Kalimera!

     Deja la Grece...pffffiou que le temps passe vite. Et dans quelques jours, retour aux sources...enfin des baguettes fraiches, du bon pinard et la joie de revoir vos p'tites gueules! En attendant, quoi de mieux que de revenir doucement, par la route, pour sentir la culture occidentale nous influencer comme la culture orientale l'avait fait jusque-la? Ecoutez...

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    Istanbul, c'est Bysance! A peine descendus du train, toujours en compagnie de Stephane et Amelie, nous atterissons dans Sultanahmet, le quartier ultra-touristique de la ville, ou se concentrent les sites "a ne pas manquer". De belles maisons en bois au style scandinave, de beaux jardins au style iranien, beaucoup de petits magasins aux prix qui le sont moins, bref...est-ce vraiment la Turquie? Toujours est-il que nous nous y plaisons...le petit shop d'a-cote vend des bieres, Stephane et Vidian sont heureux. Les filles, economes, piquent juste quelques gorgees par-ci par-la, car mine de rien c'est quand meme pas donne.
    Evidemment, il faut surtout eviter de les manquer, ces splendeurs qui attirent les touristes comme les mouches collees aux vitres de leurs bus, alors on y va...Nous extasions devant la grandeur de la Mosquee bleue, au style tellement different des mosquees iraniennes dont nous nous gavions jusque-la. Ce n'est plus de la ceramique bleue, mais des peintures ennivrantes qui ornent la gigantesque coupole. Et de la vulgaire moquette rose, pour remplacer les extraordinaires tapis persans...Les femmes, malgre les panneaux, ne se couvrent pas la tete, et ca choque Armelle et Amelie. Des petits restes d'Iran? On a change de bord, en traversant le Bosphore.

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    Puis, evidemment, la grande, tres grande Hagia Sophia, ou Sainte Sophie, cela depend si on est musulman ou chretien. Car cette basilique, au cours du temps, a ete utilisee suivant les influences par ces deux grandes religions. C'est un musee de nos jours (le tourisme=une religion?). Les musulmans ont eu de la chance que le choeur de l'eglise ait ete oriente (a quelques degres pres) vers la Mecque! Un gigantesque echafaudage monte jusqu'a la coupole, obsurcissant un peu l'espace grandiose de ce monument. Nous preferons monter a l'etage et contempler une superbe exposition de photos.

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    Pour terminer la serie, nous choisissons de visiter l'antique reservoir d'eau de la ville, sous nos pieds. Juste devant l'entree, deux jeunes nous donnent leurs tickets non utilises...Ca nous arrange, car le portefeuille se fait de plus en plus leger...Et decouvrons une magnifique citerne, sombre, mais eclairee par des spots colores, qui nous permettent d'apercevoir dans l'eau quelques carpes. L'ambiance est humide, il y fait presque froid. Nous restons la jusqu'au point d'en attrape un rhume.

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    Et puis evidemment, nous allons faire un tour au bazar d'Istanbul, le fameux. Au Ladakh, le bazar est juste "la ou on trouve le/les magasin(s)", dans le village. Au Pakistan, c'est un quartier de magasins qui vendent toutes sortes de choses pour les locaux. En Iran, c'est pareil, mais sous des voutes de briques qui provoquent une ambiance confinee tres speciale, tres privee. En Turquie, nous decouvrons cette ambiance, ces couleurs, mais de maniere disons...flamboyante. Des vitrines entieres de bijoux, de tapis, de cuirs. Du luxe, du luxe, du luxe. A des prix frisant les pris europeens, mais juste assez "cheap" pour que ca "vaille le coup". Mais c'est juste un delice pour les yeux. Nous nous regalons, sans pouvoir acquerir quoi que ce soit, a moins de se battre avec les vendeurs aux yeux remplis de dollars.

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    Et puis...c'est le temps des belles rencontres. Nos amis Stephane et Amelie repartent en stop vers Marseille (ils mettrons d'ailleurs moins de 48 heures, a signaler au guiness book des records du monde), apres avoir delicieusement fume le narghile tel un calumet de la paix. Il nous faut trouver de nouveaux amis. Armelle n'a pas peur, elle envoie une serie de mails a des gens qu'elle ne connait pas, en recherchant sur google "blog istanbul". Elle a bien fait.
   Nathalie nous emmene sur les quais de la Corne d'Or, derriere le pont, a gauche apres le marche aux poissons, pres des barcasses et leurs pecheurs, au coucher du soleil. Nous sommes au ras de l'eau, et elle nous parle de sa ville. On sirote un "ayran", boisson a base de lait. En Mongolie, ca s'apellait "airag", tiens? (D'ailleurs, en turc, la tente se dit "yourte", tiens?) Bref. Les chats sont a Istanbul ce que les pigeons sont a Paris. Quelques-un d'entre eux viennent se frotter a nos pieds, ajoutant du delice a cet instant. En partant, nous savons exactement ou passer nos prochains jours ici...merci Nathalie!

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    Quelques minutes plus tard, c'est Franck qui nous attend. Rendez-vous a l'embarcadere...on y est. La trentaine, cravate, malette, la panoplie pour bosser chez Peugeot! Mais quelques minutes plus tard, lorsque l'on arrive chez lui dans un quartier tres populaire de la ville, c'est tee-shirt et jean, et une adorable femme turque, Urun, qui nous accueille avec un grand sourire pour la nuit. Une soiree memorable a gouter des aubergines merveilleusement cuisinees, a siroter du Raki (genre de Pastis local), a raconter des conneries. Bref, juste a etre bien. Vive la jeunesse!

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    Le message est bien passe. Marie-France et Fred nous accueillent les jours suivants. Ils sont etonnants. Fous amoureux de leur petit chiot qui se fait les dents sur tout ce qui bouge, et super-actifs. Marie-France a, entre autres, un blog incroyable, lu par des tas de gens, d'ici ou d'ailleurs. Des posts chaque jours, a propos d'Istanbul, de tout et de rien, et de belles photos. Leur accueil est grandiose aussi. Ils nous emmenent meme au restaurant gouter des specialites turques...Installes ainsi dans le quartier des grands magasins, Armelle devient folle. Le tapis d'orient une fois renvoye en France, il y a de la place dans les sacs. Alors ce n'est pas des minutes, mais des heures qu'elle passe dans les reperes de fringues pas cheres, et se refait sa garde robe pour 20 euros. Que ca fait du bien de se sentir femme et de pouvoir enfin abandonner ces vieilleries, qui n'ont pas fait la guerre, mais l'hiver en Mongolie et au Ladakh, et c'est deja ca! Et puis etre un peu sexy, la ou au Pakistan et en Iran, c'etait interdit! Coup de ras-le-bol? Armelle se fait meme couper les cheveux pour 2,50 euros.

     Treve de luxe...Nous decidons de faire un tour dans les quartiers de Fener et Balat, respectivement anciens quartiers grec et juif ou habitent maintenant des populations qui ne parlent meme pas turc. Mais nous approchons de la Mediterranee, avec les gestes, on s'en sort tres bien...Nous visitons quelques anciennes eglises orthodoxes reconverties en mosquees, ce qui fait toujours un drole d'effet. Et nous asseyons quelques instant avec des petites vieilles qui tricotent et nous offrent des simits, genre de bretzels locaux. Puis rencontrons des jeunes, le ballon au pied, qui crient quelques "money, money" a notre passage, sans trop y croire, bien plus interesses par notre appareil photo devant lequel ils font les beaux...

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    Il est temps de partir...Istanbul nous laisse sous un ciel gris charge d'orage et de regrets. Nous traversons la mer de Marmara pour commencer a faire du stop sur le chemin de la Grece.   

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     Le stop, un peu galere a 20h. Et puis...pas tres recommande. Nous ne sommes pas arrives a destination, alors decidons de nous arreter une nuit a Cannakale, et de poser la tente quelque-part. Pourquoi pas la, pres de cet immeuble? Des petits vieux papottent au coucher du soleil. Ils nous voient approcher, et mimer sans assurance une tente, dormir, juste une nuit, possible? Un geste de la tete timide nous donne l'autorisation. "Ils sont curieux, ces etrangers!" doivent-ils se dire. Pas si curieux, puisque quelques minutes plus tard, c'est un vrai festin que nous voyons debarquer sous nos yeux. Les Turcs sont geniaux. En Iran, nous etions invites. Ici, les gens s'arangent pour que vous n'ayez meme pas besoin de vous deplacer. La demi-douzaine de voisins de l'immeuble apporte chacun sa pierre a l'edifice, et un diner s'improvise sur la table du jardin, eclairee par une ampoule blafarde. La soiree se termine par des rires aux eclats, et des bribes de paroles mi-turques mi-anglaises que s'evertue a traduire des jeunes lyceennes, trop contentes d'appliquer ce qu'elles apprennent a l'ecole et craner devant les adultes. Armelle essaye bien de marier son frere a une jeune fille de 20 ans aux ongles parfaits et au sourire ravageur, mais son pere repond par un geste du genre "coupe-coupe!". Eh oui Pierrem, si tu veux epouser une musulmane, il faudra te faire circoncir!

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     Bozcaada, une ile ou l'on prend son temps. Un bac nous depose sur cette petite ile turcque tres mignonne a l'accent mediterraneen. Un vieux fort a la Vauban domine le village de pecheurs. Des chats attendent le rebut des filets. Un bar semble nous tendre les bras. Nous allons nous sentir bien ici. Nous passerons trois jours au rythme insulaire de Bozcaada.
     Le Polente. C'est un bistrot pas tres loin du port, un lieu de vie et de rigolade. Le serveur ressemble a un windsurfeur, bien carre, des cheveux de paille et portant toujours des t-shirt barioles. Le patron, veste en jean's et lunettes de soleil, a une allure Jonnhy Deppienne. Un autre homme au cheveux longs en catogan et portant un chapeau de cowboy, a un petit air hispanique. Il souffle ici un gout d'ailleurs. Nous ne nous sentons pas vraiment en Turquie et le chant du muezzin semble se faire plus discret. Le Polente est un batiment blanc borde de bleu, grignotte d'un cote par de la vigne vierge et ouvert au vent de l'autre. De grosses enceintes distillent une musique jazzy parfaite pour le farniente. Des photos excellentes de la vie insulaire, des copains du bar et des eoliennes de l'ile ont ete tirees sur planche et tronent sur les murs. Superbe. Nous passons beaucoup de temps attables a ecrire, boire des thes (1 YTL, soit 50 centimes d'Euros) et jouer au Tavlia (Baggamon). Il y a toujours un vieux bedonnant qui porte des "Rayban" reflet argent et qui arrive en scooter jaune. Il est la et regarde le monde vivre autour de lui.

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     De vieux pecheurs sont assis a l'ombre d'un pin. Ils discutent en hameconnant des lignes de peche. Du gros fil de nylon jaune est enroule autour d'une chaise en plastique blanche, et vient choir dans un panier en osier apres l'ajout d'un hamecon. Les tasses de the a la forme ondulee ne sont jamais loin. Une large main bronze vient choisir un hamecon au bout d'une ligne courte, puis vient faire un beau noeud de pecheur avant de le serrer a l'aide d'une pince et d'epingler le crochet sur un boudin de mousse qui ourle le panier. Des gestes digne d'un opera. Nous sommes fascines par ce ballet qui se repete inlassablement. Saturnin (son nom ressemblait a ca), le vieux a la casquette de capitaine usee, nous offre un the. Un autre s'occupe de sa ligne. Deux vieux semblent donner des conseils de loin. Le dernier fume et lance les discussions. Nous serions bien partis a la peche avec eux demain mais cela leur est interdit et les gardes-cote veillent.

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    Une journee en scooter. Voila bien le seul luxe qu'on s'offre! Nous continuons a vivre sous la tente et manger des sandwichs au thon et au fromage, mais cela nous permet de craquer un peu. Les fibres motardes de Vidian le demangent et nous partons en 50cc sur les routes de Bozcaada. Pas de bol, le temps se couvre et le vent, omnipresent ici, entame largement notre vitesse de croisiere. Ce petit deux-roues nous entraine tout de meme vers la beaute des eoliennes situees a la pointe de l'ile. Le manque de luminosite et de contraste ne nous permet pas de rivaliser avec les photos du Polente mais qu'importe, nous passons un bon moment. Tout les soirs se posent aussi la question du lieu du bivouac. Le stop nous avait permis de tester un bout de rocher au sud de l'Ile, le scooter nous permet de choisir une petite plage dans une crique minuscule. Notons qu'a deux avec nos sacs a dos sur le pauvre deux-roues, celui-ci aura eu bien du mal dans les montees abruptes!

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    Vive les marins! Debout sur les pattes arrieres, des chats attendent les restes des poissons qui se font tailler en filet. Des francais en bateau ont commande un poisson qui ressemble a une dorade. Ils ont un beau Ketch (2 mats) blanc et bleu que nous partons observer avant l'arrivee des proprietaires. Quatre navires ont jete l'ancre dans le petit port de Boczaada. Une femme, cheveux blanc au carre, un verre a la main, nous salue dans un anglais parfait. Elle est irlandaise et voyage avec son mari espagnol. Nous voila vite invites a bord pour l'apero. Un petit blanc et des chips font notre bonheur. Nous passons un super moment ballotes par les mouvements epais de la houle. Avant de les quitter, ils nous souhaitent du bonheur dans notre vie et de continuer a etre si curieux. Nous les remercions et leur souhaitons d'etre toujours aussi accueillant!! Nous avons a peine lasse nos godillos (nous aurions fait de belles marques noires sur le voilier si nous les avions gardees) que les voisins francais nous invitent pour le dejeuner. Nous sommes attables dans le carre, du rouge dans nos verres, des spaghettis dans nos assiettes, et des etoiles dans les yeux. Deux couples, la cinquantaine, naviguent depuis quelques temps en mer Egee. Beaucoup de questions dans les deux sens, sur le voyage, les rencontres. Clothilde, la maitresse de maison nous fait un peu peur, mais son mari est sympa. Un vrai look de marin, la peau tannee, les mains larges, les cheveux blanc coupes court, une bonne descente. Les fraises en dessert finissent de nous charmer.

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     Sur la place du village, Vidian stoppe devant une vieille Renault 12 qui porte sur son toit une belle planche de windsurf et qui cache sur ses banquettes des ailes et des planches de kitesurf. Un grand gaillard attaque en anglais et nous nous lancons dans un long conciliabule sur le vent et les plaisirs de la glisse. Yan est suedois et travaille avec un ami turc sur un projet d'ecole du vent sur la cote nord de l'ile. Il nous invite a diner et planter la tente dans son jardin. Le soir meme, nous marchons une demi-heure d'un bon rythme pour gagner sa bicoque de beton peinte en vert. Un verre de rouge du coin dans la main, nous papottons en grignotant des crackers. Yan cuisine. Le contact est facile. Nous ouvrons la deuxieme bouteille de medoc en parlant de la Finlande. Un vin jeune assez fruite, legerement rapeux en bouche. Le poulet aux oignons et la salade a l'aneth nous font du bien. La troisieme bouteille de picrate est largement entamee lorsque nous commencons a parler de Mustafah Kemal Attaturk, le pere de tout les turcs et fondateurs de la republique de Turquie. Un homme exceptionnel. Armelle a arreter de boire depuis la deuxieme bouteille. Vidian ressort les crackers. On passe sur leur projet, le concept, la cible, le potentiel de l'ile, le developpement futur...Quatrieme bouteille. On commence a parler un peu fort. Nous repartons rechauffe dans la nuit gagner notre tente, planter dans les vignes a quelques centaines de metres, et en profitons pour faire n'importe quoi avec une lampe torche qu'ils nous ont pretee. Merci a vous les voileux!

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    Le stop, ou les rencontres en roulant. Le bac nous depose sur le continent. Boczaada, c'est fini! Un groupe de   Slovaques adorables nous propose un "ride", autrement dit on monte avec eux en voiture. Nous sommes 7 dans une petite Fiat Punto. A deux sur le siege passager avant, nous roulerons ainsi pendant pres d'une heure jusqu'a Ezine. Bye et merci les gars! Il est tard. Une session internet nous permet de savoir que nous sommes le 8 mai, jour de l'armistice! Nous lorgnons sur un boui boui et craquons pour un 'pide'. Non, ce n'est pas l'objet de porcelaine blanche qui trone a cote des toilettes mais une sorte de pizza a la turcque. C'est excellent et pas cher! Puis nous repartons dans la nuit, toujours sans lampe, a la recherche d'un espace pour planter la tente.
    7h, la montre sonne. Le soleil s'est leve. Ouf. Vidian ouvre les yeux. La tente s'illumine. Armelle se rendort. Et dire qu'hier un troupeau de brebis est passe devant notre tente sans nous apercevoir! Un jean's sur les fesses, Vidian sort et contemple le bivouac. Notre abri de toile est pose entre un vieux camion leche par les herbes hautes et la cloture d'un grand batiment. Devant nous, un chemin de terre et de bitume et un canal ou chantent les grenouilles. Nous sommes a quelques encablures du centre d'Ezine. Un tracteur passe en ronflant. Un homme vient nous offrir deux pains tout chaud, juste sortis du four de la grande batisse contre laquelle nous sommes. Une grosse dame en robe noire passe. Un jeune homme arrive vers nous avec un plateau. C'est pour nous? Deux thes, du sucre et un pot d'olives. Baigne dans le soleil, assis sur nos sac, nous savourons autant le festin que le moment. Un homme presse en costume marche en nous observant.

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     Nous plions le camp et levons l'ancre en remerciant nos boulangers adorables. Un cheval noir broute au milieu de nouvelles tours d'immeubles. Nous marchons le long de la route le pouce leve. Voici des champs bien verts. Une premiere voiture nous prend, et fait un detour pour nous poser sur la grande route du sud. Avec quelques gestes, des mots et des sourires, nous nous faisons toujours comprendre. Le support de la carte aide particulierement bien aussi. Puis se seront beaucoup de camions ensuite. Trois chameaux paissent au milieu d'un troupeau de mouton! On se prend a re-inventer la vie des chauffeurs en interpretant leurs gestes et leurs mots turcs incomprehensibles. "Il a arreter de fumer depuis trois ans" va bien mieux a ce moustachu que "je fume trois cigarette par jour"! Une superbe clio nous prend. Mehmet, son pilote, est conseiller technique et commercial pour Renault. Il s'arretera sur un beau promontoire au dessus de la mer pour nous offrir une pause the au soleil. Et aussi un coup de telephone a son responsable qui parle francais. " Vous etes avec un ami qui travaille dans une entreprise francaise dans une voiture francaise, vous n'avez rien a craindre". Et puis, evidemment, la photo souvenir qui va bien.

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     Puis des camionneurs se relaieront pour nous faire avancer a la vitesse de 70 km/h. L'un deux nous invitera meme a dejeuner chez lui. Une batisse blanche, une cour et une vaste etable, des toilettes turques (evidemment) a l'exterieur. Apres la presentation de la famille, nous dejeunons sur une petite table. Aubergines et autres legumes marines, du pain maison, du fromage maison et de l'ayran (yaourt sale) maison. On se regale. La grand mere est la, avec sa voix rauque et son sourire eternel pour mettre l'ambiance. Avec quelques mots de farsi (Iran) et de francais, nous parlons finalement turc! Beaucoup de ressemblances en effet. Nous buvons quelques thes avant d'avaler un fanta chez la voisine et reprenons la route. Un autre routier puis une camionette avec deux turcs sympas qui nous offrent des bananes.

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      Finalement, c'est un jeune en Renault Magane neuve qui nous emmene a notre destination. Kaan travaille pour Europcar en tant que chauffeur. Il passe quelque coup de telephone et nous depose devant une agence de voyage pour prendre nos billets pour les iles grecques a pas cher. Tres sympa. L'agence de voyage gardera nos sacs jusqu'a 22 heures. Il faut noter que la plupart des magasins ferment vers 23 heures...Rythme mediterraneen. De vadrouille a la recherche d'un bivouac urbain, nous tomberons encore une fois sur Kaan, d'Europcar, qui nous offrira des sandwichs, des cocas et des bieres. Il nous proposera meme de nous donner 20 YTL pour prendre un coup en pensant a lui. Nous refusons illico, c'est le double de ce qui nous reste avant de gagner la Grece demain! Une fortune pour nous, mais dont nous n'avons pas besoin.
    Qu'on se le dise, le stop en Turquie est une affaire qui roule!!

    Europe, ca fait mal. Dernier controle des passeports.Tickets a 30 euros. Aie le portefeuille en prend un coup. Bienvenue en Europe! Un teuf-teuf nous promene pendant une bonne heure sur une mer d'huile vers l'Ile de Samos. Des Americains squattent une aile du bateau. Casquettes vissees sur la tete, ils conversent, tres a l'aise. De l'autre cote, des Neerlandais aux coups de soleil fantastiques jouent avec leurs enfants. En bas, un groupe de Chinois chantent, accompagnes par la guitare d'un G.O. Une Coreene microscopique en pantalon noir se fait photographier a cote d'une rouquine obese en robe a fleur. Le Coreen est content mais il ne le montre pas. Une heure de bateau, il peut s'en passer des choses! Nous, on fait secher nos serviettes contre la rambarde, et Vidian enfile ses lentilles, comme il le fait si souvent, c'est a dire n'importe ou!. On se corrige mutuellement aussi, tant sur notre vocabulaire que sur nos sujets de conversation. Nous rentrons en Europe et bientot, les gens finiront par nous comprendre dans la rue.

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      Voila des petites maisons accrochees a la montagne. Nous passons par la file "citoyens europeens". Cela veut dire beaucoup pour nous. Les autres font la queue. Nous realisons que nous sommes vraiment sur le retour. Nous "stoppons" jusqu'a Pythagorio de l'autre cote de l'ile. Des Italiens nous posent a la marina. Nous ratons de peu l'occasion de partir avec un superbe voilier (X412!!) vers Malte. Mais la proposition nous prend de court et...l'affaire tombe a l'eau. Pythagorio, un port de peche adorable borde de bars et de restaurants. Les prix sont en euros. Fini la gymnastique de l'esprit pour connaitre la valeur des choses. Et ne surtout pas convertir en roupies indiennes, pour ne pas avoir d'attaque cardiaque...! Un pas de plus en l'Europe. Mais le reflexe de la conversion nous manque finalement. Un charme en moins. Quelques elements ne changent pas neanmoins. Le cafe le moins cher est le cafe grec, avec autant de marc que le cafe turc. Et puis nos parties de Tavlia aussi. Petite session plage (de galets) avant de se rapatrier rapidement dans un bistrot pour ecrire. Nous passerons la nuit entre les ruines d'un vieux chateau (genois?), juste au dessus de la mer, a cote d'une belle eglise blanche orthodoxe.  De tres nombreuses motos font presque tourner de l'oeil Vidian. Impossible de trouver un voilier en route vers les cyclades. Tout le monde file vers la Turquie.

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     Nous embarquons pour l'ile de Syros, dans les cyclades, le 11 dimanche mai 2008. Un immense paquebot qui nous rappelle les navires de la mer baltique pour Stockholm ou Talinn, lors de notre annee Erasmus en Finlande. Sur le "deck" au soleil, nous observons Samos qui s'eloigne. Un groupe d'adolescentes trepignent et rigolent pres de la rembarde. Un jeune homme ressemble etrangement a Sahid..mais oui, c'est lui!! Un de nos comperes du train entre Teheran et Istanbul, et candidat a l'immigration clandestine. Il est rempli de bonheur et nous raconte ses peripeties. Son sejour a Istanbul, son arrivee a Kusadasi, ses nuits "a la belle" sur une pointe de la presqu'ile, sa traversee de plusieurs heures a la nage du bras de mer separant la Turquie de l'ile grecque de Samos. Il se fait attraper par les gardes-cote grecques qui lui donnent finalement un permis de sejour d'un mois en Grece. Une facon pour eux de fermer les yeux. Il a ainsi pu acheter son billet de bateau pour Athenes en toute tranquillite. Un peu de temps dans la capitale grecque, puis se cacher dans un conteneur pour l'Italie, changer de passeport puis filer vers Paris et Londres. Quel vie de deracinee! Ses compagnons ont rebrousse chemin a Kusadasi...il exulte, le pere Sahid!    

     Syros, les Cyclades. Nous ne nous perdons pas en route comme Ulysse et arrivons commes des fleurs a Syros. Nous resistons aux chants des sirenes qui nous proposent de superbes chambres (hors de prix) mais repondons a un gros bonhomme jovial qui nous fait un prix defiant toute concurrence. Quatre jours sans douche. Nous sommes dans un pays civilise, une petite douche ne nous fera pas de mal. Des volees de marches plus loin, nous posons les sacs et ressortons nous rafraichir dans l'air marin de l'ile. Petites maisons de chaux blanche ou coloree, des marches et des ruelles pavees, nous sommes conquis par le charme de la petite ile de Syros. Quelques navires partent vers la Turquie, les rencontres avec leurs passagers sont sympas mais les destinations ne sont pas les bonnes. Eux debutent leur vacances, nous sommes sur le retour. Nous profitons de l'ile pour nous reposer, boire quelques bieres et cafes et inevitablement jouer au Tavlia, qui nous obsede.

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    A l'heure qu'il est, nous sommes en train d'ecrire nos dernieres lignes dans un cyber cafe du port. Nous partons vers Athenes demain, puis gagnerons Patras ou nous prendront un bateau pour Ancona, en Italie. Juste le temps de passer chez un cousin de Vidian puis direction Lyon. Back to France. Notre Bretagne natale nous appellera vers la fin mai puis les amis expatries a Paris debut Juin. Mais d'ici la, ne vous inquietez pas, vous aurez de nos nouvelles!
   
   ATTENTION, Grand jeu-concours organise par Instinct Nomade. Nous avons deux sacs a dos de 50 et 55 litres chacuns, pesant respectivement 14 et 10 kilos a Teheran. Sachant qu'Armelle a trouve de fantastique magasin de fringues a Istanbul, que Vidian lui a interdit d'acheter de nouveaux tapis mais qu'Armelle l'a supplie de jeter son vieux pantalon gris. Nous admettrons que l'appareil photo est hors sac et que nous avons mis nos paires de grosses chaussures de marche de 1,3 kg chacune a l'interieur de nos sac. Supposons egalement que nous allons passer rapidement par Athenes et par l'Italie, et que nous n'avons pas encore pu acheter tout les presents pour nos famille et nos amis, mais qu'il ne nous reste que peu d'argent...Combien peseront nos sacs a l'arrivee a Lyon??
    Le
s gagnants de notre grand jeu recevront le poids de nos sacs en boule de polystyrene!!

     Sachez que cela nous fait un sacre drole d'effet d'ecrire ainsi notre dernier post a l'etranger. Le prochain sera surement ecrit de France. Ce post vaut une petite fortune en euro vu le temps passe, mais nous vous l'offrons avec plaisir. Armelle pleure en ecrivant ces lignes.
    
Nous pensons tres fort a vous tous et esperons faire un grand tour de France cet ete pour tous vous revoir et vous serrer dans nos bras, toujours en stop bien evidemment!! Nous attendons vos reponses avec impatience.

     Dawa et Nilza.

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