Ca fait quoi de marcher quotidiennement pendant 35 jours? Bein…pas toujours facile ! On se découvre des humeurs insoupçonnées, on apprend a faire avec ce corps qui parfois ne répond pas comme on voudrait, on trouve de bonnes raisons de se lever le matin et de repartir après le déjeuner…

    La première semaine n’a pas été la plus évidente. C’est la semaine des ampoules, de la mise au point du rythme avec le cheval, des divers maux dus à la marche. Et surtout de savoir qu’il reste encore plus d’un mois avant de prendre une douche, avoir un peu de confort ou un bon repas, ou de vos nouvelles ! Rien à voir avec les « petites » randos de 1 semaine ou le départ et l’arrivée sont sur la même carte au 25.000 ème…Nous avons ici traversé 3 cartes au 500.000 ème, on n’en voit pas la fin ! D’ailleurs, il nous a été difficile de nous faire à l’échelle de cette carte : nous avions l’impression de ne pas avancer à parcourir seulement 5 ou 6cm par jour.

    Puis, la première semaine passée et les premières émotions avalées, nous avons appris a être forts chacun notre tour pour se soutenir l’un l’autre. Nous avons réalisé à quel point, dans la difficulté (ou de la marche, ou une situation compliquée avec des mongols), le moral de l’un a un impact considérable sur le moral de l’autre. Il faut apprendre a être faible (l’accepter), et apprendre a être fort. C’est une véritable vie d’équipe, il est impossible de penser individuellement. Finalement, plus la marche avançait, plus nous réalisions cela, et plus surmonter les difficultés a été « facile ». Nous avons fonctionné finalement comme une veritable équipe, soudée et véritablement bien rodée.


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Une pause, un Kit Kat (le reconfort de chaque jour)

    Nous n’avons pas « souffert » du froid. Enfin, nous ne nous en sommes pas plaint ! C’est exactement ce que nous étions venus chercher, et les paysages enneigés et figés nous ont tous les jours donné envie de nous lever. Nous étions bien équipés, et avons trouvé au fur et a mesure les gestes « de survie » pour ne pas souffrir du froid, même la nuit. Finalement, nous avons préféré marcher dans le froid, comme vers la fin de la marche, que d’avoir trop chaud, comme au début ! Et puis c'est ainsi que nous avons évité les flots de touristes l'été. En 35 jours de marche, nous n'avons croisé qu'une seule fois des 'blancs", a bord d'un vieux 4x4 russe qu'ils avaient acheté pour faire le tour de la Mongolie. Ils nous ont pris pour des fous. Nous les avons pris pour des fous aussi (mais quel bonheur de discuter 20 minutes)! Le froid est fascinant. Quand nous nous sommes gelé les pieds et les mains, nous ne nous en étions même pas aperçu… Ce n’est qu'en nous arrêtant que nous avons vu les dégâts !

    Marcher nous a également permis de découvrir certains talents cachés… :

- Vidian n’aime pas voir qu’Armelle peut être plus courageuse dans certaines situations (ah les femmes…)

- Armelle ne comprendra jamais les humeurs du cheval, et ne se sent toujours pas très à l’aise avec cet animal curieux!

- Vidian n’est pas si patient ! Hé non, par -20 degres, le réchaud ne marche pas systématiquement…

- Vidian s’est découvert des talents de maladresse professionnelle : thermos, cuillère, sacs de bat, tout y est passé ! Suivies de petites crises d’énervement… (Armelle n’a rien cassé : incroyable, hein ?). Toutes ces casses etant facilitées par le grand froid quand meme...

- Armelle ne sait toujours pas cuisiner.

- Armelle ne supporte pas le vent, qui a emporté de nombreux gros mots…

- Vidian ne supporte pas quand le cheval n’avance pas, il l’a donc beaucoup insulté !

- Armelle a eu autant d’aérophagie que sa grand-mère…au grand désespoir de Vidian.

- Vidian n’est pas très facile à gérer quand il est stressé… 

- Armelle a eu du mal à s’arrêter de manger, et a pris des rondeurs…heureusement que le que le pantalon de ski est élastique.

- Vidian a gagné le concours de blagues à deux balles (quand même les bienvenues…).


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    Le moral, il vallait mieux pas l'avoir dans les chaussettes, vu leur etat, alors...Hauts les coeurs!!