrait jusque-la les rues de la cite...et voila que des monceaux de banquise s'amoncellent sur les trottoirs. Des torrents descendent les ruelles en pente et de nouveaux batiments poussent comme des champignons. Nouveaux magasins de souvenirs, extensions ou nouvelles guest-houses?
Kardung-La: le col carrossable le plus haut du monde. Situee en "Border Zone", donc en "Restricted Area", la vallee de la Nubra etait interdite au tourisme jusqu'en 1994. Depuis, la province du Jammu et Cashmire a compris la manne financiere que pourrait degager cet espace fantastique en l'ouvrant au "public", mais a decrete aussi la necessite de nous munir d'une autorisation speciale (Ah! L'administration indienne...). Le precieux sesame en poche, nous pouvons prendre la route.
Nous nous mettons en chemin avec un couple de Suisses tres sympas que nous avions croise a la nonnerie de Rizdong, lors de notre dernier vagabondage. Leur offre ne put se refuser: partir avec leur vehicule (et le beau gosse de chauffeur Stanzin, que les petites nonnes avaient bien repere!) pour le meme prix que le bus. Un depart matinal nous jette sur la route de la Nubra. On s'eleve doucement en altitude en passant une multitude d'epingles a cheveux: 3800m, 4000m, 4300m...Nous sommes maintenant en pleine neige et avons l'impression de toucher les nuages. Pourtant, il nous reste encore plus de 1000m de denivele a franchir, incroyable! L'altimetre de Vidian s'affole soudain, alors que nous decouvrons les drapeaux a prieres du col. Pour eviter d'effrayer nos comperes, nous lancons dans le vide de nos pensees l'adage traditionnel des passages de cols au Ladakh: "KIKI SOSO LARGYELO". Autant se mettre les dieux dans la poche! 5605m d'altitude, nous roulons sur le Mont Blanc sans effort, sans meme nous en apercevoir.
Un froid de canard nous accueille et une neige tres fine poudre de blanc nos vestes et nos bonnets (ca faisait longtemps!). Une petite pause the, comme un arret au bistrot du coin. Si facile. Nous decouvrons les toilettes, vraisemblablement les plus hautes du monde, non sans une petite emotion. Malheureusement pour les filles, sur qui l'altitude semble avoir des effets etranges, le petit batiment de beton est ferme. Nous repartons dans notre carrosse. Quel luxe de pouvoir s'arreter pour prendre quelques photos, ou juste respirer l'air pur et critallin de la montagne!
La faim nous tenaille bientot. Dans un champ de pierre a 4800m, nous posons nos fesses pour un pik-nik improvise. Les chapatis se dorent de creme de fromage trouves in-extremis avant de partir, des petits pains secs du quartier musulman sont engloutis avec du beurre, les cookies et autres biscuits de la Golden Bakery de Leh font des heureux, tout comme les raisins secs et les amandes d'abricot. Un vrai festin d'altitude. Vidian a un peu de fievre depuis quelques jours, son corps lutte contre une bacterie mysterieuse. Mais la vue de ce gros rocher devant lui au dejeuner lui fait du bien et apres l'avoir toise de loin, reperant chaque face, il s'elance dans une petite sceance d'escalade. On appelle cela du bloc. Il repete de petites voies et se marre. Ca va deja beaucoup mieux!
La Lamdon Model School de Diskit. Parmi les souvenirs ineffables de Vidian se trouvait cette ecole, ou cousin JB avait oeuvre en 2004 pour y installer des panneaux solaires en vue d'alimenter des ordinateurs. Nous retrouvons par hasard, sur le chemin de l'ecole, Palden, professeur de geographie, d'histoire et d'education civique. Il a toujours autant la peche et nous temoigne son amitie a grands coups de questions et de tapes dans le dos. Il est genial. Il nous installe dans une petite Guest-House, car "notre" chambre a l'ecole est prise par un nouveau professeur. Nous faisons l'ouverture de la saison de l'auberge et nous retrouvons rapidement a porter des chaises et une table pour pouvoir nous installer au soleil et deguster l'inevitable the de bienvenue. Il fait une chaleur a crever: nous pouvons rester dehors en polaire seulement!
Palden est refugie tibetain. Ses grands-parents et parents ont fuit le Tibet en 1959 et se sont installes a Choglamsar, dans la banlieue de Leh, au Ladakh. Ayant le statut de "refugies", ils ne peuvent (et ne veulent) avoir la nationalite indienne. Mais un petit carnet jaune, mentionnant leur etat civil, leur permet neanmoins de pouvoir voyager.
Nous passons plusieurs matinees et apres-midis dans cette ecole perdue au milieu des champs. L'ecole accueille 270 enfants, dont une centaine sont pensionnaires. La majorite des ecoliers sont "sponsorises" par un occidental, francais, allemand ou belge. Leurs lettres, qui tronent sur le bureau du principal sont adorables, alliant l'ecriture aux dessins. Tres touchants, ces petits bouts de chou qui remercient leur parrain par un dessin naif tres colore.
Il s'agit d'une ecole privee, qui est une branche de
la Lamdon School de Leh, tres reputee. "Lamdon" signifie le chemin lumineux, celui
qui guide dans les tenebres... Une belle image pour ces jeunes. Un
paradoxe existe au Ladakh. Alors que les professeurs exercant dans le
prive sont moins bien payes que dans les ecoles publiques, le niveau des
ces dernieres sont largement en-deca des ecoles privees. Amaley, qui
travaille pour le centre d'education du gouvernement, ne comprend pas
ce phenomene. Un mystere de plus dans ce royaume himalayen!
9h30, l'heure de la priere.
Alors que nous faisons connaissance avec les profs, tout les eleves se
rangent en rang, par classe, bien alignes. Leurs uniformes rouge bordeaux
rendent de chouettes contrastes dans la cour baignee de soleil. Chacun
chante a tue-tete les prieres matinales, certains se concentrant si fort
en fermant les yeux que cela ne peut que nous faire craquer! Avec leurs
bonnes bouilles d'enfants au teint mate, ils sont adorables. L'oeuvre
spirituelle finie, chacun s'accroupit et ecoute les annonces de leurs
camarades. Tous? Non, bien sur, des petits trient des cailloux,
d'autres dessinent dans le gravier, d'autres encore, des "grands",
taillent une bavette avec leurs voisins et certains, plus pres,
ecoutent attentivement. C'est completement adorable.
Puis chacun regagne sa classe. C'est alors que Palden nous offre un grand festival. Il pose devant l'objectif d'Armelle et semble plus interesse par la photo que par son discours de geographie devant ses eleves. Il s'arrete meme au milieu d'une phrase, regarde avec un sourire satisfait la photographie, puis lance une blague a ses eleves qui pouffent de rire, puis redevient serieux et fait entonner aux ecoliers des chansons en francais pour Armelle. Palden est tout exite. Il sort et passe dans une autre classe en demandant une autre chanson en francais. Les etudiants, apres un "Goooood Moooorniiiiing Maaaadaaaam" pour saluer Armelle, s'executent tout sourire. Un grand moment.
15h, youpie, l'ecole est finie! Alors que des ecoliers se bousculent pour rentrer dans le bus jaune, d'autres plus sages montent dans le camion vert kaki. En effet, les militaires, tres presents dans cette zone, sont aussi de corvee de ramassage scolaire et affrettent ainsi un gros camion 4x4 pour ramener les enfants chez eux. Les pensionnaires, eux, filent se changer et ressortent avec une boite de conserve vide, un savon et une bassine. On se doit d'etre propre a l'ecole! Marrant de voir ces enfants courir avec des bassines de couleurs vive jusqu'a la pompe a eau. Puis ils reviennent progressivement et s'assoient tous dans la cour, sur de petits coussins. Tout fiers, ils nous regardent et sortent leurs cahiers et leurs livres pour faire leurs devoirs, dans un silence reglementaire. Palden nous offre un the, et nous ouvre plusieurs cahiers d'ecolier de geographie. Coupe geologique, activites des volcans, tectonique des plaques, Vidian est dans son element! Palden est aussi le responsable de l'internat et joue bien souvent le role d'un grand frere ou d'un pere. Il a un grand coeur notre ami Palden et il semble tellement aime de ses pensionnaires! Avant de partir, il nous offre un petit livre sur le bouddhisme et nous confie un autre pour JB, avant de faire le pitre encore une fois devant ses proteges.
Les dunes d'Hunder. En filant vers l'ouest, nous ne sommes pas autorises a poursuivre apres le village d'Hunder. 100 kms plus loin, la frontiere pakistanaise est bien gardee, et la guerre fait rage. Stanzin, le chauffeur des Suisses, nous jette au bord de la route et, au terme d'un petit deambulage entre les chortens, un petit muret nous accueille pour un nouveau pik-nik "champetre". Vaches, anes et des biquettes viennent laper le ruisseau qui coule derriere nous et nous lancent des regards interrogatifs tout en louchant allegrement sur nos chapatis et autres biscuits.
Notre defi est de relier Diskit, soit revenir a la maison. Oh, ce n'est pas une longue distance mais les dunes de sable nous attirent dans leur piege. Imaginez des dunes de sable gris au milieu de montagnes ocres de plus de 6000m, dont le sommet est enneige. Le pied! On s'amuse comme des gamins dans ces collines mouvantes, enchainant sauts et autres galipettes (enfin surtout Vidian).
En repartant, nous ne retrouvons pas la piste. Nous nous enfoncons de plus en plus dans une foret d'epineux tres dense dans laquelle des chameaux ont perce des passages. Des chameaux? Oui, madame, d'antiques chameaux de Bactriane, coinces ici depuis la fin des caravanes sur la route de la soie. Des boules de laine beige (pas facile a dire) sont autant d'indices de leur presence, tout comme leur crottin d'ailleurs. On s'empetre dans les epines avant de regagner le lit boueux d'une riviere qu'il faut evidemment traverser. Apres de longs detours, des zones totalement desertiques et plaines balayees par le vent, d'autres traversees de rivieres et de clotures, nous retrouvons la piste de terre et rentrons a Diskit. "Completement eclates mais heureux" comme dirait Armelle.
Les sources chaudes de Panamik. Nos "Chuisses" repartent un matin tot, ils n'ont pas la chance d'avoir autant de temps que nous et doivent filer vers le Rajastan ensuite. Notre destination est autre. Un vieux bus poussif nous lache, apres deux heures de route, a Panamik, l'extremite de la vallee de la Shayok (toujours dans la Nubra!). Nous laissons notre unique sac a une petite echoppe le long de la route et partons vers le Gompa (monastere), accroche a la montagne, de l'autre cote de la riviere. La traverse est douloureuse. Pieds nus, nous evoluons dans les galets lorsque l'eau glacee, qui descend directement du glacier, nous saisit les petons. Essayez de marcher quand la sensation d'avoir des moignons sans vie pendouillant au bout de vos mollets vous prend soudain! (Pour cela, trempez vos pieds pendant 1h dans un bac a glacons et partez marcher sur des graviers...). Bref, le contact du sable chaud au milieu de la riviere reanime nos panards. Allonges comme sur la plage, les montagnes du Karakorum nous encadrant, nous songeons qu'au bout de la route, a 70km a peine, l'Inde et le Pakistan se battent pour le controle du glacier de Siachen. Une des guerres les plus couteuse au monde et assurement la plus haute. De pauvres Indiens du Kerala se retrouvent soudain arraches a la quietude des back-waters pour aller tirer sur un glacier a plus de 5500m...Deboussolage complet. Nous sommes toujours sur notre plage, perdus dans nos pensees. Un autre franchissement de riviere nous fait perdre la tete et c'est comme une furie qu'Armelle traverse en courant le torrent, chaussures au pied! Ah oui c'est vrai, elle est tombee dans le Zanskar gele...un petit reste? Vidian l'imite bientot et les deux se retrouvent de l'autre cote, trempes mais contents!
Une petite grimpette nous offre un beau
panorama pour dejeuner, les fesses posees sur un rocher. L'absence de
PQ est un trouble majeur pour Vidian mais heureusement, un morceau de
carton d'emballage le sauvera. Nous manquons un peu d'inspiration pour
prendre des photos, alors nous tournons le dos au Gompa et
redescendons. Nous passons un long moment au bord de la riviere a nous
demander comment Saint Pierre et Jesus faisaient pour marcher sur l'eau
avant de nous elancer en courant. Resultat: ca ne marche pas, ou alors
l'histoire ne nous dit pas qu'ils etaient trempes, les prophetes!! Hop
la, on evite les cadavres de pauvres vaches dont les bouddhiste ne savent pas quoi faire (pas de viande) et on recupere notre sac dans le boui-boui.
Nous avons juste le temps de marcher jusqu'aux sources chaudes avant de
prendre le bus. Mais c'est sans compter sur le zele du chauffeur de bus qui
arrive avec pres de 30 minutes d'avance (va savoir, Charles). Quel chance d'etre la a temps pour le
reprendre...les sources chaudes, ce sera pour la prochaine fois!
Vidian
monte sur le toit du vehicule avec des djeun's (etre ado, un peu con, c'est universel!), alors qu'Armelle retrouve dans le bus
sa "copine", une dame venant de faire sa lessive aux sources et nous
invitant a dormir chez elle, au village de Tiger. Le trajet est
fantastique. Une heure de rodeo sur la route en zigzag, barbe au vent
pour Vidian, par une lumiere merveilleuse.
Une famille formidable. Au sortir du bus, Vidian aide notre hote a porter les deux gros bacs de plastique bleu contenant la lessive de la famille. "Amaley de Tiger" est fiere de traverser le village avec nous sur ses talons. Elle nous accueille admirablement bien, avec une simplicite deconcertante et un sourire ineffable. Les pieds trempes par nos traverses sauvages de rivieres, elle nous couvre d'une couverture et nous sert abondamment de the et de biscuits. Nous sommes aux anges. Sa petite fille a une bouille adorable et elle imite sa maman en pretant attention a ce que nos tasses ne desemplissent pas. Puis nous la suivons dans un tour guide du village. Quelques vieilles batissent blanchies a la chaux, des champs, des troupeaux de vaches, de moutons et de chevres, des hommes qui discutent au soleil, des femmes qui tissent a l'ombre...un vrai petit bonheur que ce tour!
Nous sommes bientot invites dans la piece principale. Le pere de famille a fini de jouer aux des! Il a a peine 36 ans et vient d'etre mis a la retraite de l'armee. Avec quelques champs et des betes, le voila paysan, touchant encore la moitie de sa solde jusqu'a la fin de sa vie. Un statut privilegie. Nous passons la soiree entre tele, pannes de courant et jouer avec les enfants. Quatre, mignons comme tout, aux sourires ravageurs. Nous apprendrons le lendemain que la derniere, trois ans, une beaute sauvage aux cheveux hirsurtes, est en fait un peu simplette...
On nous reserve meme un lit dans la chambre d'ete, le luxe total! Le lendemain sera consacre a une petite marche vers le monstere. Nous aurons meme la joie de partager un the avec les moines au moment de leur priere, scandee avec des voix guturales qui vous transportent dans une autre dimension. Ces deux jours dans la vallee de Panamik seront gravees dans nos memoires. Nous revoyons encore la tete defaite de notre chamante hote, toute decue de ne pouvoir faire essayer sa perak (coiffe de ceremonie traditionelle paree de turquoises) a Armelle, son mari ayant garde les clefs du coffre. Ou encore ce bain de soleil, un verre de the a la main, a ecrire sur des chaises en plastique a cote de la vache qui meugle dans l'enclos d'a cote. Des moments simples d'une grande intensite, une joie partagee, un bonheur complet.
Nous passons encore quelques jours a Diskit,
entre l'ecole et la lecture assidue de Tintin au Tibet et Asterix le
Gaulois en anglais, pretes par Palden. Puis, un deuxieme passage a 5605m nous a permis de rejoindre Leh, hier. Protegee par une barriere de
montagne supplementaire, la vallee de la Nubra nous a offert un vrai
temps de printemps. La sensation de "trop chaud" a etait quelque chose
de TRES nouveau pour nous...mais il faut avouer que cela ne nous a pas
deplu! Est-ce du a la chaleur? Est-ce du a notre derniere peregrination
au Ladakh? Notre corps a en tout cas reagi et a tour de role, nous
avons ete touches par une bacterie mysterieuse. Maux de tete, fievre,
vomissement, nous payons notre depart prochain du Ladakh! Voyageant
lentement, nous n'avions pas ete une seule fois malade jusque-la, notre
acclimatation territoriale allant au rythme de notre vagabondage. Nous
nous estimons donc plutot chanceux de devoir faire la sieste pour
recuperer un peu. Mais tout va bien aujourd'hui, meme si une
petite vague de tristesse nous souleve le coeur parfois a l'idee de partir.
Nous partons
dimanche 16 mars retrouver la chaleur etouffante de Delhi. Les bombes
du Pakistan nous attendent. Ouh la, nous sentons deja des coeurs se
serrer (hein les momans!!), mais nous sommes en contact avec de
nombreuses personnes installees la-bas et si la traversee semble trop
risquee, nous nous contraindrons alors a prendre une nouvelle fois
l'oiseau de fer pour rallier l'Iran.
Promis, notre prochain message vous contera une tranche de vie de nos parents ladakhis de Leh, Amaley et Abaley, car vous nous demandez a juste titre des photos, et des explications! Il est d'ailleurs temps pour nous de rentrer a la maison, nous leur avons trouve un petit cadeau...c'est notre avant-derniere soiree avec eux...
Jospoh Jolhen (a plus!)
Armelle et Vidian
PS: Les photos de la Nubra bientot en ligne...patientez juste 4 jours, Internet a Delhi coute...4x moins cher!
PS2, petit bonus: Alors qu'Armelle met sagement des photos sur le blog, notre cher petit monsieur Internet lui offre un bon the. Pour proteger la table, celui-ci pose un papier sous le verre...un papier tout blanc, genre brouillon...mais qui a la singularite de contenir, ecrit en tout petit, le message: "Never miss a thing". Pourquoi moi?














