14 janvier 2008
Inde: on se la joue touristes!
Namaste a tous (n'oubliez pas de joindre les mains au niveau de votre visage)
Lundi 31 decembre 2007, 21h. Fatigues par des dizaines d'heures de bus (nous arrivons du Nepal), nous deambulons dans la ville sainte de Varanasi (Benares) avant de finalemnent trouver les parents d'Armelle dans une chouette guest house donnant sur le Gange. Nous nous affalons autour d'une bonne biere (morbleu! que c'est bon toutes ces petites bulles qui courent sur la langue!) et tentons de raconter nos differentes aventures respectives. Nous disons bien "tenter" car la soiree s'annonce en musique, et le plafond sonore nous explose la tete. Derriere nous, un couple de danseurs frenetiques s'execute au son de la citare et des tablas. Nos oreilles tremblent comme des caissons de basse. Notre peau colle joyeusement. Nous sommes en tres bonne compagnie. Tout va bien. Un curry plus tard, l'heure fatidique approche. Et c'est avec quelques minutes d'avance, les indiens ne tenant plus, que de gros petards nous annoncent le passage a la nouvelle annee. Des CDs prennent le relais et dans un bazarre musical fantastique, un gros gateaux cremeux et multicolore nous est servi...C'est genial. L'ambiance est terrible. Les indiens font partir des fusees eclairantes et autres artifices dans de vieilles bouteilles de coca et bien sur font eclater une longue serie de petards, avant de se mettre a danser au son de Britney Spears! Nous sommes plutot "racles" et partons a notre modeste guest house dormir un peu. Une surprise nous attend. Les reservations, pretendues verifiees par l'hotel ou nous avons fete le reveillon, sont fictives et nous voila a 1h du matin avec une petite chambre double pour 4 personnes. Nous dormirons donc tous sur le lit double. Un grand moment familial! L'annee commence sur les chapeaux de roue!
Benares ou la cacophonie. Fraichement (ou pas!) debarques de Kathmandu, l'Inde nous saute aux yeux, a la gorge, aux pieds. Regarder le ballet des barques sur le Gange, s'etouffer dans la circulation incroyable de la ville, eviter les bouses de vaches qui fleurissent a tout les coins de rue...Un spectacle incroyable. Commencent alors 12 jours de tourisme comme nous n'avons jamais fait. Nous suivons le "Routard" presque a la lettre, notre premier guide depuis 4 mois.
"Faire les touristes" est une nouvelle aventure pour nous et nous tentons de faire de notre mieux pour respecter le guide franchouillard. Nous nous promenons ainsi sur les ghats, ces longs gradins de marches qui plongent dans le Gange, dont les hindous acceptent qu'on qualifie l'eau de "sale", mais pas de "impure"!. Les feux des cremations sont assez prenants. En suivant notre "ami" machant le betel (tout les indins se proclament nos amis et veulent nous aider!!), nous prenons de la hauteur sur le toit d'un batiment et observons le rite des cremations. Les hommes sont les seuls acceptes sur le site (les femmes pleureraient, ca derangerait). Un homme de la famille du defunt doit alors se faire raser la tete et la barbe, puis se purifier en se lavant dans le Gange, avant de revenir allumer le feu sous la depouille. Comme vous le savez, l'organisation sociale indienne suit l'ordre des castes. L'une d'elles s'occupe exclusivement de ces cremations. 200 a 350 personnes sont incineres ici chaque jour. L'odeur y est particuliere et l'atmosphere pesante. Une vieille femme attend la, patiemment. Au moment de repartir, l'"ami" nous explique que cette femme doit acheter du bois pour sa propre cremation mais qu'elle est sans le sous. Premiere piece ou billet d'une longue serie. Nous descendons d'un niveau et ecoutons sagement les conseils de notre fidele ami indien. Les saddhus (precisement des "illumines", des genres de pretres hindous vivant de l'aumone) ainsi que les enfants de moins de 12 ans, et d'autres, ne doivent pas etre brules. Ils sont alors lestes de pierres et jetes dans le Gange. Pur vous avez dit? Nous repartons quand notre "guide" reclame quelques deniers. Tout est normal selon le Routard, heureusement! Pas toujours envie de s'attarder sur cette partie des ghats, neanmoins. Nous reprenons notre marche.
Des vaches, zebus (a bosse) et autres buffles se pavanent sur les marches, posent une bouse esthetique ou machouille un bout de carton avec un air dedaigneux. Odeurs d'etable. Hop 5 roupies pour le saddhu! Une photo? Roupies roupies...Bien savoir prendre une photo sans se faire taxer peut se reveler etre un art. Oh les mignons petits enfants! Bonjour, Namaste. "hello money!" Ah oui, ok, ben non quand meme! Quitter les ghats, prendre a gauche, remonter les marches, eviter un chien qui dort et une biquette qui mache, prendre la ruelle, pouet pouet!, laisser passer la moto, oiitch ladlabala! eviter de se faire ecraser par une petite charette, suivre le mur bleu et entrer sous la petite porte sombre. Nous voici dans l'antre de la fabrication de la soie. En vrai buisinessman, le patron de 25 ans (affaire familiale oblige), nous fait assoir pieds nus sur un immense matelas en guise de parquet. Il fait coulisser doucement un pan de bois recouvert de soiries et ferme ainsi la piece. Vase clos. Grand deballage. Avec un geste de prince, il lance devant nous de superbes pieces de soie. Nous jetons notre devolue sur les etolles. Un bon Tchai (the au lait sucre) nous est offert sur un plateau. L'ambiance est feutree, le patron parle doucement et la soie glisse avec volupte. C'est le genre de moment ou vous pourriez rester des heures a regarder le ballet des chales, comme berce par une musique inaudible mais irresistible. Avec Bruno, surnomme "Papa" par tout les indiens rencontres, nous tentons de donner notre avis a nos femmes, qui ont les yeux ecarquilles par tant de beaute. "Celui est pas mal", "jolie couleur" "super les reflets". Et Armelle qui rajoute "Ah non, celui la n'ira pas avec son rouge a levre". Nous ne pouvons pas lutter face a ses considerations qui nous depassent. Tres bon moment. Le patron est exquis, il m'insiste pas, reste discret et sort toutes les pieces sans vergogne. Derriere lui, des petites mains les replient consencieusement. Encore un petit tchai apporte sur un plateau. nous restons bien 3h et finissons par choisir de belles soiries, a un prix imbattable. Des idees de buisiness fleurissent dans nos tetes, et le patron nous explique comment payer moins de taxe...si c'est pas magnifique!
Nous marchons beaucoup, mais aimons discuter aussi les prix des rickshaws. Ces velos a trois roues, dont la selle trop haute entraine le cycliste dans d'invraisemblables contorsions, permettent de parcourir des distances modestes a travers une foule qui semble incompressible. Pourtant, la dexterite du pilote et sa voix nous ouvre le chemin. Il est vrai que nous avons tendance a trouver ca assez rabaissant mais l'argent que nous lui donnons est celui qui lui permet de vivre et les indiens utilisent beaucoup ce mode de transport, tres bon marche. Bruno nous fait plaisir en choisissant de supers restaurants indiens dont les plats y sont tres fins. Un regal. Compares a la France, les prix sont tres interessants mais notre budget de voyageurs au long cours ne nous permettaient pas de courir ces palaces gustatifs. Du coup, on en profite au maximum...nos jours sont comptes et notre programme nutritif aussi! Un soir, nous partons observer la ceremonie des lumieres, sur le ghat principal. Sur le roulement des percussions et des trompes, de nombreux lumignons sont alors poses a fleurs d'eau, le Gange s'illuminant de multiples flameches. Magnifique!
6h, nous clignons des yeux en cherchant notre petit bonhomme sur les ghats. Le soleil ne daigne pas encore se lever. C'est une aubaine que nous allons saisir. Tout endormis, nous embarquons a bord d'une petite barque de bois. Nous glissons sur le Gange. Aucun cadavre ni corps de vache a l'horizon. Nous glissons sur le bouillon de cultures qu'est le fleuve sacre et observons le reveil de la ville. Des laveurs s'ereintent deja a tordre le linge, les mollets dans l'eau. D'autres hommes se lavent energiquement. Ils sont presque nus. Nous sommes en polaires. Nous grelottons. Il y a un truc qui cloche. Un buffle se fait laver par son maitre. Des chiens se courent apres sur les marches. Peu a peu, des barques chargees de touristes se melent au ballet aquatique. Des asiatiques, un masque blanc sur la bouche et le nez, mitraillent au numerique, tuant tout le charme. Un mort se fait laver au bord de l'eau dans une raideur cadaverique. Nous gagnons le milieu du fleuve. Ce contact si proche avec la mort est etrange. Le soleil sort de la nuit et lance ses premiers rayons sur la ville sacre. C'est juste beau. Nous naviguons encore quelques minutes, notre rameur faisant la course avec ses acolytes, et prenons pieds a terre. Un gros petit dejeuner nous requinque completement.
Varanasi nous a ouvert les yeux sur l'Inde, apres notre sejour au Nepal. Nous avons ete conquis. Mais c'est l'heure de poursuivre notre route vers l'ouest (toujours a l'ouest!), en train pour gagner Kajuraho. Haut lieu touristique, nous logeons dans l'hotel d'un maitre yogi sympathique. Notre idee est de se ballader dans la vieille ville. Quelle fut pas notre surprise de se voir alpaguer tres rapidement par un groupe de jeunes etudiants qui nous debitent des informations sur leur village a un rythme hallucinant, n'oubliant pas de nous flatter tour a tour. Coup d'oeil, coup de coude, les gars sont organises. Cela nous fait rire doucement, nous n'avons rien demande. Armelle se fait largement draguer pendant qu'un autre tient la jambe de Vidian en lui expliquant la vie. Au detour d'une ruelle, nous sommes fortement incites a rentrer dans une ecole. Flairant le piege et prevenus par un voyageur francais croise dans la rue, nous esquivons. Les gars ne sont pas tres heureux. Un des leurs propose a Vidian de l'herbe, celle qui permet de voir la quatrieme dimension. Nous nous eloignons du village et peu a peu, nos "amis" nous quittent, tout en demandant leur salaire...Nous les avions prevenus, nous ne donnerons rien, malgre leurs jolis clin d'oeil et leurs "you are beautifull"!

Le lendemain, Bruno est malade. Nous le laissons a ses bookins politiques (!) et partons a la decouverte des temples de Kajuraho. Vous n'en avez pas entendu parler? Ils sont celebres pour leurs fresques erotiques ayant inspire le desormais celebre Kamasutra. Les amateurs seront decus, les temples ne sont pas recouverts entierement de fresques intimes. Il s'agit la d'une quete, d'une fine recherche a travers les encorbellements et les innombrables sculpture d'animaux et autres elephants qui portent chance. Nous arpentons le superbe parc arbore ou s'elevent des temples en pierres magnifiques. Pieds nus ou en chaussettes, nous scrutons chaque face des monuments a la decouverte des elucubrations erotiques. Un bon francais, le Routard nous explique comment les denicher et part dans de vastes explications, n'hesitant pas a prevenir que quelques-uns de ces mouvements ne peuvent se faire sans un gros travail preparatoire de yoga...Vous jugerez par vous meme!! De nombreux vendeurs nous exhibent leur livres de photos et leur Kamasutra illustres. Chacun de nos mouvements fait l'objet d'une pluie de question et d'invitations a entrer dans les magasins. "Just have look, no buy!" Nous ne jetterons malheureusement meme pas un oeil aux figurines de faux bronze qui ornent leur vitrine. Souvent, une question revient: notre nationalite, Notre reponse se voit alors systematiquement agremente d'un "good country" (bon pays). Quelle ne fut par l'erreur de Vidian de poser un jour la question que tout chauffeur de vehicule doit redouter: mais quel pays n'est pas un bon pays? Le chauffeur, dans une panique palpable, nous montra rapidement un monument et passa a une autre question basique. Ouf!
Nous repartons de Kajuraho en bus local. Direction Orchha. Un depart aleatoire, un arret sans fin dans une ville inconnue et notre arret definitif au beau milieu d'une route. Bien. Nous sommes a 12km d'Orchaa. Il fait nuit. Armelle et Vidian partent a la recherche d'une eventuelle voiture quand un auto-rickshaw providentiel s'arrete a cote de nous. Il est plein d'indiens. Imaginez un vespa a trois roues, surmonte d'une capote en plastique noire et jaune et d'un banc a l'arriere, auquel vous ajoutez un pot d'echappement tonitruant! Il nous propose de nous emmener. Croyant avoir mal compris, nous le faisons repeter. Oui, oui, c'est bien ca! Mais tout les bagages ne vont pas passer. "No prrroblem sirrrr!!" Incredible India. Les sacs de voyage en partie sur le toit, nous filons. Un bref comptage nous evalue la teneur humaine a 14 personnes! Un melange de bras, de jambes et de bout de sacs depassent allegrement de la frele carcasse. Les mecs se marrent. L'ambiance est geniale. Notre arrivee libere nos membres ankyloses. Le lendemain, nous partons a l'assault des temples, anciens palais de maharajas. Nous nous delectons des fines sculptures de pierres ciselees a merveille et tentons d'imaginer la vie fastueuse de l'epoque.
Moins oppressante que Kajuraho, la ville d'Orchha nous apparait plus calme, plus agreable en fait. Nous resterons ainsi 3 jours a nous ballader au rythme de nos envies. L'achat de bracelets en verre par Isabelle, aussi surnomme Mama par les indiens, et Armelle est un bon moment. Les colliers tintent et la grosse indienne aux yeux d'enfant masse doucement les mains pour enfiler les bracelets. Elles repartiront dans un eclat de rire, un bindi sur le front et des joncs de verre plein les poignets.
Petite anecdote: Comment se faire lacher les baskets par un gars collant qui nous suit en courant et veut nous vendre de la camelotte (by Bruno):
" - Sirrr, sirrr, have a look please! Berrry berrry good prrrice forrr you! No tourrrist prrrice!
- But we are tourists!
- ??? "
Nous reprenons le meme auto-rickshaw pour repartir et nous faire deposer a Jhansi, ou nous prenons le train pour Agra. Le train est un condense de la culture indienne. Le spectacle est fantastique. Le jeu des porteurs en chemise rouge sur le quai, le tournoiement des vendeurs a la sauvette, les partie de courses des enfants, les lamentations des mendiants quemandant une petite piece. Dans le train, c'est la liberte totale. Les fenetres a barreaux (afin d'eviter que les gens puissent entrer par les fenetres!) sont ouvertes, tout comme les portes qui claquent en fonction du balancement du wagon. Les parents d'Armelle realisent alors a quel point la vie est controlee en France et le nombre des interdits grandissant . Nous pensions nous faire sauter dessus a l'arrivee, mais une horde presque rangee de chauffeurs de tout vehicule nous propose leur tarif. Bruno fait baisser les encheres, s'amusant a confronter les prix des differents protagonistes. Un pilote de taxi gagne la partie. Tout fier, il nous conduit a travers la ville et nous pose a quelques dizaine de metres de notre guest house. Le lendemain, le Fort Rouge d'Agra nous seduit. Des marbres somptueux, des decorations incroyables, et un joli point de vue sur le Taj Mahal, de l'autre cote du fleuve Yamuna. Le Papa et la Mama ont besoin de faire du change. C'est un grand moment que nous allons vivre dans l'enceinte de la State Bank of India. L'inextricable bureaucratie indienne nous retiendra une bonne heure pour recolter, a un mauvais taux, quelques malheureuses roupies!
Le Baby Taj nous apparaitra encore plus beau sous le soleil couchant. 5h45, nous quittons l'hotel pour le Taj Mahal. RDV avec la brume. Nous stoppons avaler un cafe chez Joney's, un fabuleux petit boui boui dont la minuscule cuisine fait pourtant des merveilles. En parlant de beaute, nous tentons d'oublier le prix prohibitif de ce monument pour nous concentrer sur le mausolee qui semble flotter dans les vapeurs matinales. Une foule deja dense se presse pour la photo. L'absence de lumiere oblige a de nombreux reglages et des soupirs laissant entendre "j'arriverai jamais a prendre correctement ce que je vois"... Un roi moghol, dont la defunte epouse lui cause beaucoup de chagrin, aurait choisi un architecte perse et tue sa fiancee. Ayant compris la douleur qu'eprouvait le roi, il concut alors l'un des plus beaux edifice du monde. Nous nous regalons a observer les couleurs changeantes du lever du jour, qui se refletent differemment sur les faces du mausolee. Des moucharabiers de marbres, des incrustations de pierres semi-precieuses, le Taj Mahal represente un travail epoustouflant. Nous observons egalement le jeu des touristes, qui cherchent a prendre LA photo, et surtout le flair des indiens dont le business est de contraindre les touristes a se faire prendre en photo par eux et de se faire remunerer pour cette idee lumineuse. Assurement, le Taj Mahal serait moins rigolo sans ses touristes!
Nous venons de quitter les parents d'Armelle, qui partageait notre quotidien depuis 12 jours...Nous avons fait les touristes comme nous avons jamais fait: Benares, les temples de Kajuraho et d'Orchaa, Agra et son Taj Mahal...et puis de la bonne "bouffe", des fringues qui changent...Nous avons depuis rejoint Delhi qui s'avere etre au premier abord une ville plutot agreable. Nous arpentons les rues dans notre style tres europeen grace a Isa et Bruno qui nous ont apporte temporairement quelques vetements qui nous changent de nos affaires de montagnes. Nous contrastons avec tous ces babas fous de l'Inde qui batifolent aux terrasses des cafes! Au bout de 2 mois et demi serons-nous comme eux? Les parents viennent de partir il y a quelques jours, en nous laissant dans la gorge une petite impression d'abandon quand meme...Et en plus ils se sont echappes avec le saucisson les bougres !! (C'est de notre faute). Mais nous n'avons pas le temps d'y penser, car nous preparons activement notre montee vers l'Himalaya, au Ladakh, qui risque d'etre tres perilleuse...M'enfin, comme dirait Gaston, on y croit, c'est l'aventure!!
On vous tient tres rapidement au courant de nos projets...et on essayera d'ajouter une carte, pour que vous visualisiez un peu. Un cours de geographie en prime, quelle aubaine!
On vous embrasse bien fort d'Inde et lisons toujours vos mails avec grand appetit.
Armelle et Vidian
29 décembre 2007
Vacances de Noel (!!)
Namaste !
Tout d'abord, le traditionnel Noyeux Joel et Bonne Annee a tous, un peu en retard, on vous l'accorde! Le temps n'a plus d'importance ici, a Kathmandu, ou flotte cette "savoureuse" odeur de tourbe fumee... Apres notre traversee epique du Tibet, nous avons pu retrouver avec plaisir nos amis de l'"Odyssee Orientale", fraichement debarques de leur Lhassa-Kathmandu a velo. Une sacree epopee aussi!!
Premiere operation essentielle: nos visas indiens. L'affaire semble compliquee, en raisons d'un grand nombre de routards qui prennent la meme direction. Mais nous avons de bons tuyaux. 4h30 du matin, le 24 decembre 2007. La montre s'evertue a nous alarmer la tronche. Nous nous levons peniblement et deambulons dans les rues. Quelques nepalais sont regroupes autour de petits feux. L'ambassade d'Inde n'est pas loin et l'officier de garde nous accueille d'un grand sourire. "Vous n'etes pas les premiers!" nous lance-t-il en nous tendant le numero 24 et 25. Ces tickets providentiels nous permettront a 9h30 de passer devant les "non au courant de la technique"...eh eh eh!! Apres quelques heures de sommeil, nous partons a l'assault de la bureaucratie indienne. Apres 3h d'attente et de discutions passionnees, nous avons notre sesame: un petit bout de papier dont la date nous fait exulter. C'est une "invitation" a venir chercher notre visa le 28 decembre. Impeccable, car nous nous devons d'etre a Benares, en Inde, le 31 decembre. Le timing est parfait, nous partons avaler un bon "vegetable fried rice", le dernier avant un bon moment!
Nous nous organisons alors rapidement pour feter Noel dignement. En bons francais, nous attaquons par un bon apero dans un bistrot fort sympathique. L'ouverture des cadeaux est toujours un grand moment: pantalon de "babas", chemise de "cool", carnet de notes "roots". Un de nos comperes, touche par une dysentrie problematique, peine a se mouvoir pour l'embrassade traditionnelle! Nous comprenons et levons nos verres! (il sourit le pauvre bougre, c'est le seul geste qu'il s'accorde!!). Apres quelques bieres, nous partons diner. L'ami va mieux et nous attaquons tous nos steacks a pleines dents. Vidian recoit le sien flambe au brandy...grand show!! Les bieres coulent dans nos gosiers, nos papilles s'eclatent, nos yeux petillent...c'est la fete!! De la viande tendre, des frites, de la salade et meme un dessert, nous ne nous refusons rien. Nous profitons de chaque moment, rigolons avec le serveur...sacree ambiance!
Puis, a defaut de Puja de minuit, et bien fatigues par notre excursion nocturne a l'ambassade d'Inde, nous tanguons un instant dans les rues avant de sombrer dans les bras de Morphee, un grand sourire visse aux levres. Le lendemain matin, nous poursuivons notre Noel nepalais. Dans un petit resto sympa, nous commendons de fastueux petit-dejeuners: pain grille, oeuf, patate, saucisse, crepe, cafe, fromage blanc...Ca fait tellement de bien de craquer! Nous en ressortons le ventre bien tendu, le meme sourire beat colle sur le visage.
Nos journees suivantes suivent le rythme de nos repas, et nos retards en terme de courrier et de nouvelles. Nous habitons dans le quartier touristique du "Thamel", et commencons a savoir esquiver les vendeurs ambulants. Un soir, notre soif d'aventure est trop forte, nous decidons de louer des motos et de filer vers le parc national du Langtang. Le temps de s'organiser et de convaincre un dernier compagnon de route, nous partons le lendemain. Le depart de chez le loueur est pittoresque. Vidian est le seul a avoir son permis moto. Quatre becanes, le meme nombre de barbes, cinq humanoides aux lunettes noires, quelques grammes de sac de couchages. Nous slalomons entre les voitures, les camions, les vaches, les velos, les chiens, les passants, en klaxonnant comme des nepalais, c'est a dire a tout rompre! Voila un peu de calme et nous nous enfoncons dans les meandres d'une petite route humide dans la brume. Atmosphere mystique. Bruit feutre. Puis tout-a-coup, le soleil dechire les nuage et nous voici sur un ruban d'asphalte accroche a la montagne et qui serpente dangeureusement. Chacun prend ses aises, se double, fait rugir le moteur, rate une vitesse, rigole (attention aux insectes quand meme!). La chute, disons une belle glissade, d'un compagnon de route freine en temps nos ardeurs. Apres le pittoresque village de Trisuli, nous abordons une piste en terre defoncee, avec passage de riviere. Le nez en l'air a observer le travail des champs, a l'ancienne avec des buffles et une charrue en bois, nous tressautons sur chaque rocher. Nous nous faisons rattraper par des bus grouillant de monde. Vexes, nous passons la seconde et tentons de les semer, avant de comprendre qu'ils sont plus rapides et surtout plus costauds que nos petites 150cc. C'est la vie! Beaux joueurs, nous les laissons passer en rigolant.
Notre objectif etait de rallier le parc naturel et ses fameux sommets a 7000...mais le prix d'entree dans le sanctuaire et la route pourrie nous fait hesiter. La pause dans un petit village en terre a fleur de coteau est providentielle. Apres un bon petit the sucre, nous sommes inviter a passer la nuit la. Tout heureux de rester avec des Nepalais, dans leur village tout mignon, nous acceptons de bon coeur et partons nous ballader. Des enfants nous sautent dessus, se pendent a nos bras, deviennent fous lorsque Armelle sort l'appareil photo, ou ils peuvent se voir faire des grimaces.
Les pieds dans le vide, dos a la montagne, nous laissons le soleil se coucher en bavardant tranquillement. Un bon dhal-bat plus tard (plateau de riz agremente de lentilles), nous discutons avec Krishna, l'infirmier du bled. Un heros ici. Il est tres fier de parler avec nous et nous nous marrons bien. 8h30, c'est l'heure de dormir. Ah, bon! Nous suivons Sunauli, le petit bonhomme du magasin, qui nous accueille chez lui pour la nuit. Reprendre le chemin en terre, prendre a droite apres la source, contourner la vache, suivre un petit ruisseau, passer contre le mur, aie! une marche en argile!, oublier le veau qui gueule. Ah ben non, une loupiotte s'allume, le veau est dans la maison, tout va bien! A l'etage de la maison de terre rouge, une petite piece nous ouvre ses portes. Apres de longs palabres avec nos autres, parfois avec un sens bien cache et souvent bien cocasses, nous finissons par ceder a la joie de nous allonger dans nos sacs de couchage. Nuit excellente.
Reveil tranquille. Une mer de brume recouvre la vallee inferieure, c'est magnifique. Hier soir, nous avons ete "invites" a garer nos motos sous un auvent, derriere notre QG (le petit magasin), entre un potager et une rangee de pierres. Cela avait ete un grand moment. Ce matin, apres un bon cafe au lait, le jeu est de les sortir. Tout le village est la pour nous observer et nous aider. C'est genial. Nous sommes prets a enfourcher nos becanes quand on nous sert un bon dhal-bat. Il est 10h00! Nous sommes coinces et leur sourire est trop beau, nous ne pouvons refuser. Et bien vous n'allez pas le croire mais finalement, il est tres bien passe!! Nous prenons le temps de dire au revoir a toute la communaute, faisons vrombir nos machines, et partons en rue libre dans la descente de terre. Le jeu: celui qui trouve la meilleur trajectoire en evitant les pierres mais sans se trainer en queue de file. Marrant. Sunauli est a califourchon sur la moto de Renaud. Il doit faire des courses a Trisuli. Il est sympa se gamin, avec sa bonne bouille et son demi-sourire. Nous connaissons la route et nous nous jouons de chaque virage, de chaque caillou. Apres Trisuli, Armelle fait son entree sur la piste en tant que pilote. Avec un gros Vidian et son sac a dos derriere elle, Armelle se surpasse et roule tranquille. Elle a la classe cette petite!! Elle roule, se tape un sprint en pleine ligne droite, ignorant les vaches qui broutent dans le fosse. Elle a confiance et enchaine les kilometres. Toute seule, Armelle poursuivra a nous surprendre, en doublant les camions...avant de nous confier qu'elle paniquait parfois au passage des bus, et confondait le frein et l'embraiyage! Elle est mignone! Une grande pause sur un promontoire nous laisse le temps d'une legere somnolence au soleil. Un delice. L'arrivee dans la capitale nepalaise est un regal. Vidian s'eclate a slalomer entre les vehicules, a doubler par la droite et la gauche, a klaxonner, a forcer le passage. Tourner a droite, prendre la venelle, passer les dernieres vaches et s'arreter devant le loueur. Terminus, tout le monde descend!
Les jours suivants nous ont permis de continuer a nous reposer, a rigoler avec nos comperes francais, a nous ballader au gre de nos envies dans la ville, et de visiter les quelques echoppes a touristes. Point de visite officielle, hormis un joli stupa blanc et or, sorte de dome erige en la gloire de Bouddha. Meme pas de mauvaise conscience. Nous profitons simplement de Kathmandu...et puis nous pensons bien revenir un jour!
6h20, le reveil sonne le jour du depart. Difficile. Nous gagnerons Varanasi, en Inde, en bus local, comme d'hab'. Ce dernier partira a l'heure, O surprise!! Tout heureux, nous comptons sur deux jours de voyage et esperons bien etre le 31 decembre dans la ville sainte indienne. 80km plus tard, un ralentissement. Surement un check point. Une file de bus et de camions multicolors s'allonge d'heure en heure. Nous resterons ainsi pendant 11h...Notre moral n'est pas au top quand a 22h, notre chauffeur rentre dans le vehicule dans une frenesie peu habituelle! Il demarre finalement en trombe, depasse un paquets de bahuts, et file a toute allure: on est tires d'affaire. Il roulera ainsi toute la nuit pour nous deposer a la frontiere indienne a l'aube. Une brume epaisse et humide donne a notre passage de frontiere une atmosphere etrange. Bye bye Nepal, ou plutot See you soon! Le visa tamponne, nous realisons qu'il ne nous reste plus assez de sous pour prendre le bus. Confiants en notre bonne etoile, nous nous laissons rabattre vers un bus a touristes. Nous sommes les premiers. Le rabatteur nous fait une fleur et nous donne deux tickets (pour 300 roupies chacun, au lieu de 450), nous laissant meme 50 Roupies pour dejeuner. Yalla! Deux tibetains habitant au Nepal, puis trois chinoises, deux coreens et deux australiens debarquent. Notre rabatteur appelle alors Armelle a la rescousse pour convaincre 5 autres etrangers que le bus est super et que nous avons paye 450 roupies (grosse blague). Armelle est tres forte, et les touristes acceptent. Nous devenons ainsi les proteges de notre rabatteur: the au lait, paquet de gateaux, chips...Il explique avant le depart au chauffeur que la nourriture est gratuite pour nous aujourd'hui. Nous dejeunerons au frais de la princesse!! Sacre experience d'etre complices de locaux dans leur business avec les touristes...
Apres une sacre journee de bus, nous rentrons dans la ville sainte de Varanasi (Benares). La vie grouille, ca crie, ca chante, ca tousse, ca crache, ca siffle...Incroyable! Apres le "calme" de Kathmandu, nous hallucinons un peu. Nous retrouvons la joie d'un trajet en auto-rickshaw avant de s'enfoncer dans la maree humaine qui recouvre les ghats, ces longues series de marche qui plonge dans le Gange. Nous sommes, le 31 decembre, chaque guest house deborde de musique et de lumiere. Il fait chaud, une sensation que nous n'avons pas connu depuis longtemps. Sac au dos, nous deambulons sur les ghats, a la recherche de la bonne guest house. Nous tombons rapidement sur de grands feux. C'est chouette. Nous realisons alors que ce sont des cremations a ciel ouvert... Nous sommes finalement accueillis a l'hotel par un gentil indien, et, fatigues, sommes heureux de retrouver les parents d'Armelle, venus de France nous rejoindre. Nous recuperons autour d'un bon verre. Quelques danses, quelques chants puis des petards (pas les memes que ceux que l'on nous propose souvent a Kathmandu...) nous annoncent le passage a l'an 2008. Bonne Annee!!
Armelle et Vidian
23 décembre 2007
Tibet
Tashidelek everybody !!
Suite a notre entree en catimini au Tibet, nous avons passe quelques jours a nous emmerveiller. Plein les mirettes! Plein les oreilles! Notre premier matin a Lhassa nous entraine dans les ruelles odorantes de la vieille cite tibetaine. Il faut preciser que depuis l'invasion des chinois dans les annees 1950 (dans le but de "civiliser" les tibetains), une ville moderne et grouillante pousse autour du Potala, a quelques pas de la ville d'origine. Nous deambulons tranquillement, entre les carcasses de yacks toutes fraiches, les grosses mottes de beurre (de yack), les petites echoppes vendant des pains sans levain et les inevitables echoppes a touristes. Eclabousses par tant de senteurs differentes, emoustilles par tout ces sourires qui fleurissent autour de nous, nous sommes tout guillerets! Nous sommes alors entraines sur la kora que tout les pelerins boudhistes foulent en recitant de mantras. Ce "sentier", qui emprunte les ruelles enserrant le temple de Jockang, voit defiler des milliers de croyants marchant dans le sens des aiguilles du temps. Il est incroyable de voir certains se jetter a plein ventre sur le sol, pour se prosterner de tout leur corps, toucher la terre de leur front, se relever, faire trois pas, et se relancer ventre a terre...le tout au milieu d'une foule tres dense.
Nous marchons au milieu de tous ces tibetains, croisant des regards intenses et des sourires simples. Curieux, beaucoup nous devisagent, viennent nous dire un petit bonjour, toujours en souriant. Un tibetain, c'est le sourire du bonheur. Vidian marchera meme avec un homme, bras dessus, bras dessous, en rigolant comme des gamins! Au terme de notre peregrination, nous atteignons le temple. L'ambiance y est extraordinaire. des centaines de tibetains, toutes ethnies confondues, se prosternent de tout leur long. Debout, les mains jointes au dessus de la tete, ils mettent genoux a terre et s'etendent sur le sol, parfois sur un matelas de fortune, souvent grace a des cales fixees aux mains. Ils repetent ce mouvement inlassablement pendant des heures. Incroyable. De vieilles femmes toutes ridees et aux regards profonds, fatiguees par ces exercices spirituels, font tournoyer leurs moulins a priere en buvant un the au beurre. D'autres pelerins lancent des cuilleres d'encens dans l'atre d'un petit chorten. Nous hallucinons de voir une devotion si intense. Nous restons la un moment, tous sens en alerte. De petits bebes pendouillent dans le dos de leur maman. Un vieil homme me fait un clin d'oeil. Une main calleuse egrenne un chapelet bouddhique. Cliquetis des colliers tibetains en corail. Vapeur d'encens qui tournoie. Bizarre impression d'etre completement saouls de couleurs et d'odeurs!
Un petit bonhomme nous interpelle en anglais. Ce tibetain haut comme trois pommes repond au "doux" nom de Popo. Ils nous entraine bientot dans les ruelles a la decouverte des petits temples caches dans les infractuosites de la cite. Souvent minuscules et emplis de l'odeur forte des lampes au beurre de yack, ils nous permettent de continuer doucement notre descente dans la culture tibetaine. La visite d'un atelier d'artiste nous subjugue. Des peintres travaillent avec des pigments naturels sur des toiles immenses et peignent des centaines de Bouddhas ou de magnifiques mandalas. D'autres soudent du cuivre pour mettre en forme des statues de Bouddha. C'est genial. Popo nous propose certaines de ses toiles...mais notre budget serre ne nous permet pas cet ecart. On reviendra!
Voila que la faim nous tenaille. "La, regarde Vidian, on dirait un petit boui-boui! - Tu crois? La vitrine opaque et la tenture dans l'encadrement de la porte?" On s'elance, leve d'une main le tissu faisant office de porte et tombons nez a nez avec une jolie tibetaine, un fichu sur la tete et un grand sourire aux levres. Elle nous sert le fameux Tcha Larmo, le the au lait sucre. Un delice qui fond dans la bouche et nous rechauffe.Et voici les Momos, ces raviolis a la viande de yack, qui ressemblent a s'y meprendre a nos Buzz mongols. Completement super bon!
Pendant trois jours, nous errons dans la cite, au gre de nos envies. Alors que nous cherchions de petits pains sans levain pour notre petit dej un matin, le "boulanger" (!) nous ouvre sa fabrique. Assis dans un coin de la piece (disons un couloir plutot), une tasse de tcha larmo a la main, nous assistons a la danse du pain. Malaxage, mise en boulette, aplatissage, tampon-moule et hop!, dans la poele, a petit feu. Nous en degustons quelques uns, bien au chaud dans la boutique. Les passants nous regardent eberlues "qu'est ce qu'ils font la ces zozos??" Le pied total ! Nous repartons le ventre chaud, sans avoir pu payer quelquechose! Nos journees sont rythmes par les siestes. Lhassa etant perchee a 3700m, nous devons nous acclimater doucement a l'altitude. Notre chambre est glaciale la nuit . Il faut dire que l'ajustement des fenetres n'est pas le fort des tibetains! Un carreau casse nous permet de nous sentir encore plus proche de la rue et de son desordre permanent. Bref, le soleil chauffant un peu la piece dans l'apres-midi, nous en profitons pour lire et dormir. Nous profitons aussi d'une soiree pour aller photographier le Potala de nuit. Cet edifice impressionnant qui domine la ville fut la derniere residence officielle de sa Saintete le 14eme Dalai Lama. Nous recroisons l'equipe de tele rencontree dans le train, qui continue son tournage pour l'emission "Les Nouveaux Explorateurs" sur Canal +.
Voila maintenant 10 jours que nous sommes sur la route. Apres Beijing, Pingyao et Xi'an en Chine, nous avons atteint Lhassa, qui nous plait enormement. Mais nos pieds nous demangent, nos epaules ont besoin de sentir la pression des sangles du sac a dos. Une certaine lassitude nous gagne peu a peu et l'envie irrepressible de quitter les villes, de se remettre en marche. Malgre la beaute et la richesse culturelle de la capitale tibetaine, notre volonte de nomadiser a nouveau est plus forte. C'est decide, nous partons dans deux jours pour Kathmandu.
La visite du monastere de Sera, a l'Ouest de Lhassa, nous permet de briser la "routine" de nos deambulations urbaines. Le monastere est immense, accroche a un flanc de montagne. De nombreux temples le composent, avec chacun leurs Bouddhas, leurs lampes a beurres et leurs pelerins se prosternant et glissant quelques billets entre les mains des statues. Cette visite nous fait du bien. Alors qu'on repart, des moines courent tous dans le meme sens. Guides par notre curiosite, nous les suivons et tombons alors dans un petit parc au sein du monastere. C'est l'heure de la recitation, exercice de memoire. Alors que certains revisent encore, un moinillon lance les hostilites. Tour a tour, les moines s'affrontent par duo. L'un assis ecoute l'autre, debout, qui lui assene de multiples questions. Une fausse reponse et voila ce dernier qui claque dans les mains, d'un geste precis et calcule. Partout des mains s'abattent. Il en pleut de tout les cotes. Nous observons eberlue cette gymnastique de l'esprit soumis a un exercice physique, parce que faut pas croire, les moines se defoncent en claquant les mains...et meme les pieds!!
7h30, nous embarquons a bord du bus pour Shigatse, premiere etape de notre periple pour rallier Kathmandu. Il fait encore noir mais la ville s'eveille. Des marchants se battent avec leurs tricycles pour achalander leur marchandises. Les tuk-tuks a velo helent les quelques passants noctambules. 8h30, le bus s'arrache dans un grondement monstrueux. Tout le monde crache dans la rue au Tibet. Le bus ne deroge pas a la regle: il roule sa grosse carcasse en expulsant violemment un gros crachat de fumee noire.
Cinq heures plus tard, arrives a Shigatse, nous degottons le bus pour Tingri. Mais le chauffeur fait des siennes et nous demande un prix exorbitant, arguant les problemes eventuels avec la police. Nous finissons par negocier un prix plus ou moins honnete et quittons la ville. Une vieille tibetaine sentant le beurre de yack nous assure qu'elle veut gagner aussi Tingri. La route est belle, sur des hauts plateaux desertiques. Nous arrivons de nuit. Beaucoup de monde descend du bus et, a moitie endormis, nous endossons nos sacs et partons a la recherche d'un lit. Une chambre glaciale au fond d'une cour pousserieuse nous accueil lugubrement. Le lendemain, nous nous levons bien avant le lever du soleil pour guetter une jeep qui se dirigerait vers Zanghmu. En effet, a partir de ce point, nous ne connaissons aucune liaison de bus officielle. Un quebecois, aussi perdu que nous, attend l'eventuel vehicule. Nous apprenons alors que nous ne sommes pas a Tingri mais a Shegar, soit a 60km de notre objectif initial. Super! A 13h, n'y tenant plus, nous partons en pick up vers Tingri. Nous ne serons pas a Kathmandu ce soir...Un vent violent leve des tempetes de sable. Nous passons le reste de l'apres midi dans ce triste village (voir photo ci-dessous), arretant chaque vehicule, chaque camion pour tenter de rallier la ville frontiere. Rien y fait. Deux bus partent pour Zanghmu en fin de journee, mais c'est sans compter leurs chauffeurs, chinois, qui nous demandent une somme exorbitante (400 yuans au lieu de 65!! 1euro= 10 yuans). Le soleil se couche sur l'Everest, dont nous voyons la pointe, maigre consolation.L'echec donne du sens a l'existence. C'est ainsi qu'on avance.
Le lendemain, apres une longue matinee d'attente, Vidian arrive a stopper une jeep. Les deux tibetains nous proposent de monter avec eux pour 280 yuans. "En avant poulette!!" Les chauffeurs sont adorables. Ils nous offrent des bouteilles d'eau puis des canettes Red Bull: vous savez, cette boisson a la testosterone de taureau!! On avale autant d'hormones que de kilometres. Des ruines de batiments en terre donnent un air de Western a notre chevauche motorisee. La piste est pourrie. Nous jubilons. Et bientot le premier col apparait. Nos deux tibetains stoppent et partent accrocher un superbe drapeau a priere, sous les frondaisons de leurs homologues. On a du bol, un vent a decorner les yacks egrennent nos prieres a une vitesse folle. Et nous voila a hurler notre joie a 5100m en disseminant des Lontas, ces petits carres de papiers a prieres.
La piste devient de plus en plus chaotique, se creusant pour former une tole ondulee qui torture le vieux tacot chinois. Ca tremble de partout. Un calvaire pour le dos, un supplice pour la vessie. Nous pensons a nos amis cyclistes de l'Odyssee Orientale qui tentent de rallier Lhassa a Kathmandu. Les descentes doivent etre dantesques a velo!! Apres Nyalam, ou les policiers ne daignent pas montrer le bout du nez (plutot heureux, car nous n'avons toujours pas de permis!), la piste a flanc de montagne plonge dans un canyon incroyablement profond. Des eboulements obligent notre chauffeur a s'essayer au trial. Il se marre (nous moins), quand il place ses roues a 5 cm du precipice. Nous voila maintenant dans un passage delicat. La falaise a ete creusee pour laisser la route suivre son cours. Des poutres de beton ont plie sous la charge de la roche et un torrent degouline. Un melande de rocs et de boues forment la piste. Une grande respiration et on s'elance. Le 4x4 tangue, se tord, puis s'arrete. Merde on est bloque. La cascade d'eau s'explose sur le pare brise. Essuie glace. Le chauffeur entreprend une marche arriere, puis s'arrete, tourne les roues et se replace sous la flotte. Il s'embourbe volontairement ou quoi?? Non, il tente simplement de laver son carosse!! Nous repartons dans un eclat de rire. La piste restera desastreuse jusqu'a Zanghmu, la ville frontiere. Inch' Allah, demain, nous passerons au Nepal!!
Le passage de frontiere...un grand moment. Constraste saisissant entre la Chine et le Nepal! Nous tentons de sympathiser avec le garde frontiere chinois pour tenter de le dissuader de nous demander notre permis...ce qu'il ne fera pas! Yalla! (Faites passer le message: c'est possible d'aller au Tibet sans permis! Et que ca se sache!) Nous montons dans un minibus pour rejoindre le village frontiere nepalais, en passant le fameux "pont de l'amitie" au dessus d'une riviere extremement sale. Ca y est, nous entrons dans une culture plus indienne que chinoise! De nombreux camions "indiennement" decores avec de savantes citations ("no girlfriend, no tension") creent un vacarme assourdissant. Passer une frontiere par une route en terre de 3m de large, c'est chaud! Apres avoir trouve le service d'immigration dans ce joyeux bazar, on nous colle un autocollant deconcertant de ridicule (imprime avec la machine du coin, jaune fluo!) sur nos passeports: un visa! Nous trouvons rapidement le bus pour Kathmandu grace a la legendaire gentillesse des locaux, et partons pour une quatrieme et derniere journee en direction de KTM. Une route incroyable nous attend, nous ne pensions pas le Nepal si verdoyant! Sept heures de route plus tard, nous arrivons...et suivons un groupe de jeun's sympathiques pour trouver une guest house pas chere: 3 euros la chambre!
Nous sommes donc maintenant a Kathmandu pour quelques jours...et preparons un Noel digne de ce nom! Des nouvelles tres bientot!
TRES JOYEUX NOEL A VOUS TOUS
Vidian et Armelle
16 décembre 2007
Passage en fraude
Tashidelek! (Bonjour en tibetain...)
Nous voila au Tibet, ou nous retrouvons avec grand plaisir le the sale, similaire a celui de Mongolie, et decouvrons le sourire et la simplicite des tibetains, les lupkas (drapeaux a priere), chortens et maisons a chaux blanche. Afin de rassurer tout le monde (on tardait a vous faire part de ces informations...), nos extremites gelees vont bien! Nos ongles s'appretent a tomber (quatre en tout), au milieu d'une mue de peau interessante. Et pour ceux qui s'inquietaient du passage des trois scorpions au bout du tube digestif de Vidian, meme pas mal!
Revenons a nos moutons. Nous nous etions arrete a Pingyao, ce petit village fortifie. Vers minuit le 11 decembre, nous partons dans l'obscurite rallier la gare ferroviaire. Pas un chat. Seule une petite lumiere tangue dans la nuit, rythmee par des crissements stridents. Elle approche. Un chinois a barbichette, totalement saoul, semble apprendre le velo, les deux pieds places comme des petites roulettes. Comme un vieux loup de mer, il tire des bords dans la ruelle, virant a chaque apparition du trottoir. On se marre. Nous entrons dans le hall de gare. " Hop la, les sacs s'il vous plait" nous beugle le garde. Ah oui, se soustraire au passage de notre barda dans le detecteur de...je ne sais quoi! Le gars regarde la tele et je me hasarde a jetter un oeil sur l'ecran de controle, il ne fonctionne pas. Va savoir Charles! La gare est d'un glauque! Nous lisons tranquillement quand le train hurle son entree. 01h43. Nous embarquons et finissons par trouver nos couchettes dans la jungle de pieds faiblement eclairee par la diode bleue de mon briquet mongol.
Arrives a Xi'an le lendemain matin, nous tentons vainement de prendre un billet pour Lhassa. La preposee au comptoir nous demande notre permis pour le Tibet, que nous n'avons pas. On demande les numeros de train et on se barre. En chemin vers la guest house, nous elaborons notre strategie. Le permis est hors de prix (genre 140 euros pour trois jours et un guide espion au fesses). "Hello, 45 yuans le lit en dortoir - Pardon?? 20 yuans ok? - Non!" Prendre le bus est le meme casse tete de demande de permis, et l'eventualite de check points embarrassant. Meme probleme pour le stop et cela nous prendrait trop de temps. "Ok, ok, 20 yuans par personne!" Nous nous debarrassons de nos sacs et repartons vers la gare. L'avion, n'en parlons pas. Reste une solution, trouver un "autochtone" qui accepte d'acheter nos billets pour nous, puisque les chinois n'ont evidemment pas besoin de permis pour se rendre au Tibet.
Notre quete est methodique: une femme, jeune (genre etudiante), et pas trop pres de la gare pour eviter de se faire reperer (nous devenons paranoiaque!). Premier essai infructueux. "La! La fille a l'echarpe rose!" J'attaque tout sourire. Et apres maintes palabres dans un anglais on ne peut plus simplifie, elle accepte, en nous repetant que c'est un honneur de nous rendre service...et bein! Nous avons choisi de gagner le Tibet au plus vite, l'armee enterree de Xi'an nous attendra (et puis il s'agit peut etre d'une grande supercherie, alors!). La gentille chinoise repondant au nom de Guangruy revient avec les billets en main (et la monnaie!). Yalla, decollage demain matin a 8h45!!
Nous repartons donc avec notre chinoise nous ballader dans un parc et discuter. Super gentille, adorable et toute timide. Nous ecoutons deux chanteuses accompagnees de leur musicien a deux cordes (je voulais parler de l'instrument pardon!) et revenons a la guest house recuperer notre appareil photo. Guangruy part attraper son train et nous filons vers le quartier Hui, musulman. Nous deambulons dans les ruelles commercantes ou les cuistos grillent leur brochettes sur le trottoir. De petits oiseaux en cage chantent a tue-tete. Est-ce le seul moyen que les chinois ont trouve pour garder un peu d'animaux en ville, malgre la pollution? A moins que ce soit le garde-manger, qui sait?! Gloups. Nous tombons bientot sur la grande mosquee. De la grosse barbe de Vidian ou de notre couleur de peau, nous ne savons pas ce qui leur fait le plus d'effet. Les hommes nous devisagent en souriant. Appel a la priere. Lent et melodieux. Accoudes a la balustrade, nous ne voyons plus que des fesses se lever. Sympa. Nous repartons par les sentes eclairees lorsque tout-a-coup, Armelle tombe en arret, les oreilles en alerte, une patte pliee. Elle plisse le regard sans bouger. Vidian est pris au piege, oblige de venir secouer l'etalage pour voir ce qui s'y cache. A peine arrivee, Armelle degotte du bout des griffes deux charmantes peintures enfantines, et part dans un long marchandage. Prix de depart a l'unite: 65 yuans (env. 6,5 euros). Armelle en obtient 2 pour...40 yuans! Coriace. Nous nous ecroulons bientot de fatigue.
8h15. Nous penetrons un premier barrage de police. Controle des billets. OK. Ouf. Nous atteignons la salle d'attente speciale pour le train de Lhassa ("waiting room for Tibet", texto). Un garde en uniforme surveille. Surs de nous, nous presentons nos billets en faisant semblant de discuter...et sans meme un regard, il nous pousse a l'interieur! Re-ouf. Vidian poussera meme le vice a aller photographier le panneau de la salle d'attente devant lequel est poste le garde. 8h45. Nous embarquons a bord du train numero T27 a destination de Lhassa. Inauguree en juillet 2007, cette nouvelle ligne (la plus haute du monde) represente un defi technique incroyable: 4000m d'altitude en moyenne, 50% des voies plantees sur du permafrost, des cols a plus de 5000m. Mais il represente aussi le nouvel outil de colonisation de la Chine sur le Tibet. Nous avions conscience qu'en l'empruntant, nous cautionnons malheureusement cette politique. Mais nous avons prefere prendre ce train et ne pas donner au chinois les 140 euros de permis!
Le voyage est extraordaire, nous serpentons a travers des lacs geles, entre des pics de 6000m, des plaines arides. Nous observons des troupeaux de yacks impassibles, des chevaux, mais aussi des gazelles (eh oui avec des cornes et tout!), des rapaces. L'affichage digital annonce 4900m, nous roulons a l'aise sur le Mont Blanc! Et bientot le col fatidique, 5072m. Depuis ce matin, des tuyaux crachent de l'oxygene. Dans mes reves, je pensais que la "provodnista" (reminissence russe) passait l'aspirateur! Nous lisons et grignotons avant de debusquer une equipe tele francaise au bar. Marrant. Et voila Lhassa, le Potala eclaire de mille feux. Un dernier sursaut du coeur a la descente du train pour le dernier controle. Re-re-ouf! Un pauvre van coreen nous entraine dans la ville et nous pose a la guest house. Un dortoir sans chauffage, parfait pour se mettre dans l'ambiance! Nous exultons. Nous sommes a Lhassa!
Nos aventures himalayesques ne font que commencer. Nous resterons quelques temps ici pour nous emerveiller, gouter les celebres momos (genres de raviolis) et le the au beurre de yack, avant de rallier Kathmandu. Toujours sans permis, nous tenterons de gagner la capitale du Nepal en bus local puis en stop.
The show must go on!
Nous pensons toujours autant a vous...Bises!
Armelle et Vidian
NB: Toujours a la recherche de nouvelles rencontres, n'hesitez pas a nous communiquer des contacts sur Kathmandu ou New Delhi! L'album photo de la Chine est complet(ement) disponible.
12 décembre 2007
Chine, la suite...
Ni hao!
La connexion est tellement bonne ici...ca donne envie de laisser plein de messages!
Nous voici arrives a Pingyao, "petit" village au sud-est de Beijing. Une nuit de train, en derniere classe comme d'habitude, nous a permis d'etre en compagnie de charmants chinois a qui nous n'avons su dire que "fagoa" (=francais), meme s'il etaient peut-etre en train de nous demander notre age, ou nous faire comprendre qu on leur avait marche sur le pied...Mous sommes tellement frustres de ne pouvoir communiquer et echanger avec eux! Ca change apres la Mongolie, ou nous finissions finalement par nous debrouiller plutot bien! Nous gardons d'ailleurs certains reflexes mongols, c'est rigolo.
Tres bien indique dans le Lonely Planet, le village semble tres touristique. Nous ne pouvons que nous poser dans une des innombrables guest houses du coin. Elles sont toutes "the cheapest", "the nicest", "the best guest house in Pingyao". Par chance, c'est l'hiver, il fait froid et les touristes sont a la plage. Nous sommes heureux d'etre les seuls blancs du village. On nous donne une chambre ou le lit fait plus de 3m de large...du jamais vu (sourires complices)! Superbe cadre d'epoque.
Pingyao "old city" est cernee de murailles, et preservee de toute urbanisation recente et defiguratrice. Nous nous regalons a marcher dans les ruelles anciennes, trouver les raccourcis, faire les curieux. Nous goutons quelques specialites par-ci par-la, repondons aux "hello m'dame", rendons leurs sourires aux villageois sympathiques. Les prix exorbitants des musees du coin nous font rester dans la rue. Si nous voulons continuer a voyager jusqu'en mai, pas de folies possibles...
Nous louons quand meme des velos (moyen de transport tres en vogue dans le coin!), et pedalons vers un temple, a quelques kilometres d'ici. On nous le decrit comme "valant le coup d'oeil". Ca, c'est sur. Entre des constructions en beton les pieds dans la boue et des sechoir a mais, nous decouvrons avec surprise un temple...surement magnifique il y a quelques centaines d'annees, mais aujourd'hui dans un etat lamentable. Le racket que nous subissons a l'entree ne sert surement pas a l'entretenir ou le restaurer! Quelques petits temples qui le composent servent de stockage, des vielleries sont entreposees derriere les statues. Un faux moine surveille notre appareil photo (censure), mais laisse une bande de gamins cracher ou crier dans ces lieux autrefois sacres. Aucune ambiance de priere ni de recueillement ne flotte dans l'atmosphere. Trop "old fashion" pour le parti communiste, qui cherche a faire table rase du passe. Ce temple taoiste n'a malheureusement plus d'ame, c'est pathetique. Ah la la...nous avons une "sacree" pensee pour le Tibet, que nous allons bientot rejoindre. Pour nous consoler, nous repartons en quete d'un peu de nourriture: du poulet (c'est sur?) noye dans la sauce, du fenouil et quelques pousses de soja. Slurp.
Le moral est bon, nous avons repris notre rythme "de transit". Tres different de celui que nous avons vecu pendant notre marche en Mongolie, ou de ce qui nous attend au Ladakh! Plus confortable...nous rencontrons quelques voyageurs avec qui nous discutons de mille choses, pouvons nous poser devant un DVD...mais n'avons finalement pas beaucoup de contacts avec la population. Nous ne parlons ni le mandarin, ni le cantonnais, et vous avez deja vu un chinois parler anglais?! Nous sommes ravis de visiter de beaux sites, mais nous commencons a nous lasser des guest houses et de la frenesie chronique des touristes avides de musee...Nous avons hate de nous familiariser de nouveau avec un environnement et y sejourner pour un long moment. En un mot, nous sommes tres impatient d'etre au Ladakh!
Cependant, nous sommes contents d'etre en Chine, et ne pensions pas etre si enthousiastes! Les chinois sont vraiment gentils, et il y a des belles choses a voir. Petit detail rigolo (ou pas du tout): les Chinois sont les rois du copiage et du recopiage! La calligraphie, superbe ici, est-elle meme du recopiage. L'artisanat, lui aussi, est en fait issu de modeles: modeles de broderies, modeles de peintures. On comprend les contrefacons! (Le comble: nous avons surpris des contrefacons de Decathlon! Geologic, plus precisement). Cela fait reflechir: L'Occident sera probablement rapidement rattrape par ce pays emergent (ce qui ne laisse aucun doute quand on y est), mais double, peut-etre pas. Les chinois sauront-ils innover?
Nous prenons le train cette nuit pour X'ian, ou d'autres belles choses nous attendent. La-bas, nous allons prendre notre billet de train pour Lhassa, au Tibet. Apres nous etre renseignes aupres de differentes sources, et avoir pris la temperature, il nous semble que le permis, theoriquement obligatoire, n'est peut etre pas si indispensable. Nous allons donc tenter d'y aller sans, car 140 euros/personne pour 3 jours, et l'accompagnement obligatoire d'un guide-espion, nous n'en sommes pas capables! Par contre, il va falloir jouer fin pour obtenir les billets, les guichetieres refusant de nous delivrer des billets a pris chinois sans permis. On verra...vive la debrouille!
Voila pour les news!
On pense toujours autant a vous et sommes avides de vos commentaires. Merci de nous suivre ainsi!
Arm & Vid
UN IMMENSE MERCI !!!
Clins d'oeil et tres sinceres remerciements a vous, famille, amis, et meme inconnus (!) qui avez joue les peres Noel pour nous permettre d'acquerir un nouvel appareil photo a Beijing. Nous vous sommes infiniment reconnaissants et vous remercierons a notre maniere en continuant a prendre de chouettes photos!
Il nous attendait dans un marche plus ou moins noir, un peu a l'ecart du centre de Beijing...Il s'est laisse acquerir apres marchandage severe...Il s'appelle Nikon D80 avec un objectif 18-135 (le meme que le precedent)...et nous sommes maintenant inseparables!
07 décembre 2007
Beijing!
Bonjour à tous!
Après un depart un peu précipité pour la Chine...nous voici finalement arrivés sans encombres dans ce pays qui nous a époustouflés dès la premiere minute. Revenons à notre départ.
Nous avions choisi de voyager jusqu'a Beijing comme les Mongols, c'est-a-dire "pas cher", donc galère...Nous sautons dans le train Ulaanbaatar - Zaamin-uud (frontiere chinoise) juste avant le départ, et nous nous installons tranquillement dans notre compartiment, en compagnie de deux Mongols très sympa avec qui nous jouons aux cartes, particulièrement un jeu russe, par équipe, ou il est presque impossible de gagner sans tricher! Avec nos 50 mots de langue mongole, nous avons quand meme réussi a etre un minimum dans le coup! Le paysage est désertique...Le Gobi, c'est vraiment pas de la rigolade!
Ce train de nuit ultra-chauffé nous trimballe jusqu'à à la frontière, ou nous descendons au petit matin. De nombreux Mongols empruntent cet itinéraire pour "faire du business" de l'autre coté, la ou les produits sont peu chers... Nous suivons donc les centaines de "businessmens" (and womens!) pour réussir a nous faufiler dans le car numéro 4 à destination de la frontière. Aux deux passages de douanes (mongole et chinoise), jouer du coude est indispensable pour passer. On se plie avec délicatesse a ce sport, sans pour autant vraiment comprendre pourquoi: de toutes facons, le bus nous attend. Bref.
Puis, arrivés de l'autre coté, tout le monde descend. Déja, la ville-doublon dans laquelle nous atterrissons n'a rien a voir avec la Mongolie. Tout est nickel propre, bien en ordre, de grandes et larges rues ou circulent des taxis a la peinture impeccable, des vélos, et des écriteaux incompréhensibles... La vitrine de la Chine! Mais derrière ces beaux murs tout repeints, nous les apercevons bien, les baraques toutes branlantes...Nous arpentons les trottoirs a la recherche d'une banque, que nous finissons par dégotter. Première expérience: goûter l'art culinaire chinois. Nous choisissons un petit boui-boui: TROP BON le porc à la sauce aigre-douce! Heureusement que la nourriture mongole nous a conquise avant, elle aurait souffert de la comparaison avec la Chine, dans l'autre sens! Il faut préciser que depuis le retour de notre marche, nous avons un sacré problème avec la nourriture: nous avons du mal à nous arreter de grignotter, manger tout ce qui a l'air bon, trouver de bonnes excuses pour acheter du chocolat. On se soigne, mais cela prend du temps!
Un gros bus ronfle sur le parking. Quel luxe ce car de nuit pour la capitale! Point de sièges. Du jamais vu: des couchettes et des grandes baies vitrees! Etre allongés pour contempler le paysage, puis le coucher de soleil. Délice ou délire? Et les routes chinoises, c'est du gateau moelleux: pas de nids de poules, ca roule à plus de 30 km/h, sur de l'asphalte parfaitement lisse...la Chine nous apparait déja bien developpée!
Arrivée à Beijing à...2h30 du matin. Genial ! "C'était prévu dans le script Armelle?? - Euh...non! On fait quoi maintenant? On est où?" Pas de guide, de notion de distances, ni même d'ordre de grandeur de prix...Alors on sort "à l'arrache" notre joker: une petite carte de visite d'une guesthouse récuperée à UB, qui comprend un semblant de plan en chinois. Et forcément, on se fait arnaquer par le taxi pour s'y rendre... Mais, la tête dans le cirage, il fait bon ne penser à rien d'autre qu'à un bon lit. Nous réveillons le pauvre hotelier, qui nous ouvre une chambre froide. Sans penser, nous filons sous les couettes et sombrons d'un lourd sommeil.
Le lendemain et après moultes coups de fil, nous retrouvons Marc Lebeaupin, journaliste-correspondant permanent pour Radio France International à Beijing, dans le dédale des petites rues du "vieux" Beijing. C'est dans sa petite famille que nous avons le grand plaisir de pouvoir rester, le temps de notre escale. Son chauffeur est un as, et commence pour nous la découverte des rues pékinoises..ou plutôt des gigantesques avenues. Nous slalomons entre les buildings géants en construction, sur un tapis d'asphalte qui se faufile entre eux tel des "montagnes russes". Un looping ne nous surprendrait probablement pas. Le nez collé à la vitre... Le vieux quartier ou nous avions atterri est déja bien loin...Puis nous finissons par atteindre un quartier résidentiel très tranquille où Dominique (journaliste aussi) nous ouvre la porte d'une charmante maison. Nous y redécouvrons avec plaisir un univers francais, qui nous est bien familier. Petite anecdote: nous vivons dans une maison surveillée et sous écoute! Impressionnant, même si on l'oublie vite finalement. Mais le gouvernement contrôle tout.
Commence alors pour nous 5 jours de pérégrination urbaine. Nous commençons par déguster un merveilleux repas français avec deux "working boys" de Beijing. Nous discutons longuement des diverses expériences d'expatriation, de leur arrivée en Chine, de notre voyage en Mongolie. En contraste avec son poste à hautes reponsabilités, la simplicité, la gentillesse et l'humour de Jacques nous touche. L'expérience de jeune cadre dynamique à Pékin de Arnaud est palpitante. Merci!
Les jours suivants, nous survolons la place Tien an Men et la Cité Intérdite, surpeuplée (incroyable, plus de touristes chinois qu'étrangers!), pour se réfugier dans le calme végétale du parc de Hebai, dont les étangs et les vieilles pagodes nous envoutent. Nous flanons au grès de nos envies, de notre soif de découvrir un nouveau panorama. Nous nous perdons volontairement maintes et maintes fois dans les hutongs, ces petits quartiers commerçants aux habitations précaires. De minuscules venelles créent un véritable labyrinthe de maisons basses et de demeures à cours carrées. Une vieille charette croule sous les kilogrammes de briques, et le pauvre âne peine à tirer. Ce sont les briques récupérées par les habitants des hutongs que l'Etat chinois détruit pour construire de nouvelles tours de verre. Les JO accélèrent d'autant plus ce phénomène. Nous nous délectons ainsi avec encore plus d'attention du charme de ces sentes vouées à disparaitre. Dans la rue, de nombreux tricycle se transforment en taxi, en benne à ordure, en je ne sais quoi. A la force des mollets, ou aidé par un vieux moteur de solex ou mieux un moteur électrique, ils se faufilent à travers la dense circulation automobile. Chacun de nos détours par un quartier plus touristique est une épreuve de force. Les vendeurs ambulants traquant le pauvre touriste sont là, même où vous ne les attendez pas! L'art du marchandage et du sourire forcé prend alors tout son sens.
Lors d'une marche nocturne, nous tombons sur un marché original. Au milieu des traditionnels plats chinois se présentent de curieux mets: scorpions, serpents, larves, criquets et autres bestioles considérées comme totalement non comestibles selon notre culture occidentale. Apres avoir goûté un beignet à la banane, Vidian s'essaie aux scorpions frits. Ok, pour la photo, il finit par croquer, mâcher et avaler la bête. Tout fier, il en prend un deuxième puis un troisième et termine sa brochette exotique! Pas si mal. Il avoue tout de même avoir l'impression qu'un scorpion reste coincé dans sa gorge tout le reste de la soirée. M'enfin!
Alors que la ville est éclairée de mille feux la nuit, la lumière du soleil peine a pénétrer la couche de pollution pendant la journée. Nous avalons un paquet de cigarette par jour, selon les dires. Charmant! Enfin, nous partons aux aurores rejoindre la fameuse murailles de Chine. Nous parcourons ainsi une dizaine de kilomètres sur le mur, qui font le lien entre deux "spot" touristiques: Jinshantin et Simatai. Racket (officiel) organisé dès que c'est possible...Rrrrgh, que c'est énervant de devoir jouer les portefeuilles! Mais nous sommes seuls en ce début du mois de décembre, et nous arpentons avec liberté cette muraille unique. Impressionant de gigantisme, nous nous régalons!
Mais voici que c'est déjà l'heure de repartir...nous ne remercierons jamais assez Dominique et Marc, et la charmante Maude, de nous avoir si bien accueillis. Nous avons aussi pu, avec eux, découvrir un extraordinaire spectacle chinois d'acrobaties et contorsions. On ne se lasse pas de ce genre de performances surhumaines, et tellement gracieuses...Et ils nous ont refait découvrir généreusement notre chère cuisine française, qui reste, et restera, celle à laquelle nous sommes la plus attachés...on n'y peut rien! Merci Dominique, merci Marc.
Nous prenons le train de nuit demain pour Pingyao, un village qui semble unique en son genre ici: totalement préservé de tout urbanisation récente. Nous passerons ensuite probablement par X'ian et son armée enterrée, puis rejoindrons Lhassa...et serons à Katmandou pour Noël!
Voila pour les nouvelles...
Affectueusement,
Armelle et Vidian



























































