29 janvier 2008
Au pays du yeti!
Julley, Julley !!
"Bienvenue a Leh, la
temperature exterieure est de - 26 degres, l'altitude est de 3580m,
Indian Airlines vous souhaite un bon sejour au Ladakh..." Bim!, 40 degres
d'amplitude en l'espace de 5 min en descendant de l'aeronef!! Temps
nebuleux, froid de yack, nous deambulons dans les rues gelees (oups,
ziiip, merdouille! le derriere dans la neige!) a la recherche d'une
Guest House ouverte. Vidian avait passe un bon mois ici meme avec son
cousin JB Haentjens en 2004. Le Ladakh en hiver etait un reve. Un
sourire, une banane a se decrocher les oreilles. Armelle atterrit
doucement, hallucinant un peu de ce paysage de glace et de montagnes.
Nous ne sommes vraiment pas habitues a prendre l'avion et realisons maintenant le choc que cela implique...
Vidian se ballade dans ses souvenirs, emmenant sa douce a la decouverte
de la cite. "Regarde ces vieilles femmes qui vendent du kerosene sur le
trottoir, on dirait qu'elles n'ont pas bouge depuis 2004!" Des visages
familiers, des raccourcis magiques, ces "Julley" si magnifiquement
lances par les Ladakhis, de nouvelles rues goudronnees, et ces sourires
si sinceres...Puis tout d'un coup, dans une petite rue en pente, Vidian
s'arrete net. "C'est bien la". Nous entrons dans le petit magasin, quand
le tenancier et Vidian tombe dans les bras l'un de l'autre, a grand
coup de Julley! emouvants...Nous avons retrouve Morop, le pere de la
famille chez qui Vidian et JB avait sejourne il y a 4 ans! Incroyable.
Il ferme immediatement la boutique et nous invite chez lui a boire un
bon the bouillant, devant le chauffage a gaz. Moment magique des
retrouvailles. Ses trois enfants etudient maintenant a Delhi et sa
femme, Amaley (Maman en ladakhi), est partie les rejoindre. "Venez vous
installer a la maison bien sur!" Nous exaltons. Nos deux premiers jours
n'avaient pas ete facile...Ici il est vraiment difficile de trouver un endroit au chaud: ni resto, ni guest houses ne sont chauffes. Les yourtes mongoles nous ont beaucoup manque, et le moral a pris un petit coup de mou. La cuisine de la famille Spalkite nous sert maintenant de
refuge calorifique, de lieu de vie, d'ecriture et de lecture. Un vrai
bonheur! Nous reussissons meme a feter l'anniversaire de Vidian, "en famille". A defaut de rechauffer le corps, ca rechauffe le coeur!
La ville de Leh est une cite etonnante l'hiver. Les ruelles sont de vraies patinoires, la neige est legere comme la poudre. La plupart des magasins, restaurants et cafes sont fermes, Leh dependant essentiellement du tourisme, ce qui provoque une etrange ambiance metallique. Adieu les grosses bouffes europeennes qui font le bonheur des occidentaux l'ete! La ville semble videe et l'essentiel de la vie se passe dans les maisons, dans l'unique piece chaude. A 17h30, il n'y a plus personne dans les rues, sauf des chiens qui defendent leur territoire!!
Notre vie se cale peu a peu. Morop est adorable et nous couvre de petites attentions sympathiques.. Il allume la radio, nous sert du bon the au beurre de yack bien reconstituant, nous prepare un seau d'eau chaude pour nous debarbouiller le matin, nous offre de grosses couvertures...De petites gargottes nous servent des soupes tibetaines, des plats ladakhis ou des dhals indiens (lentilles) de la province du Punjab. Nous nous reposons bien aussi, malgre la temperature de notre chambre qui ne depasse les -10 degres. Petite anecdote: Armelle lance une bonne idee: se laver. Ah! Mais comment comment vous dire...c'est pas si simple ici. Meme la brosse a dents est comme de la pierre. Vidian tente de se laver les cheveux, puis decide de se recurer le corps. Le temps d'attraper le blog de glace qui sert de savon, ses cheveux et sa barbe ont gele, et comme il a eclabousse la piece, le voila avec les pieds colles au sol par la glace. Heureusement qu'il restait un fond d'eau chaude...!
Les projets? Un petit gars de 21 ans, Tenzin, nous aborde un jour dans la rue. Il vient de Pishu, un village du Zanskar. Cette vallee est totalement coupee du reste du monde pendant les longs mois d'hiver, toutes les routes etant bloquees par la neige. Mais en janvier et fevrier, le fleuve Zanskar gele et se transforme en une voie de communication unique, permettant le ravitaillement des villages Zanskarpas. La riviere se nomme alors Tchadar. Tenzin est arrive il y a quelques jours par cette "route" et nous propose de nous guider dans ce couloir de glace. Apres moultes RDV, nous decidons de partir avec lui pour 16 jours de marche dans des gorges profondes sur de la glace vive. Nous realisons que beaucoup de groupes d'occidentaux viennent peregriner sur le Tchadar. Trop de passage, pas assez d'engagement ni de solitude? Non. Decus, nous ne le sommes pas. C'est un trek unique au monde, dans un milieu hostile et extraordinaire. Notre facon de vivre cette marche depend uniquement de nous. A nous de le rendre incroyable. Notre engagement s'exprime par l'absence de porteur, de cuisinier ou meme de traineaux de materiel. En comparaison, nous avons rencontre 3 francais qui partait avec 11 porteurs, 1 cuisiniers et 2 guides!! Nous ne serons que trois: Tenzin, notre guide, Armelle et Vidian, sacs au dos et nourriture minimaliste. Nous aurions aime le faire en solo mais les risques sont grands et la glace evolue trop vite. Malgre l'experience de Vidian en Laponie, nous ne saurions deceler un piege mortel. Alors voila, nous marcherons avec notre guide Tenzin, au sourire d'ange, une grande premiere!
Evidemment, pour ne pas refaire la meme erreur qu'en Mongolie, et epargner nos petits doigts de pieds encore assez sensibles, nous investissons (au grand bonheur de nos pauvres meres) dans des bottes de l'armee indienne. Si les soldats survivent sur le glacier de Siachen dans le conflit avec le Pakistan, nous survivrons!!!! Seul hic: elles ne ressemblent a...rien! La preuve en images:
En attendant, nous realisons, depuis 3 jours, des marches d'acclimatation, au gre des gompas (monasteres) perches dans les hauteurs, du palais de Leh accroche a flanc de montagne, et des differentes courses que nous effectuons dans la cite de Leh. Ah, le bonheur, un bon the au lait sucre vient d'apparaitre devant l'ordinateur. Il faut vous avouer que nous sommes en grosses vestes de plume dans le Cyber cafe et que les doigts gelent vite...
Voila...nous partons demain et revenons dans maximum 20 jours avec de nouveaux recits d'aventure, donnons-nous rendez-vous! Nous pensons bien souvent a vous et n'hesitez pas a nous noyer dans le flot de vos commentaires. Nous les attendons a chaque fois avec beaucoup d'impatience.
Glacialement et voyageusement !
Vidian et Armelle
PS: Vous allez surement etre frustres du peu de photos dans l'album...desole! Mais croyez-nous, ce n'est pas si simple de les charger ici. Promis, on fait un effort en rentrant! Allez donc voir nos nouvelles videos! (En cours de chargement)
Interview Instinct Nomade
Interview Instinct Nomade
Vidéo envoyée par vidian_armelle
Marche d'acclimatation a Leh
Marche d'acclimatation
Vidéo envoyée par vidian_armelle
25 janvier 2008
En direct du Ladakh par -20 degres...
Julley (comme on dit ici)!
Les inities auront reconnu...he oui, nous sommes a Leh, au Ladakh...!! Vraiment desole d'avoir ainsi echappe a votre attention...Nous avons fuit Delhi il y a quelques jours, et apres avoir joue au chat et a la souris (plutot les rats ici) avec le destin, nous avons reussi a atteindre ce paradis de froid et de neige, qui constitue le deuxieme grand objectif d'Instinct Nomade. Nous en sommes profondement heureux, et l'ivresse de l'altitude contribue a nous mettre depuis 2h dans un etat second...mais calmons-nous et prenons le temps de raconter ces derniers jours bien mouvementes.

Il y a dix jours environ, nous avions debarque a Pahar Gang, l'un des quartiers populo-touristiques de la capitale indienne Delhi. L'Inde change a toute vitesse, mais Pahar Gang reste bien le meme. Aux dires de vieux routards et selon les souvenirs "vieux de 4 ans" de Vidian, ce quartier draine toujours autant de babas au look de cools, s'affichant sans honte avec un pantalon rouge trop court, un bonnet violet en equilibre sur la tete, des dread locks multicolores, ou des piercings en bois dont la largeur nous donne le tournis. Bref, avec nos vieux pantalons taches par 5 mois d'itinerance, nos polaires qui sentent encore le mouton de Mongolie et nos grosses godasses de marche, nous ne sommes pas tres tendance! Seule la barbe qu'arbore Vidian avec fierte nous relie sensiblement a la mode des "fous de l'Inde".

Bien, passons aux choses serieuses: les visas. Entre quelques recherches de renseignements sur notre route pour rejoindre le Ladakh, nous partons a l'assault des bureaucraties pakistanaise et iranienne, aussi "bermudiens" que celle de l'Inde. Effectivement, nous ne sommes pas dans un triangle, mais il y a des raisons de se perdre, et d'y perdre la tete. Voyez un peu.
Visons le Visa Pakistanais. Une lettre de l'ambassade de France, detaillant simplement notre attachement a la civilite francaise (numero de passeport...) est essentielle. Mais vu les conditions du moment, la France ne veut s'engager dans aucun deplacement touristique dans cette zone. Dans un eclair de genie, nous demandons ce type de lettre pour l'Iran, ce que le fonctionnaire accepte. Nous retournons a l'ambassade du Pakistan et tentons d'amadouer le petit pakistanais a lunettes derriere son comptoir a barreaux, en vain. Des belges (une fois!) nous explique qu'une simple lettre officielle avec tampon suffit, meme une lettre expliquant que l'ambassade refuse de rediger une telle lettre..!!! On marche sur la tete mais on tente le coup. Retour en "France", ou le fonctionnaire nous regarde avec des grands yeux ebahis. "Oui, oui, meme une lettre expliquant que vous ne voulez pas ecrire une lettre!" Faut avouer que cela a l'air un peu idiot mais quand on n'a pas le choix. Il reste interdit un moment, prend une grande inspiration, et nous explique calmement que la France ne veut PERSONNE au Pakistan. Point mort. Retour au "Pakistan" ou les belges recuperent leurs visas. Vidian retente le coup et montre la lettre de l'ambassade de France pour le visa iranien...Alors qu'Armelle papote, Vidian revient avec une banane a se decrocher les oreilles, il est hilare: "On recupere nos visas pakistanais apres demain ma grande!! Ca a marche! YALLA!!!" Nous n'en revenons pas et n'arrivons pas encore a y croire. Un bonheur, un probleme. Comment expliquer la perte de la lettre a l'ambassade de France pour obtenir notre visa iranien? Nous sortons notre joker...
Par le biais du voyage, on apprend a rencontrer des gens extraordinaires. La famille Coffrant appartient a cette categorie de personnes. 50 ans d'expatriation, des pays en guerre comme l'Algerie, l'Iran ou encore le Pakistan, puis l'Inde depuis pres de 25 ans. Inepuisables en histoires et anecdotes, passionnants par leurs connaissances geo-politiques et leurs regards sur le monde, Jacques et Nane Coffrant nous ont recu de maniere admirable, flattant a chaque fois nos papilles en sortant grands vins de Bordeaux, Porto et cuisine francaise. Nous exposons notre aventure pakistanaise a Jacques, qui rigole bien. Connaissant bien du monde a l'ambassade de France, il nous y conduit. Les portes s'ouvrent devant nous comme dans un moulin et nous nous postons dans le bureau du fonctionnaire que nous avions largement sollicite la veille. Jacques Coffrant explique l'affaire (lettre perdue par erreur dans un demenagement de chambre a Delhi)...et comme par magie, le fonctionnaire de l'ambassade, d'abord reticent, finit par rediger la lettre, soumis. Jacques lance un clin d'oeil en coin que Vidian n'oubliera pas de sitot. Lettre en poche, nous filons de "France", tout heureux de notre coup. Le reste des demarches de l'ambassade d'Iran se poursuivront normalement.
Pour ceux qui s'inquietent: nous avons voulu nous occuper de ces histoires de visa, meme si notre passage au Pakistan n'est pas encore sur a 100%. Nous continuons a rester tres au courant de ce qui s'y passe et aviserons en temps voulu...

La ville grouille de rickshaws noir et jaune, de scooters Bajaj, de motos Pulsar, de velos Hero, de chiens errants et pas moins de vaches qu'ailleurs. De grands quartiers arborent des allees plantees, des prairies vertes, des rues propres. Les ronds points deviennent des jardins sur lesquels les ouvriers s'endorment volontiers. Nous nous balladons au gre de nos diverses occupations administratives. Nous quittons Pahar Gang pour Jungpura Extension, loges par Rachel, travaillant a l'Alliance Francaise. Depuis un appartement immense, nous observons la vie locale dans un quartier populaire tranquille. L'ecole en face de l'immeuble, les petits vendeurs dans la rue, ou nous allons acheter notre pain, nos oeufs, nos legumes. Que c'est agreable! Et puis nous passons de bonnes soirees en compagnie d'Olivier, journaliste francais venu en Inde pour, entre autre, apprendre la langue, ecrire, marcher et faire du parapente. Discuter du rythme du monde, des reves les plus fous, des projets les plus fantaisistes, le tout dans un petit boui boui a l'accent international, est un petit bonheur simple.

Finalement...nous nous decidons a partir vers le Nord. La route Delhi-Srinagar n'est pas une voie facile. Elle se faufile deja entre les premieres ebauches de l'Himalaya, et il n'est pas rare de la voir fermee en cette saison, pour cause de neige. Par chance, elle vient de re-ouvrir lorsque nous achetons les billets de bus, et on nous promet un depart pour le sur-lendemain, yalla!
Une delicieuse plaquette de chocolat et un petit pot de creme de marron bien de chez nous se glissent dans notre sac au moment du depart. Merci les copains. On en salive deja...mais decidons de garder tout ca pour les moments...difficiles. Avec notre petite flasque de Calvados (merci la famille), ce sera parfait! Vingt-quatre heures de bus nous attendent...plutot cool! Finalement, la traversee de la Mongolie en minivan russe nous a vaccines (rappel: 80 heures sur des routes defoncees, a 14 dans une vieille camionette russe)...Nous nous retrouvons dans un superbe car et n'en croyons pas nos yeux! De vrais sieges avec de la mousse dessus et du tissu, c'est royal! De bons espoirs de passer une nuit correcte. Attente. Nos premiers cashmiris sont la, sous nos yeux: de sacres personnages, au physique se rapprochant du type perse, toujours l'air fier. Et de sacres margoulins aussi....A peine partis de Delhi, nous nous retrouvons deja avec une dizaine de cartes de visite nous promettant de bons prix pour l'achat de merveilles en cashemire. Bah tiens! Nous repondons "oui, oui" et sympathisons, car il faut avouer, ils ont raison d'essayer!!!
Berces par les virages, la route nous semble excellente et, au petit matin, a travers nos yeux a peine reveilles et le brouillard intellectuel, nous apercevons nos premieres montagnes enneigees. Quelle joie! Le Ladakh, dont nous revons depuis si longtemps, approche a grands pas (a moins que nous approchions de lui)...

L'arrivee a Srinagar est...comme d'hab'! Des dizaines de rabatteurs (des cashmiris, les plus tenaces) nous assaillent et nous proposent divers hotels. C'est a celui qui criera le plus fort ou reussira a capter notre attention. Nous nous degageons de ce qui est devenu une escorte d'une quinzaine de barbus. L'un d'eux fini par nous rattraper:
" - Good rrrrooms for you, cheap prrrice!
- ...
- Wherrrre arrre you going?
- Au parc Asterix!!!
- ...???...
- (rires contenus)
- ...yes I know! He's also my cousin!
- (on explose de rire)!!!
- You don't believe me???"
Guest House trouvee, notre premier objectif de la journee (deja bien entamee) est de trouver un moyen de rejoindre Leh, capitale du Ladakh. Nous sommes en hiver, et la route est fermee jusqu'en mai. Bien. Evidemment (vous commencez a nous connaitre), nous aurions ete bien tentes de rejoindre ce paradis en marchant. Le Zoji la, col a un peu plus de 3500 metres separe Srinagar de la vallee de l'Indus, donc Leh. Malheureusement, aucune agence de trekking ne veut s'engager dans cette course en montagne. Les risques d'avalanche sont trop fort. Et puis, il n'y a pas a dire, il commence a faire vraiment tres froid. Nous n'allons pas tenter le diable. Instinctivement, et puis nous n'avons plus le choix, la seule solution reside dans l'aerien. Pas de montgolfiere, encore moins d'ULM, on ne sait pas encore faire de parapente...Alors rejoindre le Ladakh en avion s'impose...De toutes facons, nous avons le temps de jouer les aventuriers durant le mois et demi qui vient!
Probleme. Premierement, devoir prendre l'avion est pour nous une petite deception: c'est le premier depuis notre depart de France. De plus, il est assez cher. Evidemment, nous avons entendu parler d'un vol militaire pour le Ladakh, tres bon marche...mais il est difficile d'avoir des informations rapidement, et un vol pour le lendemain matin nous est propose par l'Indian Airlines. Allechant, car il est tres rare d'avoir des places aussi rapidement...et puis...etre demain au Ladakh: Banko! On craque et cassons la tirelire...gloups, c'est pas rien.

Seulement voila: le lendemain, a l'aeroport, une petite voie fluette nous annonce que...le vol est annule. Mauvaises conditions climatiques, qu'y disent. Nous ne faisons vraiment pas les fiers, assis tout penauds sur nos sac, dans un hall qui se vide rapidement. Nous restons de longues minutes a nous demander comment, mais comment? rejoindre Leh. Nous venons a peine d'arriver a Srinagar, une ville pourtant magnifique, et avons a peine eu le temps de nous y balader. Et voila que s'annonce encore une journee galere a trouver une solution. Le vol de la semaine prochaine est plein, est celui de la semaine d'apres est plus cher.
Nous entendons parler d'un vol militaire tres bon marche pour Kargil, de l'autre cote du col. Nous courons au bureau du tourisme, appellons le responsable militaire a Kargil, puis attrapons un rickshaw et debarquons a la Kargil House pour nous entretenir avec un autre responsable. A croire que tout le monde est responsable au cashmire!! Nouvelle deception. Plusieurs vols ont ete annules pour cause de tempete de neige et la liste d'attente est longue de 2 semaines...et rien n'est sur que de pauvres bipedes francais comme nous puissent embarquer a bord de l'aeronef, normalement reserve aux locaux. Pantelants, nous repartons vers Indian Airlines et reussissons a trouver un vol au depart de Jammu le 25 janvier (voir carte). Il est 18h, il fait nuit, nous avalons un plat de lentilles et partons dormir.
Le lendemain, depuis Srinagar, le bus pour Jammu mettra 7h...pour casser ses suspensions arrieres. Aux aguets, assis au bord de la route, nous attrapons un autre carcasse metallique a 4 roues. Installes dans le cockpit, nous serrons les fesses, comprenons que la route est belle, mais bien dangereuse. Mais pourquoi s'inquieter? Nous passons loin du bord du precipice: 15cm, c'est bien suffisant!! Qu'est-ce qu'ils ont ces touristes a flipper? Courte nuit a Jammu. Nous rencontrons des Ladakhis qui devaient prendre le meme avion que nous il y a deux jours. Chaque etape de gagnee est une victoire. Checking des bagages. Yes. Controle des billets. Re-Yes. Identification des sacs et salle d'attente. Re-re-yes. "The passengers...flight to Leh...please security check..." Yes, yes yes et yes!!!
Dans un vacarme pas possible et une puissance que nous ne connaissions plus, notre oiseaux de fer s'arrache a l'attraction terrestre. Ouah! 45 minutes de vol suffisent a nous emmerveiller, a compter les sommets qui crevent les nuages. Nous touchons presque de l'aile les montagnes et atterissons dans un mouchoir de poche (blanc!). Essayez donc de vous garer a 100km/h dans un parking, vous ressentirez peut-etre le meme effet!! Il fait -20 degres, et une petite nebulosite nous acceuille. Bientot, nous retrouvons ces visages mongoloides, ces sourires, ces rues qui sentent le kerosene, ces "Julley" (bonjour, merci, svp...) si caracteristiques...Trop bon d'etre la!!

Les projets en quelques mots? Nous acclimater...et ca prendra bien une semaine! Nous venons d'entendre parler d'un festival ladakhi les 5 et 6 fevrier...why not??? Et puis, nous allons laisser germer en nous les diverses idees de treks, allons verifier leur faisabilite et vous tenons au courant!
Nous sommes toujours aussi fans de vos commentaires, ils nous donnent d'un message a l'autre envie de prendre soin de ce blog...et vous embrassons!
Armelle et Vidian
14 janvier 2008
Inde: on se la joue touristes!
Namaste a tous (n'oubliez pas de joindre les mains au niveau de votre visage)
Lundi 31 decembre 2007, 21h. Fatigues par des dizaines d'heures de bus (nous arrivons du Nepal), nous deambulons dans la ville sainte de Varanasi (Benares) avant de finalemnent trouver les parents d'Armelle dans une chouette guest house donnant sur le Gange. Nous nous affalons autour d'une bonne biere (morbleu! que c'est bon toutes ces petites bulles qui courent sur la langue!) et tentons de raconter nos differentes aventures respectives. Nous disons bien "tenter" car la soiree s'annonce en musique, et le plafond sonore nous explose la tete. Derriere nous, un couple de danseurs frenetiques s'execute au son de la citare et des tablas. Nos oreilles tremblent comme des caissons de basse. Notre peau colle joyeusement. Nous sommes en tres bonne compagnie. Tout va bien. Un curry plus tard, l'heure fatidique approche. Et c'est avec quelques minutes d'avance, les indiens ne tenant plus, que de gros petards nous annoncent le passage a la nouvelle annee. Des CDs prennent le relais et dans un bazarre musical fantastique, un gros gateaux cremeux et multicolore nous est servi...C'est genial. L'ambiance est terrible. Les indiens font partir des fusees eclairantes et autres artifices dans de vieilles bouteilles de coca et bien sur font eclater une longue serie de petards, avant de se mettre a danser au son de Britney Spears! Nous sommes plutot "racles" et partons a notre modeste guest house dormir un peu. Une surprise nous attend. Les reservations, pretendues verifiees par l'hotel ou nous avons fete le reveillon, sont fictives et nous voila a 1h du matin avec une petite chambre double pour 4 personnes. Nous dormirons donc tous sur le lit double. Un grand moment familial! L'annee commence sur les chapeaux de roue!
Benares ou la cacophonie. Fraichement (ou pas!) debarques de Kathmandu, l'Inde nous saute aux yeux, a la gorge, aux pieds. Regarder le ballet des barques sur le Gange, s'etouffer dans la circulation incroyable de la ville, eviter les bouses de vaches qui fleurissent a tout les coins de rue...Un spectacle incroyable. Commencent alors 12 jours de tourisme comme nous n'avons jamais fait. Nous suivons le "Routard" presque a la lettre, notre premier guide depuis 4 mois.
"Faire les touristes" est une nouvelle aventure pour nous et nous tentons de faire de notre mieux pour respecter le guide franchouillard. Nous nous promenons ainsi sur les ghats, ces longs gradins de marches qui plongent dans le Gange, dont les hindous acceptent qu'on qualifie l'eau de "sale", mais pas de "impure"!. Les feux des cremations sont assez prenants. En suivant notre "ami" machant le betel (tout les indins se proclament nos amis et veulent nous aider!!), nous prenons de la hauteur sur le toit d'un batiment et observons le rite des cremations. Les hommes sont les seuls acceptes sur le site (les femmes pleureraient, ca derangerait). Un homme de la famille du defunt doit alors se faire raser la tete et la barbe, puis se purifier en se lavant dans le Gange, avant de revenir allumer le feu sous la depouille. Comme vous le savez, l'organisation sociale indienne suit l'ordre des castes. L'une d'elles s'occupe exclusivement de ces cremations. 200 a 350 personnes sont incineres ici chaque jour. L'odeur y est particuliere et l'atmosphere pesante. Une vieille femme attend la, patiemment. Au moment de repartir, l'"ami" nous explique que cette femme doit acheter du bois pour sa propre cremation mais qu'elle est sans le sous. Premiere piece ou billet d'une longue serie. Nous descendons d'un niveau et ecoutons sagement les conseils de notre fidele ami indien. Les saddhus (precisement des "illumines", des genres de pretres hindous vivant de l'aumone) ainsi que les enfants de moins de 12 ans, et d'autres, ne doivent pas etre brules. Ils sont alors lestes de pierres et jetes dans le Gange. Pur vous avez dit? Nous repartons quand notre "guide" reclame quelques deniers. Tout est normal selon le Routard, heureusement! Pas toujours envie de s'attarder sur cette partie des ghats, neanmoins. Nous reprenons notre marche.
Des vaches, zebus (a bosse) et autres buffles se pavanent sur les marches, posent une bouse esthetique ou machouille un bout de carton avec un air dedaigneux. Odeurs d'etable. Hop 5 roupies pour le saddhu! Une photo? Roupies roupies...Bien savoir prendre une photo sans se faire taxer peut se reveler etre un art. Oh les mignons petits enfants! Bonjour, Namaste. "hello money!" Ah oui, ok, ben non quand meme! Quitter les ghats, prendre a gauche, remonter les marches, eviter un chien qui dort et une biquette qui mache, prendre la ruelle, pouet pouet!, laisser passer la moto, oiitch ladlabala! eviter de se faire ecraser par une petite charette, suivre le mur bleu et entrer sous la petite porte sombre. Nous voici dans l'antre de la fabrication de la soie. En vrai buisinessman, le patron de 25 ans (affaire familiale oblige), nous fait assoir pieds nus sur un immense matelas en guise de parquet. Il fait coulisser doucement un pan de bois recouvert de soiries et ferme ainsi la piece. Vase clos. Grand deballage. Avec un geste de prince, il lance devant nous de superbes pieces de soie. Nous jetons notre devolue sur les etolles. Un bon Tchai (the au lait sucre) nous est offert sur un plateau. L'ambiance est feutree, le patron parle doucement et la soie glisse avec volupte. C'est le genre de moment ou vous pourriez rester des heures a regarder le ballet des chales, comme berce par une musique inaudible mais irresistible. Avec Bruno, surnomme "Papa" par tout les indiens rencontres, nous tentons de donner notre avis a nos femmes, qui ont les yeux ecarquilles par tant de beaute. "Celui est pas mal", "jolie couleur" "super les reflets". Et Armelle qui rajoute "Ah non, celui la n'ira pas avec son rouge a levre". Nous ne pouvons pas lutter face a ses considerations qui nous depassent. Tres bon moment. Le patron est exquis, il m'insiste pas, reste discret et sort toutes les pieces sans vergogne. Derriere lui, des petites mains les replient consencieusement. Encore un petit tchai apporte sur un plateau. nous restons bien 3h et finissons par choisir de belles soiries, a un prix imbattable. Des idees de buisiness fleurissent dans nos tetes, et le patron nous explique comment payer moins de taxe...si c'est pas magnifique!
Nous marchons beaucoup, mais aimons discuter aussi les prix des rickshaws. Ces velos a trois roues, dont la selle trop haute entraine le cycliste dans d'invraisemblables contorsions, permettent de parcourir des distances modestes a travers une foule qui semble incompressible. Pourtant, la dexterite du pilote et sa voix nous ouvre le chemin. Il est vrai que nous avons tendance a trouver ca assez rabaissant mais l'argent que nous lui donnons est celui qui lui permet de vivre et les indiens utilisent beaucoup ce mode de transport, tres bon marche. Bruno nous fait plaisir en choisissant de supers restaurants indiens dont les plats y sont tres fins. Un regal. Compares a la France, les prix sont tres interessants mais notre budget de voyageurs au long cours ne nous permettaient pas de courir ces palaces gustatifs. Du coup, on en profite au maximum...nos jours sont comptes et notre programme nutritif aussi! Un soir, nous partons observer la ceremonie des lumieres, sur le ghat principal. Sur le roulement des percussions et des trompes, de nombreux lumignons sont alors poses a fleurs d'eau, le Gange s'illuminant de multiples flameches. Magnifique!
6h, nous clignons des yeux en cherchant notre petit bonhomme sur les ghats. Le soleil ne daigne pas encore se lever. C'est une aubaine que nous allons saisir. Tout endormis, nous embarquons a bord d'une petite barque de bois. Nous glissons sur le Gange. Aucun cadavre ni corps de vache a l'horizon. Nous glissons sur le bouillon de cultures qu'est le fleuve sacre et observons le reveil de la ville. Des laveurs s'ereintent deja a tordre le linge, les mollets dans l'eau. D'autres hommes se lavent energiquement. Ils sont presque nus. Nous sommes en polaires. Nous grelottons. Il y a un truc qui cloche. Un buffle se fait laver par son maitre. Des chiens se courent apres sur les marches. Peu a peu, des barques chargees de touristes se melent au ballet aquatique. Des asiatiques, un masque blanc sur la bouche et le nez, mitraillent au numerique, tuant tout le charme. Un mort se fait laver au bord de l'eau dans une raideur cadaverique. Nous gagnons le milieu du fleuve. Ce contact si proche avec la mort est etrange. Le soleil sort de la nuit et lance ses premiers rayons sur la ville sacre. C'est juste beau. Nous naviguons encore quelques minutes, notre rameur faisant la course avec ses acolytes, et prenons pieds a terre. Un gros petit dejeuner nous requinque completement.
Varanasi nous a ouvert les yeux sur l'Inde, apres notre sejour au Nepal. Nous avons ete conquis. Mais c'est l'heure de poursuivre notre route vers l'ouest (toujours a l'ouest!), en train pour gagner Kajuraho. Haut lieu touristique, nous logeons dans l'hotel d'un maitre yogi sympathique. Notre idee est de se ballader dans la vieille ville. Quelle fut pas notre surprise de se voir alpaguer tres rapidement par un groupe de jeunes etudiants qui nous debitent des informations sur leur village a un rythme hallucinant, n'oubliant pas de nous flatter tour a tour. Coup d'oeil, coup de coude, les gars sont organises. Cela nous fait rire doucement, nous n'avons rien demande. Armelle se fait largement draguer pendant qu'un autre tient la jambe de Vidian en lui expliquant la vie. Au detour d'une ruelle, nous sommes fortement incites a rentrer dans une ecole. Flairant le piege et prevenus par un voyageur francais croise dans la rue, nous esquivons. Les gars ne sont pas tres heureux. Un des leurs propose a Vidian de l'herbe, celle qui permet de voir la quatrieme dimension. Nous nous eloignons du village et peu a peu, nos "amis" nous quittent, tout en demandant leur salaire...Nous les avions prevenus, nous ne donnerons rien, malgre leurs jolis clin d'oeil et leurs "you are beautifull"!

Le lendemain, Bruno est malade. Nous le laissons a ses bookins politiques (!) et partons a la decouverte des temples de Kajuraho. Vous n'en avez pas entendu parler? Ils sont celebres pour leurs fresques erotiques ayant inspire le desormais celebre Kamasutra. Les amateurs seront decus, les temples ne sont pas recouverts entierement de fresques intimes. Il s'agit la d'une quete, d'une fine recherche a travers les encorbellements et les innombrables sculpture d'animaux et autres elephants qui portent chance. Nous arpentons le superbe parc arbore ou s'elevent des temples en pierres magnifiques. Pieds nus ou en chaussettes, nous scrutons chaque face des monuments a la decouverte des elucubrations erotiques. Un bon francais, le Routard nous explique comment les denicher et part dans de vastes explications, n'hesitant pas a prevenir que quelques-uns de ces mouvements ne peuvent se faire sans un gros travail preparatoire de yoga...Vous jugerez par vous meme!! De nombreux vendeurs nous exhibent leur livres de photos et leur Kamasutra illustres. Chacun de nos mouvements fait l'objet d'une pluie de question et d'invitations a entrer dans les magasins. "Just have look, no buy!" Nous ne jetterons malheureusement meme pas un oeil aux figurines de faux bronze qui ornent leur vitrine. Souvent, une question revient: notre nationalite, Notre reponse se voit alors systematiquement agremente d'un "good country" (bon pays). Quelle ne fut par l'erreur de Vidian de poser un jour la question que tout chauffeur de vehicule doit redouter: mais quel pays n'est pas un bon pays? Le chauffeur, dans une panique palpable, nous montra rapidement un monument et passa a une autre question basique. Ouf!
Nous repartons de Kajuraho en bus local. Direction Orchha. Un depart aleatoire, un arret sans fin dans une ville inconnue et notre arret definitif au beau milieu d'une route. Bien. Nous sommes a 12km d'Orchaa. Il fait nuit. Armelle et Vidian partent a la recherche d'une eventuelle voiture quand un auto-rickshaw providentiel s'arrete a cote de nous. Il est plein d'indiens. Imaginez un vespa a trois roues, surmonte d'une capote en plastique noire et jaune et d'un banc a l'arriere, auquel vous ajoutez un pot d'echappement tonitruant! Il nous propose de nous emmener. Croyant avoir mal compris, nous le faisons repeter. Oui, oui, c'est bien ca! Mais tout les bagages ne vont pas passer. "No prrroblem sirrrr!!" Incredible India. Les sacs de voyage en partie sur le toit, nous filons. Un bref comptage nous evalue la teneur humaine a 14 personnes! Un melange de bras, de jambes et de bout de sacs depassent allegrement de la frele carcasse. Les mecs se marrent. L'ambiance est geniale. Notre arrivee libere nos membres ankyloses. Le lendemain, nous partons a l'assault des temples, anciens palais de maharajas. Nous nous delectons des fines sculptures de pierres ciselees a merveille et tentons d'imaginer la vie fastueuse de l'epoque.
Moins oppressante que Kajuraho, la ville d'Orchha nous apparait plus calme, plus agreable en fait. Nous resterons ainsi 3 jours a nous ballader au rythme de nos envies. L'achat de bracelets en verre par Isabelle, aussi surnomme Mama par les indiens, et Armelle est un bon moment. Les colliers tintent et la grosse indienne aux yeux d'enfant masse doucement les mains pour enfiler les bracelets. Elles repartiront dans un eclat de rire, un bindi sur le front et des joncs de verre plein les poignets.
Petite anecdote: Comment se faire lacher les baskets par un gars collant qui nous suit en courant et veut nous vendre de la camelotte (by Bruno):
" - Sirrr, sirrr, have a look please! Berrry berrry good prrrice forrr you! No tourrrist prrrice!
- But we are tourists!
- ??? "
Nous reprenons le meme auto-rickshaw pour repartir et nous faire deposer a Jhansi, ou nous prenons le train pour Agra. Le train est un condense de la culture indienne. Le spectacle est fantastique. Le jeu des porteurs en chemise rouge sur le quai, le tournoiement des vendeurs a la sauvette, les partie de courses des enfants, les lamentations des mendiants quemandant une petite piece. Dans le train, c'est la liberte totale. Les fenetres a barreaux (afin d'eviter que les gens puissent entrer par les fenetres!) sont ouvertes, tout comme les portes qui claquent en fonction du balancement du wagon. Les parents d'Armelle realisent alors a quel point la vie est controlee en France et le nombre des interdits grandissant . Nous pensions nous faire sauter dessus a l'arrivee, mais une horde presque rangee de chauffeurs de tout vehicule nous propose leur tarif. Bruno fait baisser les encheres, s'amusant a confronter les prix des differents protagonistes. Un pilote de taxi gagne la partie. Tout fier, il nous conduit a travers la ville et nous pose a quelques dizaine de metres de notre guest house. Le lendemain, le Fort Rouge d'Agra nous seduit. Des marbres somptueux, des decorations incroyables, et un joli point de vue sur le Taj Mahal, de l'autre cote du fleuve Yamuna. Le Papa et la Mama ont besoin de faire du change. C'est un grand moment que nous allons vivre dans l'enceinte de la State Bank of India. L'inextricable bureaucratie indienne nous retiendra une bonne heure pour recolter, a un mauvais taux, quelques malheureuses roupies!
Le Baby Taj nous apparaitra encore plus beau sous le soleil couchant. 5h45, nous quittons l'hotel pour le Taj Mahal. RDV avec la brume. Nous stoppons avaler un cafe chez Joney's, un fabuleux petit boui boui dont la minuscule cuisine fait pourtant des merveilles. En parlant de beaute, nous tentons d'oublier le prix prohibitif de ce monument pour nous concentrer sur le mausolee qui semble flotter dans les vapeurs matinales. Une foule deja dense se presse pour la photo. L'absence de lumiere oblige a de nombreux reglages et des soupirs laissant entendre "j'arriverai jamais a prendre correctement ce que je vois"... Un roi moghol, dont la defunte epouse lui cause beaucoup de chagrin, aurait choisi un architecte perse et tue sa fiancee. Ayant compris la douleur qu'eprouvait le roi, il concut alors l'un des plus beaux edifice du monde. Nous nous regalons a observer les couleurs changeantes du lever du jour, qui se refletent differemment sur les faces du mausolee. Des moucharabiers de marbres, des incrustations de pierres semi-precieuses, le Taj Mahal represente un travail epoustouflant. Nous observons egalement le jeu des touristes, qui cherchent a prendre LA photo, et surtout le flair des indiens dont le business est de contraindre les touristes a se faire prendre en photo par eux et de se faire remunerer pour cette idee lumineuse. Assurement, le Taj Mahal serait moins rigolo sans ses touristes!
Nous venons de quitter les parents d'Armelle, qui partageait notre quotidien depuis 12 jours...Nous avons fait les touristes comme nous avons jamais fait: Benares, les temples de Kajuraho et d'Orchaa, Agra et son Taj Mahal...et puis de la bonne "bouffe", des fringues qui changent...Nous avons depuis rejoint Delhi qui s'avere etre au premier abord une ville plutot agreable. Nous arpentons les rues dans notre style tres europeen grace a Isa et Bruno qui nous ont apporte temporairement quelques vetements qui nous changent de nos affaires de montagnes. Nous contrastons avec tous ces babas fous de l'Inde qui batifolent aux terrasses des cafes! Au bout de 2 mois et demi serons-nous comme eux? Les parents viennent de partir il y a quelques jours, en nous laissant dans la gorge une petite impression d'abandon quand meme...Et en plus ils se sont echappes avec le saucisson les bougres !! (C'est de notre faute). Mais nous n'avons pas le temps d'y penser, car nous preparons activement notre montee vers l'Himalaya, au Ladakh, qui risque d'etre tres perilleuse...M'enfin, comme dirait Gaston, on y croit, c'est l'aventure!!
On vous tient tres rapidement au courant de nos projets...et on essayera d'ajouter une carte, pour que vous visualisiez un peu. Un cours de geographie en prime, quelle aubaine!
On vous embrasse bien fort d'Inde et lisons toujours vos mails avec grand appetit.
Armelle et Vidian




































