Salam Aleikom!

     Eh oui, bonjour en...ourdou, langue parlee au...Pakistan! Nous retrouvons les memes moustaches, les memes sourires, la meme gentillesse mais une nouvelle frenesie nous attend: etre pris en photo par les locaux!! Mais reprenons un peu le fil de notre histoire depuis la capitale indienne.

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     Leh, Ladakh, - 2 degres la nuit, 10 degres le jour. Delhi. 25 degres la nuit, plus de 30 degres le jour. Nous devrions etre fatigue par ce brusque changement de climat mais notre suroxygenation sanguine fait la balance. Comme un dernier clin d'oeil du Ladakh, un "Julley" amical claque sur la Connaught Place de la capitale indienne. Petit jean's, chemisette blanche, cheveux gomines, Morup, le fils de notre famille ladakhie nous ouvre ses bras pour nous accueillir...Nous echangeons les dernieres nouvelles de notre royaume himalayen, passons voir, apres moultes detours, sa soeur Sonam, eleve-medecin residant a l'hopital, avant de gagner la chambre de Morup pour un diner tout simple et si "friendly". Que c'est etrange de se retrouver dans cette petite piece sans fenetre a engloutir des chapatis avec un ami des montagnes en jettant un oeil sur l'ordinateur qui s'eclaire des images du film Kundun retracant la vie de sa saintete le 14eme Dalai Lama...Et surtout quelle emotion de se retrouver en face du fils de nos bien-aimes Abaley et Amaley, dont ils nous ont tant parle, et avec une grande fierte. Et ils ont raison! Quelle culture generale, quelle education! Contraste avec ce que nous avons vecu dans la campagne ladakhie...Encore une soiree merveilleuse a discuter en sirotant notre dernier Tchai-Larmo, le the au lait sucre.

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     Premiere operation strategique, le visa iranien. Apres une nuit sous le souffle des pales du ventilateur et un petit-dejeuner sympathique sur une terrasse, nous debarquons plein d'esperance a l'ambassade iranienne. A peine Vidian commence a ecrire sur son journal de bord pour patienter qu'un Irakien moustachu et bedonnant, originaire de Babylone, entame une conversation. Puis ce sont trois Espagnols voyageant depuis Hanoi avec de vieilles motos Minsk qui se lancent dans de longs palabres avec Armelle, qui part bientot discuter avec une famille belge parcourant les routes du monde en 4x4 avec leur trois enfants, pendant que Vidian fait connaissance avec un jeune photographe italien travaillant pour un journal hollandais. Cette ambassade iranienne aura toujours ete source de merveilleuses rencontres, nous donnant un avant-gout de ce qui nous attend la-bas! Apres trois heures d'attente a croiser les doigts, les autorites iraniennes nous delivrent enfin le precieux sesame qui nous permet de rester 30 jours en Perse, alors que la plupart des touristes n'obtiennent qu'un transit de 7 jours. Quelle chance! Sans hesiter, et comme si nous avions peur que les Iraniens changent d'avis, nous filons retrouver la chaleur de la rue. Apres avoir attendu 15 min que le garde termine sa priere, prosterne par terre derriere son bureau, pour nous ouvrir la porte. Dans la rue, nous resterons plus d'1h30 a discuter avec un couple de jeunes francais venus jusqu'en Inde en 2CV camionette!

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     Dans le desordre. Un dejeuner avec Giuseppe, le jeune photographe italien, donne beaucoup d'idees a Vidian, d'autant plus qu'il bricole des Vespas pour les revendre...
     "Ladies Only", precise la pancarte du guichet des reservations de train. Des files d'hommes indiens transpirants s'allongent dans le hall, de part et d'autre de ce guichet unique, presque desert. Voyager avec une femme, c'est tout de meme fantastique! Les tickets pour Jaipur (province du Rajasthan) en poche, nous degottons en chemin un gros carton dans une petite echoppe. Nos grosses mouffles, des souvenirs himalayens, plein de vieux papiers souvenirs (ca c'est surtout Vidian!), nos bonnets uses, tout finit par rentrer dans le carcan de papier: 15.68 Kg! Le colis devra etre recouvert de tissu blanc et cousu afin d'etre envoye en France. Nous retrouvons alors la joie d'un sac plus leger.
     Vidian ne cesse de baver devant les motos Royal Enfield qu'un gros americain retape pour les revendre a des prix defiant toute concurrence. Tilt! Encore une nouvelle idee farfelue nait dans son cerveau (tres) chevelu.
     Quelle est cette force incroyable qui nous entraine dans des rencontres fabuleuses? Pourquoi des discussions s'entament sans que rien ne semble le laisser prevoir? Un petit dejeuner avec un anglais vivant en Grece nous apprend les charmes de la Crete, un the a une terrasse nous emmene dans le labyrinthe des maisons de terre de Cappadoce, en Turquie, une autre pause urbaine nous rappelle les delices de la Finlande...Pahar Ganj, le quartier touristique de Delhi, c'est plein de gens bizarres, illumines. Mais pour trois jours, ca a du bon! Comme le dit le petit berger andalou de l'Alchimiste, "Lorsque l'on desire vraiment quelque chose, l'univers tout entier conspire a la realisation de ce desir"...

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      Jaipur, Happy Holi, Splash!! Cinq heures de train nous trimballent vers le Rajasthan. Un the partage sur un banc en fer de la petite gare de Sarai Rohilla, a Delhi, nous donne le temps de realiser que la vie est bien belle...Alors qu'une locomotive lance son cri dechirant en s'ebranlant, un chien fait la course avec le vent, un enfant effectue une jolie pirouette dans l'air sature de chaleur, un vendeur ambulant hele le passant, et un vieux cul de jate tend la main. Ils deviennent le decor mobile de ce paysage heteroclite que represente un quai de gare. Nous aimons le train indien, ce condense de culture et de vie indienne, dans toute sa diversite.

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     Jaipur, la ville rose ou se coitoient autant les chameaux que les voitures, les rickshaws que les vaches, les velos que les chiens, dans une joyeuse cacophonie balayee par des vents de sable. Pourquoi ce detour soudain vers l'ouest, alors que le Pakistan nous appelle plus au Nord? Car demain, la fete du printemps, "Holi", battera son plein en Inde. Quoi de mieux que le pays des Maharajas pour vivre cet evenement?
     Alors que le disque solaire rougoie au dessus de la ville, Armelle porte son regard au loin, perdue dans ses pensees, le menton plonge dans ses bras croises sur la rambarde d'argile du "Monkey Temple", pose sur une proeminence rocheuse. Les singes se rassemblent sur cette colline a la tombee de la nuit. Ils n'ont peur de rien, sauf des vaches, qui convoitent les peaux de bananes en guise de diner. Et gare a celui qui se retrouvera sur le chemin-de-la-peau-de-banane. Armelle en fera les frais en se prenant un petit coup de corne...

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     La veille d'Holi, un defile d'elephant prend place dans un stade de cricket (le sport national ici). Pares de leurs plus beaux "vetements", peints de couleurs vives, les mastodontes deambulent tranquillement devant nos yeux ecarquilles. Pachydermes, chevaux, dromadaires, danseurs, fanfares, c'est une explosion de couleurs, de fastes et de sons. Nous nous regalons.

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     Alors que Guillaume, un francais delirant rencontre a Delhi, decide de colorer sa boule a zero de pigments de couleurs, un attroupement se cree autour de nous...et une invitation tombe sous les traits d'un petit garcon gringalet. "Demain, venez dans ma famille pour feter Holi, ok?". Quel honneur! Un detour par sa maison pour boire un the et reperer les lieux et nous rentrons, evitant les feux de pailles et de bouses qui s'etalent sur les trottoirs, anticipant la fete.
     Le lendemain, la ville se colore peu a peu. Des motos, croulant sous le poids de 4 ou 5 jeunes hommes surexites et barioles de couleurs, foncent dans les rues. Des jeunes hurlent leur joie et fondent bientot sur nous pour nous etaler des poudres de couleur ultra-vives sur la figure, le cou, les bras avant de nous serrer dans leurs bras en nous souhaitant "Happy Holi"! A peine avons nous fait quelques centaines de metres que nous sommes re-peints!! On en profite pour acheter des pigments et rendre la pareille, dans une joyeuse frenesie. Certains n'hesitent pas a s'essuyer les mains sur la poitrine d'Armelle, ce qui leur vaut de belles baffes et de prodigieux coups de pieds! Un peu honteux, ils s'eloignent, penauds. La poudre vole, des bassine d'eau eclaboussent, les gens rigolent, laissant apparaitre d'etrange rangee de dents blanches dans des visages roses, verts, bleus et jaunes fluos...

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     Colores, nous arrivons enfin dans la famille hindoue et discutons avec nos hotes, en avalant un riz epices en guise de petit dejeuner. Nous sommes la, au milieu de leur quotidien, et nous sommes bien. La maison est bleue et fraiche, le pere bricole un fil electrique, la fille passe le balai, le fils joue avec son portable, un autre discute avec nous, chacun lancant des regards curieux. Ils ne descendront dans la rue que cet apres-midi, alors nous echangeons beaucoup de sourires avant de nous quitter et partons "reprendre des couleurs".

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     Tout le monde commence a se chauffer doucement et certains pigments de couleurs nous sont etales sur le visage avec parfois un peu trop de... "volonte", disons. Des contacts de plus en plus physiques et des groupes de jeunes males qui ne veulent qu'une chose, c'est caresser les douces joues d'Armelle. Nous croisons regulierement des gnomes a l'allure de schtroumphs, des hommes violets et des tetes d'Arlequin. L'un deux, les yeux rouges et empestant l'alcool, debite a un rythme effrene des paroles de Shakespeare, et nous invite a une fete. On jette un oeil a l'interieur du porche sous lequel se repercute les sons fortement "decibeliques" de la sono: des jeunes en couleur, les bras au ciel, dansant nerveusement sur les pulsations de la musique trans', des bouteilles de biere qui degoulinent dans les gorges et sur les bustes, de droles de cigarettes circulent gaiement aussi, le tout dans une atmosphere sombre et un peu inquietante. Nous de decidons de partir quand des hommes titubants tentent de nous forcer a entrer...On evite les derniers jets de poudre et rentrons a la guest house ou les tenanciers musulmans se marrent a notre arrivee.

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     La douche n'est alors qu'un vaste fleuve multicolore et visqueux, avale par la bouche de fer rouille. Le grand jeu de Vidian et d'observer toutes ces gouttes qui semblent provenir d'une autre planete. Une riviere jaune amorce le contournement du gros orteil, alors qu'un torrent vert s'echappe de la voute plantaire, pendant qu'un ru bleu fonce tombe depuis les epaules jusqu'aux panards, en glissant le long du buste et des cuisses, comme des veines externes explusant la fatigue vers la terre...De gros fauteuils en osier sous le toit de bambou nous accueillent pour un peu de repos et une longue discussion avec Guillaume, clerc de notaire venant de tout plaquer pour voyager.

     Amritsar, terre des Sikhs. Une nuit dans un train indien est toujours une petite aventure, souvent que du bonheur, et parfois la presence de voisins bruyants. Les quelques 18h de train ne nous font pas peur et les sourires des Sikhs qui nous observent nous mettent tout de suite a l'aise. "Dis, c'est quoi un Sikh?" Les hommes sont facilement reconnaissable au turban qui leur ceint la tete, et leur barbe, souvent d'une longueur exceptionelle. Cinq elements ou devoirs (les 5 K) sont obligatoires pour ces hommes dont la religion, cree par le guru Nanak, est a la confluence de l'Hindouisme et de l'Islam: Kesh, ne jamais se couper les cheveux et les couvrir d'un turban, ne jamais se separer de son Kanga, le peigne de bois, du Kara, le bracelet d'acier ou d'argent, du Kirpan, le poignard a lame courbe, et du Kachhera, un sous-vetement de coton. Ces hommes sont des guerriers, des combattants et ils n'ont pas toujours eu la vie facile, notamment pendant la partition de l'Inde en 1947. La ville des Sikhs se nomme Amritsar, dans la province du Penjab, proche de la frontiere pakistanaise. Leur lieu de pelerinage est le "Golden Temple", au coeur de la ville. C'est la que nous vous emmenons..

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     La nuit est fraiche, la matinee douce. Berces par le vent qui parcourt la wagon librement, nous laissons divaguer notre regard. Comme des bagnards, derriere les barreaux des fenetres (qui evitent toute intrusion massive d'indiens pendant les escales ferroviaires), nous observons les bidonvilles qui s'etalent le long de la voie. Qui sont les prisonniers? Toutes ces cabanes colorees, le flegme du buffle qui machouille, les enfants qui jouent autour du point d'eau, le repos d'un vieil ancetre sur son charpoi (lit de corde), donnent une image etonnante de ce taudis. Mais des que le regard s'aiguise un peu, d'autres details nous sautent a la figure: les tas d'ordures fouilles par des momes en guenilles, la puanteur qui s'echappe des egouts, des latrines debordantes de merde, les regards perdus de ces hommes qui errent...
     A peine debarques a Amritsar, une horde de conducteur de rickshaw se ruent vers nous. Comme toujours, nous nous eclipsons en souriant, et marchons pour s'eloigner de la gare. La proximite du Golden Temple, le temple sacre des sikhs, se materialise par une foule incroyable de turbans, de vehicules en tout genre et de marchands. Cacophonie urbaine. Puis tout d'un coup, le silence. Nous sommes dans le sacro-saint lieu du sikhisme. Les pieds nus et laves, la tete couverte, nous marchons doucement sur le marbre blanc, baignes dans une lumiere de fin de journee. Imaginez un immense cloitre de pierre blanche, enserrant un bassin ou repose en son centre un temple recouvert d'or, tel un tresor echoue sur une ile. Et des hommes enturbannes, et des femmes en sari ou en penjabi qui circumambulent. Ici, 35 000 repas gratuits sont distribues chaque jour! Les pelerins ne cessent d'affluer, venant se purifier par un bain ou des ablutions dans le reservoir d'eau, avant de se recueillir dans le temple, ou des musiciens jouent et chantent toute la journee des melodies envoutantes. Nous sommes subjugues par tant de plenitude et de calme. Un vrai lieu de repos de l'ame. Peaceful.

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     Nous ne pourrons pas nous empecher d'y retourner, plusieurs fois. Habillee a la locale, voilee, une main passee au henne, Armelle suscite le regard amicale des femmes qui se demandent quelques minutes si elle n'est pas d'ici. Vidian, avec sa barbe, inspire le respect. Il se fera meme faire un turban sikh, grande classe! Nous resterons longtemps a obserer cette abondance de couleurs et de devotion...et de nombreux curieux viendrons nous poser quelques questions et se prendre en photo avec nous...Que du bonheur! Un beau dimanche de Paques...

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     Wagah border, la grande mascarade de la frontiere. Pourquoi, chaque jour, 5000 personnes se pressent dans les gradins pour assister a l’ouverture de la frontiere indo-pakistanaise? C’est un lieu original ou les armees des deux "camps" rivalisent de choregraphie, de gestes d’intimidation et de cris pour la gloire de leur patrie. “Hindustan, ZINDABAD!!!” (Vive l’Inde!), scande la foule. Il faut vous imaginer une route bitumee et coupee par deux grilles marquant la ligne territoriale, et de chaque cote de hautes marches de beton formant le theatre des operations. Chacun scrute “l’autre cote”. Un homme et une femme s’elancent en courant vers la ligne frontiere agiter le drapeau indien au nez et a la barbe (surtout) des pakistanais. Deux barbus font de meme en face. Puis de fringants et costauds militaires en tenue d’apparat repondent au cri interminable de l’un d’eux et s’en vont tendre la jambe a la verticale devant leurs homologues musulmans, pour les impressioner. Tout le monde les acclame, frappe dans ses mains, et hurle dans le petit stadium. La grande farce militaire est a son paroxysme. C’est du delire total quand les grilles s’ouvrent pour laisser entrevoir une poignee de main virile echangee entre deux soldats “ennemis”. La descente de drapeau clos bientot la ceremonie sous le hourra de la foule et la lumiere doree du crepuscule. Sacre moment.

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     Un saddhu nous accueille pour la nuit. A peine le show termine, nous nous mettons en quete d’un lit pour la nuit. Cote indien, il n’y a rien, peut-etre a quelques kilometres en arriere mais cette perspective ne nous enchante pas vraiment. Nous sommes un peu butes parfois! L’idee de planter la tente nous effleure lorsqu’un indien bedonnant nous aborde. Vidian, qui a toujours son turban sur la tete, suscite la curiosite des Sikhs, qui le prennent parfois pour l’un des leurs. Nous papotons et laissons planer le doute sur notre nuit dans le coin. “Il existe un petit temple a quelques centaines de metres, vous y trouverez bien un endroit pour vous allonger pour la nuit, en securite”. Bien. Super idée. Nous marchons tranquillement alors que les premieres etoiles se levent. Un vieux poste crache de la musique, un banyan centenaire lance ses branches-racines vers la terre, un feu se consume dans une vasque en terre cuite et un saddhu nous regarde, l’air absent. Il accepte d’un mouvement de tete notre proposition a s’allonger la pour la nuit. Nous sommes bien “racles” et la sieste nous surprend, allonges sur le sol de beton brute, proche des dieux parfumes a l’encens.

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     Le saddhu est aide dans sa tache par une famille dont les petites filles nous regardent avec de grands yeux. L’une d’elle nous reveille pour nous passer gentiment une natte de corde, en guise de matelas. L’ambiance est particuliere, une pauvre ampoule eclaire le petit batiment bleu au sol rouge, un ventilateur pulse l’air chaud, et deux clochards sont affaisses sur leurs sacs poussiereux. C’est nous. Au diner ce soir, "choulis", vous savez, ces abricots secs, cadeaux du Ladakh. Nous sortons notre precieux paquet, lentement, comme pour se nourrir des gestes precautionneux que nous effectuons. Un a un, nous croquons dans ces cailloux au gout d’abricot, la langue travaillant sans relache pour placer le noyau sous les dents les plus appropriees, qui prennent d’ailleurs un malin plaisir a decortiquer le fruit dans des mastiquations frenetiques. Mais voila qu’un grand sourire arrive, une jeune femme tenant sur un plateau une ecuelle de lentilles et quelques chapatis. Quelle gentillesse! A notre grande surprise ce soir-la, nous aurons un vrai diner a nous mettre sous le bec. Une polaire comme oreiller, Armelle s’endort. Vidian observe, allonge sur le dos, les dernieres prieres du Saddhu, qui semble parler avec l’arbre seculaire, avant de faire d’en faire le tour interminablement. Un gecko, sorte de gros lezard jaune gobant de petites bestioles, defie les lois de la gravite en grimpant sur le plafond. Il se poste bientot pres de l’ampoule, prêt a chasser. Vidian perd vite le fil de ses pensees et tombe dans les bras de Morphee.

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     La musique se reveille bien avant nous, vers 5h du mat’. Le sac a viande sur la figure pour se proteger de la lumiere de l'aube, nous nous rendormons pour deux heures, laissant les fideles nous enjamber pour acceder aux diverses "chapelles". Vidian leve un oeil. Armelle est accroupie et observe le soleil qui se leve. Elle semble s’etre battue toute la nuit avec d’affreux moustiques tournicotants autour de notre paillasse. Aujourd’hui, nous quittons l’Inde, ce pays ou les hommes pissent accroupis. Deux tasses de the au lait nous sont offertes par “grand sourire” et nous decollons. A 10 heures, la frontiere ouvre ses portes. Nous nous glissons dans l’interstice territoriale. Feuillets a remplir, passeports, coups d’oeil au barbu qui ne ressemble pas a la photo du papier officiel (heureusement que Vidian a enleve son turban!), un autrecoup d'oeil a la jolie demoiselle qui l'accompagne, tchac, coup de tampon! Good bye India!
     Nous marchons quelques metres et passons la fameuse grille. Salaam Aleikoum, bienvenue au Pakistan! Une “longue barbe” et des yeux cernes de khol scrute notre visa, jette un oeil aux deux hurluberlus que nous sommes et appose le fameux sesame. C’est parti!

     Du sable, du sable, encore du sable. Des batiments en construction et de vieux camions barioles trainent ici et la. Ca y est, nous sommes bien au Pakistan, ce pays qui passent pour un repaire de terroristes aux yeux des occidentaux, un lieu d’une dangerosite extreme plein de fanatiques islamistes…Nous n’apercevons que des sourires sur notre passage et ne recevons que des questions curieuses sur notre origine et notre voyage. Un vieux bus completement defonce semble nous attendre.
     Lahore est a 27 kilometres. Un ruban d’asphalte part droit devant nous. Premiere surprise qui nous fait realiser que nous avons bien change de pays: les femmes et les hommes sont separes dans le bus par une lourde porte en fer montant jusqu’au plafond. Cette fois on y est, c’est sur. Le bus tremble, faisant deplacer les bancs dont les visses rouillees ne rentrent plus dans la carcasse metallique. Gloups. Vidian avale difficilement a la vue d’une bombonne de gaz pose aux pieds d’un barbu. C’est des malades!! Mais l’homme viendra bientot lui “taper la discute” dans un anglais presque parfait…Nous avons du mal a croire que nous progressons au Pakistan, que nous sommes en train de rouler vers la France. Revenir vers l’Ouest en traversant le Moyent-Orient...On the road again! A nous les pays musulmans!

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     Quelques photos dans le...14eme album (deja!)

     Mille bises

     Armelle et Vidian

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