Salaam (encore, et pour un bout de temps)!!

    Treve de plaisanteries...Voici des nouvelles des deux zigotos de passage au Pakistan. Sur le site du MAE (Ministere des Affaires Etrangeres francaises), ce pays ne semble pas vraiment accueillant en ce moment. Jugez plutot: "Un attentat le 15 mars a visé un restaurant italien du centre d’Islamabad où a l’habitude de se retrouver la communauté expatriée. De nouvelles attaques contre les étrangers ne peuvent être exclues. Dans ce contexte, l’ambassade de France recommande de différer tout projet de déplacement au Pakistan sauf absolue nécéssité et tout particulièrement de ne pas se rendre dans les lieux de concentration habituels des expatriés non sécurisés (restaurants, marchés) aux heures de haute fréquentation.
Pour les personnes présentes au Pakistan, il est fortement recommandé de limiter les déplacements non nécessaires, d’éviter les attroupements et les bâtiments officiels. La sécurité s’est dégradée au cours des derniers mois. De nouvelles actions terroristes contre les forces de sécurité, les bâtiments officiels et les représentants de l’autorité, ainsi que des actions contre les lieux fréquentés, y compris, le cas échéant, par la communauté internationale ne peuvent pas être écartées. En conséquence, il est recommandé, dans la période actuelle, de différer les projets de déplacement au Pakistan." Bien. Voila l'ambiance! Mais....

     ....depuis notre arrivee, nous ne sentons aucune pression eventuelle, seulement le poids des sourires dans notre dos, qui nous vaut de nous retourner regulierement pour rendre la pareille. A peine sommes-nous arrives a Lahore que les Pakistanais, curieux, nous posent mille questions. Au sujet de notre ressenti sur leur pays, mais aussi sur notre nationalite, et s'il leur serait possible facilement de trouver un travail en France(!)...Notre ressenti? Jusque-la, Lahore nous donne l'impression d'etre une ville superbe, mouvementee mais pas survoltee comme une ville indienne.
     Prevenus avant d'entrer en territoire musulman, nous avons pris soin de travailler notre "allure". Vidian prepare sa barbe depuis sept mois deja (presque trop...), un vrai succes, et Armelle s'habille "a la locale". Nombreux sont les hommes qui nous demandent si nous sommes musulmans, et nombreuses sont les femmes qui jettent des regards interrogateurs. "Pakistani?" "No, sorry!"

DSC_0056

     Armelle est mal en point, une tornade gastrique sevit dans ses entrailles. Les epices lui sont deconseillees. Un "Subway", au look tout a fait europeen, nous ouvre les portes de son espace climatise pour le dejeuner, puis ce sera le tour d'un KFC pour le diner, un fast-food servi par des malentendants et muets. Nous nous eclaterons a communiquer avec les adorables serveurs, qui apprecie le charme d'Amelle (de nombreux pouces se levent dans son doigt, rendant Vidian hilare), et qui nous questionne sur notre voyage. Un dialecte universel existe, nous en sommes sur.

    Nous attrapons un bus et restons encore tout surpris de cette separation physique entre les hommes et les femmes, une large porte metallique interdisant tout regard. De nombreux jeunes viendront s'installer a nos cotes (hommes et femmes), pour un brin de causette dans un anglais souvent impeccable. Nous partons deambuler dans le fort de Lahore (Shahi Qila), semblable a celui d'Agra, un lieu paisible ou le simple fait de fermer les yeux vous renvoie au temps des Maharajas.

DSC_0080

   La mosquee de Badshahi, immense et magnifique, avec son sol de marbre et ses grandes voutes celestes nous occupera un grand moment. Alors que nous discutons tranquillement avec deux ancetres barbus, un groupe d'une quinzaine de jeunes etudiants (males) nous tombent dessus, enchainant les questions et les blagues. Au moment de partir, nous acceptons de faire quelques photos avec eux, et c'est a cet instant precis qu'une rangee d'appareils photos et de portable se dresse devant nous . Puis c'est la folie, chacun se bousculant pour etre au plus pres de nous, pour tenter de mettre un bras autour des epaules d'Armelle, pour etre pris seulement avec nous...C'est marrant. Les garcons sont tout excites, allant jusqu'a s'engueuler entre eux pour une place ratee a nos cotes. Le drame survient lorsque nous voulons nous eclipser. Les flashs redoublent de vigueur, d'autres familles profitent de l'occasion pour poser a nos cotes, des "photographes professionnels" refont gratuitement leur catalogue en dirigeant les prises de vues. Des bras nous pressent, des mains nous saisissent pour nous garder avec eux, nous maintenons encore le sourire avant de declarer trente fois "derniere photo ok?"...On serre quelques pinces et on file sans se retourner a l'autre bout de la mosquee.

DSC_0174

    Accroupis, on souffle un peu...Derriere nous, des reparateurs de tapis operent, comme des chirurgiens. Un travail de maitre d'une precision incroyable. Et hop, il retourne le tapis, et le caresse de sa main. Un sourire de satisfaction illumine son visage. Impossible de distinguer la suture qu'il vient d'effectuer!

DSC_0231

    La rencontre avec Matthieu, de l'Alliance Francaise de Lahore, bouleverse notre rythme de pauvres vagabonds d'Orient. D'une gentillesse et d'une generosite sans egal, cet homme au physique de rugbyman nous accueille chez lui et nous fait rencontrer tout un tas de monde passionnants. Notre arrivee chez lui reste un moment memorable. Une chambre superbe avec salle de bain privee et serviette de toilette nous ouvre ses portes. Vous n'imaginez pas le bonheur de pouvoir s'essuyer apres une bonne douche dans de vraies serviettes douces, et non dans un bout de toile (genre essuie-tout) qui couvre a peine les fesses, comme nous avons pris l'habitude de le faire depuis 7 mois!! De vieux meubles pakistanais ou afghans, de chouettes photos Noir et Blanc encadrees, de petites loupiottes, de magnifiques tapis, nous sommes dans un nouveau monde. Nous le realisons d'autant plus lorsque Matthieu nous sert l'apero, comme au pays!! Nous papottons en le questionnant beaucoup sur le Pakistan, ou il reside depuis plus de 7 ans. Puis nous passons a table, servis par le cuisinier, le tout arrose d'un bon Bordeau, un Medoc peut-etre...Nous planons tranquillement, un sourire beat scotche a nos visages. Quelle sensation incroyable de se sentir si pres de la France et si loin a la fois, si proche du Pakistan et si loin a la fois...Nous aimons ces contrastes qui nous font realiser que les pays que nous traversons ne sont pas fait uniquement des elements que nous pouvons observer dans la rue. Nous serons dorlotes par Matthieu pendant tout notre sejour, un vrai petit bonheur...

DSC_0797

    La premiere rencontre que nous faisons grace a Matthieu est Michael, pakistanais "chretien-musulman" (et oui, rien n'est impossible au Pakistan), qui nous servira de guide dans le labyrinthe des ruelles de la vieille ville. Les rickshaws sont differents de leurs acolytes indiens, davantage barioles et faisant un boucan d'enfer. Nous doublons une cariole a cheval dont le chauffeur, pourtant au milieu d'une faune urbaine sauvage, semble tout a fait tranquille, a moitie allonge, tenant les renes nonchalement. Plus loin, c'est un ane qui tire une charette ou croule de ballots de cartons usages, alors qu'un velo tente de le doubler sur la droite, tandis qu'une moto klaxonne pour prevenir un taxi de son passage sur la gauche.

 DSC_0278

     Prevenant, interessant et adorable, l'ami Michael. Ce petit homme frele, impeccablement habille meme s'il mene une vie bien dure a cause de la penurie totale de touristes, nous initie a l'histoire de Lahore tout en nous faisant remarquer d'infimes details. Nous passons un peu de temps au frais dans les anciens bains royaux, avant de faire un detour par un temple sikh pour avaler un the avec le guru.
    De petites sentes nous offrent des points de vues geniaux. Un sage a la barbe blanche, assis en tailleur, fume la pipe a eau. Un autre ancetre, le dos contre un mur, semble vendre ses fruits depuis des lustres. Des enfants passent en criant, a la poursuite d'un jeune en velo. Des "boulangers" font disparaitrent leurs bras dans le tandoor, ce gros four ou cuisent les chapatis et autres delices. Dans une ruelle qui brille de tous ses feux, les vendeurs d'or nous helent. Des chevres aux nez busques et aux oreilles demesurees nous font partir en fou-rire. Un homme aux yeux clair et la peau brune nous devisage. Un autre sniff de la cocaine, assis sur un banc, une paille fichee dans le nez. Sur le trottoir d'une rue plus passante, un barbier s'applique (un peu plus et il tirerait la langue le bougre!) a tartiner de creme son client, avant de saisir son rasoir dont la lame etincelle brievement.

DSC_0386

    Et voila la mosquee de Wazir Khan. Matthieu nous l'avait conseillee. Il n'a pas tort, elle est vraiment magnifique. La priere a lieu. C'est quand meme marrant de voir ces rangees de fesses se lever vers le ciel, et en cadence s'il vous plait. Le chant sacre du lecteur lance ses vibrations dans l'air du soir, nous traverse et monte vers les hauts minarets. Une ambiance de paix nous gagne peu a peu. Nous pourrions y rester des heures. C'est le meme sentiment que lorsque vous etes chez un medecin qui parle doucement dans le decor feutre de son bureau, ou l'impression de s'enfoncer dans le fauteuil est tellement forte que vous ne souhaitez qu'une chose, c'est qu'il ne s'arrete pas. Des eleves de Karachi, en ecole de photographie et de video, s'extasie sur la lumiere penetrante de la mosquee. Vidian rencontre sa premiere Zoroastrienne, adepte d'une religion extremement ancienne et presente en Iran. Nous reviendrons le lendemain pour monter dans un des minarets et observer la vieille ville. Michael connait bien le possesseur des cles, une chance!

DSC_0466

    Nous sommes un jeudi, jour ou se tiennent les evenements culturels a Lahore. Nous partons vers la mosquee de Data Darbar. Le soleil semble etre avale par la ligne de "crete" des batiments de betons de la cite. Les lumieres jouent sur le sol de marbre de la mosquee, transformant les pelerins en fantomes d'ombre glissant a la surface du sol...Nous venons assister a une performance de Qawwali, une musique islamique sacree. Pas de femmes ici, seulement les bustes des hommes en Shalwar Kameez (vetement traditionnel, sorte de djelaba sur un pantalon bouffant) attentifs aux sons des musiciens. Les groupes se relaient toutes les cinq minutes. Le rythme des tablas resonnent fort, les voix s'emmelent et se melent dans une seule vibration profonde. Des mains se levent a cote de nous en tremblant, comme pour une approbation a la musique celeste qui les transporte. Un homme s'est envole, dans ses pensees. Il fait tournoyer sa tete violement et tord son buste dans une genre de transe etrange. Des musiciens, du khol sur les yeux, etendent parfois leurs mains au dessus de la foule, comme une imposition musicale. Un "barbe courte", a l'aide de son pulverisateur en inox, vaporise  de l'eau de rose, participant a renforcer cette ambiance mystique. Un autre musulman passe dans les rangs recolter de l'argent, puis vient egrenner les billets dans les tourbillons des ventilateurs au-dessus des musiciens, qui s'enflamment alors, debutant des sonorites particulieres et plus rapides. La silhouette d'Armelle denote dans cette mer de turban et de calvitie. Soudain, la musique stoppe et tous se mettent debout. Un homme dicte une priere que les hommes repetent en choeur. Le Qawwali est fini.

DSC_0318

    Dehors, des rangees de personnes s'etendent devant des gargottes. De riches Pakistanais achetent des marmites de riz et de lentilles ainsi que des chapatis et les offrent aux plus pauvres. L'aumone est un des cinq piliers de l'Islam. Le petit bonhomme qui a garde nos chaussures a l'entree du lieu saint est un ami de Michael. A note retour, il nous offre un jus de fruit, que nous sirotons en scrutant le va-et-vient des pelerins. Une foule heteroclite. La plupart viennent des provinces alentours a cette heure-ci.

DSC_0336

    Nous mangeons un morceau en vitesse chez Matthieu avant de repartir a la decouverte de la musique Sufi. Nous surprenons une course de caleche a cheval dans une large rue mal eclairee, et gagnons a pied un petit temple dont la cour est remplie d'hommes-vapeur, crachant la fumee comme des pompiers. En tant qu'etrangers, nous sommes parques dans un coin, tandis que Michael part rejoindre des amis. Assis sur de petites marches, nous observons cet univers etrange. L'odeur si particuliere du haschish nous enveloppe, et laisse l'atmosphere surchargee de fumee. Un homme lance des bribes de paroles vers le ciel, un autre sonne irregulierement dans une sorte de corne de brume au son mat, comme s'il etait perdu dans ce nuage toxique. Un gros moustachu renverse des lampes a huile et autres chandeliers sur le dos d'un barbu. Aie! C'est alors que surgissent deux grands gaillards, munis de gros tambours dont deux peaux sont tendus de chaque cote. Et les voila qui se lancent dans des rythmes, alternant frenesie et ballade. Les pulsations exitent la foule qui plane depuis un petit bout de temps deja. Certains lancent des cris de joie, d'autres levent des mains ou applaudissent. Un homme se tient pres de nous, les yeux exorbites, les mains tremblantes. Il vacille, comme s'il etait debout sur un petit iceberg, oscillant pour maintenir un equilibre precaire sur une mer d'illusions, creee par le petard qui pendouille a ses levres. Deux heures que les sufis battent sur leur percussions, a des rythmes parfois incroyables, surtout lorsque l'on sait que l'un d'eux est a moitie sourd...Puis un saxophoniste remplace le plus barbu et vient placer des notes que les hommes reprennent en choeur. L'ambiance est totalement decalee, on nous propose de plus en plus des "cigarettes magiques"...mais mille millions de mille sabords, nous ne pensons qu'a ces marches de beton sur lesquelles nous sommes assis, et qui nous meurtrissent le cul !! Vers minuit, nous abandonnons le navire sufi. Nos vetements sentent l'herbe a plein nez.

DSC_0420

    Session hopital. Pour connaitre profondement un pays, Armelle decide de tester un hopital pakistanais. Voila deja plus d'une semaine qu'une mousson stomacale l'epuise, et nous apprenons bientot que des douleurs suspectes prennent le nom savant de strombose hemorroidaire aigue...Bref, sous les conseils d'amis medecins francais (speciale dedicace), nous partons decouvrir les charmes de la chirurgie pakistanaise. Armelle ressort de la salle d'operation plus blanche que jamais, toute tremblotante et des douleurs plus violentes encores. Dans la salle d'attente bondee, Vidian me peut meme pas la prendre dans ses bras pour la consoler. Elle lui raconte que le chirurgien l'a incisee sans aucune anesthesie, avec brutalite et sans desinfecter. Vidian partirai bien lui casser la gueule. Welcome to Pakistan! Le medecin va meme jusqu'a lui prescrire un medicament anti-constipation alors qu'Armelle souffre de tourista depuis presque une semaine! Sans deconner...Rapatriement sanitaire a la maison, ou une coupure de courant nous oblige a nous trimballer une lampe frontale sur le front pour trouver une assiette. Le courant revient in-extremis, nous permettant de nous detendre devant un bon DVD. Armelle ne peut que difficilement s'assoir, la pauvre. Matthieu rentre d'un diner et semble scandalise par l'attitude du medecin...Il entendra parler de lui! Heureusement, au bout de trois jours au bord de la piscine, ca ira mieux....

    Allez les bleus! Un matin, nous filons vers Atchison College pour un match de football opposant la communaute francaise et des eleves francophones de l'etablissement. Il fait deja chaud et les bleus se font mener, pour finalement perdre 5 - 3, ce qui est loin d'etre ridicule face a des jeunes adolescents qui s'entrainent depuis des semaines! Vidian et Matthieu se sont defoules comme des fous, mais cela n'aura pas suffit. Alors qu'Armelle, en convalescence, se pavanera au bord de la piscine chez des amis de Matthieu, Vidian retournera assister a une performance equestre  dans ce fameux "college" qui date de l'empire colonial britannique, et qui regroupe la creme des etudiants de haut niveau, souvent fils de ministres et descendants des familles de Maharajas...

CSC_0792

    Ambiance. Matthieu nous reserve de chouettes soirees. Un "plouf" dans une piscine privee, apres avoir sirote une bonne biere par exemple. Ou encore ce fameux barbecue chez Daniel et Patricia, un couple adorable a l'accent du sud. Apero, viande excellente, discutions rigolottes, bon vin, blagues geniales des "sudistes", fromage francais coulant...Ces moments representent des parentheses dans notre voyage, des pauses spatio-temporelles hors-normes, car il est bon de parler sa langue librement, d'echanger sur des coins du monde ou de rire simplement. Cette soiree se prolongera tard dans la nuit pour Vidian et Matthieu, qui discuterons longuement autour d'un bon cognac. Nous connaitrons aussi "le club", cet espace plus ou moins reserve aux expatries, et ou il est possible de jouer au tennis, de nager dans la piscine ou de dejeuner tranquillement...Suivant les conseils de divers medecins, Armelle retrouve sa forme et sa liberte de mouvement. C'est decide, nous partons demain.

DSC_0780

     En bus vers le Balochistan. Le Balo..quoi?! Cette region, a cheval entre l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran est connue pour ses soulevements tribaux et ses trafics d'armes et de drogues (entre autres). Nous suivons a la lettre les conseils du Quai d'Orsay: "Les regions a eviter particulierement sont les lieux excentres, en particulier le Balochistan, passage oblige des vehicules souhaitant se rendre en Afghanistan, qui est le cadre d'activites de mouvements nationalistes armes s'en prenant aux autorites et de repliques des forces armees pakistanaises". Matthieu n'est pas rassure, deformation professionnelle...Nos parents et amis non plus...deformation sentimentale. Nous ca va plutot bien...deformation cerebrale!!
     Vingt heure de bus de nuit. Le ruban d'asphalte, peu large, oblige a quelques sorties de route afin de pouvoir croiser les camions qui montent vers Lahore. Nous ne dormons qu'a moitie. Chaque fois que le sommeil nous gagne, une pause s'affectue dans une tchaikhane, boui-boui de bord de route chere a Nicolas Bouvier. A croire qu'ils le font expres.

DSC_0872

     Quetta, une ville de traffic. Elle nous apparait plutot calme Nous y passerons une nuit et une journee, principalement a observer les bus barioles qui parcourent la cite. Quelques magasins de vente d'armes prennent place entre un hotel et une echoppe alimentaire. Des camion-citadelles, ces mastodontes de la route dont la cabine est decoree a outrance de peintures aux couleurs vives, traversent la ville dans un bruit de tonnerre mecanique. Encore une nuit dans un bus, a tenter de trouver la bonne position pour eviter que la tete ne balance sur le cote. Encore des pauses dans des tchaikhanes faiblement eclaires qui vous donne l'impression d'etre dans un reve. De vieux barbus, portant le turban avec fierte, nous observent du coin de l'oeil. L'un d'eux nous invite a nous asseoir avec lui parterre apres avoir enleve nos chaussures. Partager une galette de pain et un peu de sauce nous semble alors totalement irrealiste, perdus sur ce bout de route au milieu du desert, a 2h du matin. Armelle, par chance, est conviee au festin, a condition qu'elle reste en marge. C'est deja un honneur d'etre a la table des hommes....

     Taftan, dont le Lonely Planet explique sympathiquement que c'est l'enfer sur terre...Bien. Nous y arrivons un matin de bonne heure. Fatigues, nous ne savons plus depuis combien de temps nous voyageons, des heures, des jours, des mois, peut-etre des annees? Sommes-nous arrives au bout de la route? Cette nuit a eu lieu dans le bus d'etranges transferts de jeunes, avant, apres les check points de police. Ca sentait le traffic a plein nez...On a fait en sorte de ne pas trop regarder. Vaut mieux se la jouer discrets dans ces cas-la...Vivement le passage de frontiere.

DSC_0894

     Un gentil Iranien nous pousse encore un peu plus loin en nous offrant de partager son taxi. Derriere les barbeles, l'Iran, un nouveau territoire a explorer. Quelques heures a dormir sur nos sacs comme des mendiants devant les bureaux de la douane. Vidian partira echanger de l'argent, des sourires et plusieurs thes avant de reveiller sa douce, annoncant le passage vers la Perse. Tchac, coup de tampon! Nous filons vers l'Ouest dans une vieille guimbarde rafistolee avec deux Coreens insupportables. Vidian doit absolument oublie le "atcha" indien (ok,ok) qui ponctue toute les phrases aussi bien au Pakistan qu'en Inde. Le chauffeur lui repete le nouveau mot, qu'il n'arrive pas a se fourrer dans le crane...Nos premiers pas en terre Iranienne...

    Bonus: encore un album...

     Armelle et Vidian