Instinct Nomade est un long périple hivernal, terrestre, lors duquel nous souhaitons « nomadiser » à la rencontre des peuples de Sibérie, de Haute-Asie et d’Asie centrale, nous faire tout petits pour vivre à leurs côtés : tel est notre fil rouge. Notre aventure se partage en trois phases.

PHASE 1 : Transect France - Moscou - Baïkal - Mongolie (mi-août / novembre 2007)
PHASE 2 : Transect Mongolie - Chine - Tibet - Népal - Ladakh (décembre 2007 / février 2008)
PHASE 3 : Transect Ladakh - France (fin février / mars / début avril 2008)

carte_final_from_rapport_expe

Et voici l'itinéraire finalement réalisé, au grès des rencontres, des difficultés ou opportunités administratives, de la météorologie et de nos envies.

Itin_raire_r_alis_

PHASE 1 : Transect France - Moscou - Baïkal - Mongolie (mi-août / novembre 2007)

    Nous partirons de France à destination de la Mongolie, en stop jusqu’à Moscou, puis en Transsibérien jusqu’au lac Baïkal. Une première escale nous emmènera cheminer à pied d’Irkoutsk à Oulan-Oude le long des rives de la « perle de la Sibérie », avec une escapade sur l’île d’Olkhon. Ce périple sera un véritable entraînement et nous permettra de vérifier notre équipement, de découvrir la plus grande réserve d’eau douce du monde et d’approcher un haut lieu du chamanisme. Puis retrouvant le rythme de la locomotive russe, nous atteindrons Ulaanbaator, en Mongolie, terre de marche de notre premier transect.

    Comme une acclimatation territoriale, culturelle et culinaire, nous resterons tout d’abord à Ulaanbaator, parcourant à pied la ville pour tenter de nous imprégner du caractère soviétique marqué de cette cité. Accueilli dans le camp de base de chiens de traîneau de Joël Rauzy, expatrié français marié à une Mongole, nous tenterons de comprendre les subtilités de la culture de ce pays, en participant à la vie de la base. Vérifiant une dernière fois notre matériel de marche, nous analyserons les cartes utiles à notre vagabondage.

    Voici le temps de nous mettre en route. En transports locaux, nous gagnerons Altaï, chef-lieu de la province du Govi-Altaï. Là débutera un long cheminement pédestre de deux mois vers le nord-est à destination de Mörön, chef-lieu de la province de Khövsgöl. Pays de vent, d’herbe et de feutre, la Mongolie se mérite. Il nous faudra marcher de longues heures à travers la steppe balayée par le vent. Le goût de l’effort, les rencontres et un paysage magnifique défilant tranquillement sous nos yeux seront notre seul moteur. Suite à un premier tronçon au sein d’une cuvette désertique, où il nous faudra gérer avec attention notre consommation d’eau, nous nous élèverons en altitude avant de plonger dans une région plus fertie où les éleveurs profitent de conditions plus favorables. C’est en ce territoire qu’au fil de nos rencontres, nous resterons un à plusieurs jours chez des éleveurs.

    Tout au long de cette pérégrination de plus de 500 kilomètres, nous y verrons le passage de l’automne à l’hiver et peut-être aurons-nous la chance de participer à la migration d’un éleveur. Portant notre tente et notre réchaud, nous ne dépendrons pas des nomades mais, avec plaisir, nous les laisserons nous inviter sous leur yourte quand l’occasion se présentera. Malgré le froid, la vie continue dans les steppes: à travers des rencontres d’autant plus intenses, nous voulons observer, ouvrir tous nos sens afin d’apprendre comment s’adapter à ses conditions extrêmes. Curieux, nous apprendrons les gestes quotidiens, les imiterons, participerons à la vie sous la yourte. Un seul regard pourra nous entraîner à nous écarter de notre itinéraire pour mieux y revenir, une seule rencontre peut engendrer une pause un peu plus longue au milieu de la steppe en partageant du fromage séché avec un cavalier de passage.

    Enfin, nous rentrerons doucement à Ulaanbaator en novembre, après deux mois d’itinérance à travers la steppe mongole pendant que l’hiver qui s’y installe.


PHASE 2 : Transect Mongolie --Chine - Tibet - Népal - Ladakh (décembre 2007 / février 2008)

    Depuis Ulaanbaator en transports locaux, nous gagnerons Lhassa. Nous permettant un détour, nous irons vraisemblablement marcher sur les chemins des pèlerins du Mont Kailash.

    Puis, nous atteindrons Kathmandu, à la période de Noël, puis l’Inde et enfin le Ladakh. Nous aimerions gagner Padum et emprunter le Zanskar gelé pour rejoindre Nimu, dans la vallée de l'Indus où se situe Leh, la capital du Ladakh. Mais en fonction des précipitations, les routes sont régulièrement coupées de mi-octobre à mi-mai, et les hautes vallées himalayennes du Zanskar et du Ladakh sont alors accessibles uniquement par la voie aérienne. Nous serons donc peut être dans l’obligation de prendre un vol Delhi-Leh pour atteindre le « petit Tibet » indien.

    Accueillis par la famille ladakhie qui avait logé Vidian (et son cousin Jean Baptiste) en 2004, nous nous acclimaterons patiemment à l’altitude en faisant des escapades dans la ville de Leh et ses contreforts. Avec cette famille commerçante de Leh, nous partagerons des moments privilégiés de ce qu’est la vie en plein hiver, lorsque la vie économique est largement ralentie. Puis par des treks de plus en plus moins longs, nous aurons l'opportunité de peaufiner notre acclimatation, de comprendre le mode de vie rural et de participer aux tâches quotidiennes avec des familles rurales installées à Phyang. Nous découvrirons ainsi la vie des familles en plein coeur de l’hiver. Il nous faudra s'adapter à des extrêmes climatiques pour partager la rude vie hivernale de ces montagnards himalayens.

    Rattrapés rapidement par notre instinct nomade, nous nous remettrons en marche afin de rejoindre la vallée de la Nubra, via le Khardung La, col carrossable (en été !) le plus haut du monde (5578m). Nous rendrons visite à  Palden Lobsang, directeur de la Lamdon Model School de Diskit. La Vallée Interdite de la Nubra est le confluent de deux rivières : la Nubra et la Shyok, toutes deux issues des glaciers qui descendent du K2 (2e sommet du monde). De petits déserts de pierres ou de sable se présentent dans le talweg, peuplés des magnifiques chameaux de Bactriane. Après s’être adaptés à la vie hivernale des écoliers dans leur internat, nous irons affronter humblement les températures les plus froides de ce périple. Portés par les conseils de Palden, nous partirons pendant plus de 40 jours à la rencontre des éleveurs de Yack et de chèvres pashmina. Avec un climat si rigoureux et une terre si aride, l'homme ne peut survivre que grâce au yack, le seul animal à pouvoir vivre aussi haut et passer l'hiver sans eau et presque sans nourriture.

    C’est ainsi qu’en suivant la rivière Shyok, nous cheminerons vers le Panggong Lake. Une longue marche d’altitude, d’une lenteur rythmée par le manque d’oxygène. Fonctionnant en autonomie, nous nous aiderons des villages traversés pour nous ravitailler en nourriture, et partager la chaleur d’un thé au beurre de yack ou un peu de tsampa. L’itinérance, qui contraint à une vie dépouillée, nous permettra de nous rapprocher des éleveurs. Toujours armés d’une boussole et de nos cartes ladakhies à la précision probablement douteuse, nous évoluerons en fonction des massifs montagneux et rivières que nous côtoierons, se repérant au relief et au gré de nos rencontres. Les conditions seront difficiles. Mais l'épreuve des kilomètres, l'altitude, le froid qui mord la peau, le soleil qui brûle les visages seront bien vite oubliés grâce à un sourire croisé ou un simple regard autour d’un tchai !

    Puis, nous nous élèverons sur les hauts plateaux du Rupshu (4500m), région du Changthang située au sud-est du Ladakh, à la rencontre des nomades et semi-nomades himalayens Changpa. Sur cet immense territoire, les nomades arpentent les hauts plateaux, se déplaçant au gré des pâturages et des saisons, accompagnés de leur troupeau de yacks, de chèvres et de moutons. En bordure du plateau, comme dans les hautes vallées de Markha ou de Tsarap, des transhumants venant des villages de ces vallées semblent présents.

    À l’image de notre long périple en Mongolie, nous migrerons au gré des campements pour partager une tranche de vie avec ces nomades éleveurs, comprendre leurs techniques agro-pastorales et surtout leur extraordinaire adaptation au froid. Ainsi, nous n’hésiterons pas à suivre leurs conseils tout au long de ces 40 jours de marche. Notre vagabondage nous entraînera jusqu’au Tso Kar lake puis le Tso Moriri Lake, où nous croiserons peut-être la même tribu qu’avait rencontrée Vidian en septembre 2004. Puis les rives de l’Indus nous reconduiront jusqu’à Leh, où nous aurons la joie de retrouver notre famille ladakhie.


PHASE 3 : Transect Ladakh - France (fin février / mars / début avril 2008)

    Enfin, nous ne concevons pas de rentrer en avion après une telle aventure. Le chemin du retour suivra un itinéraire dicté par les rencontres, le contexte politique du moment, par la voie terrestre ou pourquoi pas maritime. En stop et transports locaux, à travers le Moyen Orient, les Balkans puis l’Europe centrale, nous marcherons le plus souvent, le pouce haut, guettant la bonne âme, pour monter sur un camion ou dans une voiture. Le Pakistan, puis l’Iran nous ferons réfléchir sur les multiples chemins de la route de la soie, la Turquie sur son entrée possible dans l’Union Européenne, puis les pays méditerranéens et la France, sur le retour lui-même, après un périple de 8 mois.